‹ Les vaches laitièresChapitre 6 sur 130 · Les côtes · texte numérisé non relu

Les côtes

entre la

La queue.

La hanche.

La fesse.

La cuisse.

La rotule.

Le jarret.

Le boulet.

Le paturon.

Le sabot.

La circulation offre cette particularité de la prédominance du système veineux sur le système artériel.

Le système lymphatique est très développé. Ses vaisseaux sont nombreux et charrient une grande quantité de lymphe.

L'innervation est, d'une manière générale, la même que chez tous les mammifères. Toutefois le bovin

1. Frontal et chevilles osseuses. — 2. Orbite. — 3. Susnaseaux. — 4 Petit susmaxillaire. — 5. Granil susmaxillaire. — G. Maxillaire inférieur. — 7. Arcade incisive. — 8. Vertèbres eervicoles. — 9. Vertèbres dorsales. — 10. Vertèbres lombaires. — H. Sacrnm. — 12. Vertèbres coccyginnes. — 13. Bassin on os eoxanx. — 1 4. Snapalnm ou Omoplate. — 15. [Iumerns. — 16. Radius et Cubitus. — 17. Carpe. — 18. Meta*

carpe. — 19. Phalange». — 20. Fémur. — 21. Rotule. — 22. Tibi 1. — 23. Tarse.

24. Métatarse. — 23. Phalanges. — 26. Côte». — 27. Sternum. — 28. Ilypochondres.

paraît avoir une sensibilité moins vive que celle qui se rencontre chez d'autres espèces : cheval, chien, etc. Les organes des sens n'offrent rien de remarquable,

si ce n'est que la sensibilité tactile paraît être, comme la sensibilité générale, peu accusée, en tout cas moins fine que chez d'autres animaux.

Mais comme la vache est, avant tout, une machine de production par transformation de matières alimentaires, nous devons faire une étude spéciale, sinon de tout l'appareil digestif, au moins de l'estomac qui a un rôle tout particulier chez le ruminant.

Après l'étude anatomique de l'organe, nous étudierons la physiologie de la rumination.

L'appareil stomacal, admirablement disposé pour remplir l'acte de la rumination, a un très grand développement. Il se divise en quatre poches bien séparées les unes des autres et qui sont, pour quelques auteurs, considérées comme autant d'estomacs.

C'est le Traité d'anatomic comparée des animaux domestiques de MM. Chauvcau et Arloing, que nous allons mettre à contribution pour la description de cet énorme appareil.

Estomacs. — L'estomac, ou mieux, les estomacs de la vache représentent une niasse considérable qui remplit la plus grande partie de la cavité abdominale, et dont la capacité moyenne est de 200 à 250 litres. L'un d'eux, le rumen, constitueles neuf dixièmes delà masse totale : c'est lui qui porte l'insertion de l'œsophage. Les trois autres, c'est-à-dire le réseau, le feuillet et la caillette, forment une courte chaîne continue avec la partie gauche et antérieure du rumen. La caillette seule doit être considérée comme un véritable estomac capable de digérer les aliments. Les trois autres compartiments ne seraient, en quelque sorte, que des

NOTIONS d'aNATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE DES BOVIDÉS 7

rendements de V œsophage, organe chargé de conduire les aliments de Y arrière-bouche dans l'estomac.

Rumen. — (F'g- 3.) Il est vulgairement appelé panse. Il occupe, à lui seul, les trois quarts de la cavité abdominale, dans laquelle il affecte une direction inclinée de haut en bas, et de tranche à droite.

Fig. 3. — Estomacs du liœuf, vus par leur faca droite et supérieure, la caillette étant abaissée.

Â, rumen (hémisphère gauche) : II, rumen (hémisphère droit); C, terminaison de l'œsophage ; D, réseau ; E, feuillet; F, caillette (Chauveau el Wloing).

Conformation extérieure. — Allonge'' d'avant en arrière et déprimé de dessus en dessous, il présente:

une face inférieure et une face supérieure divisées en deux régions par des scissures plus apparentes aux extrémités de l'organe ; un bord gauche et un bord droit, une extrémité postérieure divisée en deux lobes ; une extrémité antérieure également échancrée. Ces deux échancrures divisent le rumen en deux sacs, l'un droit, et l'autre gauche. Cette division est plus manifeste à l'intérieur.

Le bord gauche touche la partie la plus élevée du liane et la région sous-lombaire. C'est précisément la région du liane gauche qui est le lieu de prédilection de l'opération de la ponction du rumen.

Dans la femelle pleine, l'utérus se prolonge en avant sur la face supérieure de la panse.

Intérieur. — (Fig- 4.) On trouve à l'intérieur du rumen des cloisons incomplètes, qui répètent la division en deux sacs déjà si marqués à l'extérieur. Ces cloisons, au nombre de deux, représentent de gros piliers charnus qui répondent au fond des échancrures indiquées aux extrémités du viscère.

La surface intérieure est hérissée d'une multitude de prolongements papillaires, dépendances de la membrane muqueuse.

L'intérieur du rumen présente deux ouvertures situées à l'extrémité antérieure du sac gauche : l'une est l'orifice œsophagien, percé dans la paroi supérieure, dilaté en entonnoir, et prolongé sur la petite courbure du réseau par une courbure sur laquelle nous reviendrons plus loin ; l'autre, placée au-dessous, traverse le fond du cul-de-sac d'avant en arrière, et fait communiquer la panse avec le réseau.

Structure. — Comme tous les organes creux de

l'abdomen, le rumen est constitué par trois membranes: une séreuse, une charnue et une muqueuse.

La première est une dépendance du péritoine qui se replie pour former le grand èpiploon.

rio. 4. — Plan supérieur du rumen et du réseau avec la gouttière œsophagienne.

A, sac. gauche du rumen ; B, extrémité antérieure de ce sac renversé sur le, sac droit ; C, extrémité postérieure du niôme ou vessie conique gauche ; D, sac droit ; £*, son extrémité antérieure ; F, la postérieure, ou vessie conique droite; G, coupe du pilier antérieur du rumen: gg, ses deux branches supérieures; Jf, pilier postérieur du mémo: hlih, ses trois branches inférieures; /, cellules du réseau; /, gouttière œsophagienne ; K, œsophage ; L, caillette.

La membrane charnue ou musculeuse est très épaisse surtout dans les régions où elle constitue Us piliers du

rumen.

E. Thierry. Vaches laitières.

La muqueuse est d'une grande épaisseur ; c'est elle qui porte l'appareil papillaire susindiqué. Elle a un epithelium pavimenteux très fort et friable d'une réparation rapide et facile.

Réseau. — Il est aussi désigné sous le nom de Bonnet. Cet estomac, le plus petit de tous, est allongé d'un côté à l'autre, légèrement incurvé sur lui-même et placé transversalement à l'extrémité antérieure du sac gauche du rumen dont il ne paraît être qu'un prolongement.

11 a deux faces, deux courbures et deux extrémités.

La surface intérieure de cet organe est divisée par les lames de la membrane muqueuse en cellules polyédriques d'un joli aspect (fig. 4). Ces cellules, rappelant les cellules des abeilles, sont de dimensions variables et plus larges et plus profondes dans le fond de l'organe.

C'est dans le réseau que s'arrêtent, se piquent et s'implantent le plus ordinairement les corps étrangers avalés par les vaches. On en trouve toujours ; ce sont des pierres, des aiguilles, des épingles de toute sorte. Les plus dangereuses sont les aiguilles qui. sortant du réseau, vont, par un mécanisme particulier, se piquer dans le péricarde ou dans le cœur même, amenant ainsi la mort assez rapide. Nous reviendrons sur cet accident en traitant des maladies de la vache laitière.

Le réseau est en communication, par deux ouvertures particulières, avec le rumen et avec le feuillet. L'ouverture qui fait communiquer le réseau au feuillet est très petite et se trouve reliée à l'infundibulum œsophagien par une gouttière appelée œsophagienne dont il va être question plus loin.

La séreuse du réseau ne l'enveloppe pas tout entier.

En avant il y a interruption résultant de l'accolemcnt de l'organe au diaphragme. La musculeuse est assez mince. L'epithelium de la muqueuse très épais est corné à l'extrémité des papilles.

Gouttière œsophagienne. — Cette gouttière (fig. 4), ainsi appelée parce qu'elle semble continuer l'œsophage a l'intérieur même des estomacs, s'étend sur la petite courbure du réseau, depuis l'ouverture de l'œsophage dans le rumen jusqu'à l'entrée du feuillet. Elle a 15 à 20 centimètres de longueur. Les deux lèvres de la gouttière renflées à leur bord libre se rejoignent très facilement pour former un canal complètement fermé.

Feuillet. — Ce troisième estomac est vulgairement appelé mille-feuilles, livret, psautier. Il est plus grand que le réseau. 11 est situé au-dessus du cul-de-sae de ce dernier et à l'extrémité antérieure du cul-de-sac droit du rumen (fig. 3). Quand il est plein, le feuillet présente une forme ovoïdale légèrement incurvée en sens inverse du bonnet, et déprimé d'avant en arrière. Il a une face antérieure touchant le diaphragme ; une face postérieure appuyée sur la panse; une grande courbure en liant, une petite courbure en bas répondant au réseau, une extrémité gauche avec un col répondant à l'orifice de communication entre le réseau et le feuillet ; une extrémité droite.

A l'intérieur, le feuillet présente les deux orifices placés à ses extrémités. Le droit, qui s'ouvre dans la caillette, est plus large que le gauche communiquant avec le réseau. La cavité du feuillet est remplie par des lames inégalement développées, qui suivent la longueur du feuillet. Ces lames ont un bord adhérent attaché, soit dans la grande courbure, soit sur les faces

de l'organe, et au bord libre tourné vers la petite courbure.

Les faces des lames sont couvertes de mamelons très durs, gros comme des grains de millet. Entre les lames principales de grande dimension, il en existe d'autres de plus en plus étroites et assez régulièrement disposées. L'espace compris entre les lames est toujours rempli par des matières alimentaires très atténuées, ordinairement imprégnées d'une très petite quantité de liquide, souvent sèches et quelquefois durcies en plaques compactes.

Il y a, comme pour les autres divisions de l'ensemble stomacal, trois membranes superposées, composant le feuillet : une séreuse, une musculeuse et une muqueuse. On trouve des fibres musculaires dans la structure des lames. L'épithelium de la muqueuse est très épais.

Caillettr. — (Fig. 3.) La caillette, qu'on appelle aussi franche-mule, doit tenir son nom de la propriété que possède sa muqueuse, macérée dans l'eau légèrement salée, de faire cailler le lait. Elle a une capacité moindre que celle du rumen et plus grande que celles du réseau et du feuillet, à la suite duquel elle est placée audessus du sac droit de la panse. La grande courbure de la caillette est tournée en bas ; la petite courbure regarde en haut. La buse ou grosse extrémité est en contact avec le cul-de-sac du réseau; la pointe dirigée en haut et en arrière se continue avec la première portion de l'intestin grêle ou duodénum.

Intérieur. — La caillette est l'estomac proprement dit des ruminants. Sa muqueuse a tous les caractères de celle de l'estomac des animaux monogastriques et

du sac stomacal droit des solipèdes. Elle est fine, mince, molle, spongieuse, douce au toucher, rougeâtré ou plutôt rosdtre. L'épithélium de la muqueuse tics mince lui-même recouvre une grande quantité de glandules qui sécrètent le suc gastrique.

La caillette a deux ouvertures, Tune à la base qui aboutit dans le feuillet, l'autre plus étroite située à l'extrémité aiguë constitue le pylore circonscrit par un anneau musculeux qui ne permet pas normalement le retour des aliments de l'intestin dans l'estomac.

La membrane séreuse secontinue avec les épiploons. La musculcuse ou charnue est mince.

Rumination.

C'esl un des actes les plus

tants de la (onction diffestive des ruminants. Ouelle que puisse être la quantité' d'aliments contenus dans les estomacs d'un ruminant, l'animal mourra d'inanition si la fonction mérveique est arrêtée ou trop longtemps suspendue.

Chacun des quatres sacs constituant l'estomac des ruminants a un rôle particulier à remplir.

Le rumen reçoit les aliments qui y sont mis comme en réserve pendant le repas et d'où ils sont ramenés dans la bouche par l'acte de la rumination. Pendant leur séjour dans ce premier estomac, les matières alimentaires se ramollissent, subissent pendant un temps variable, mais toujours assez long, non seulement l'action des liquides, mais encore l'action de la salive. Celle-ci, en dehors de son eau de composition, renferme des principes, véritables ferments, qui transforment les hydrates de carbone (sucres, fécule, amidon, cellulose) en glvcose.

Le ramollissement des aliments clans la panse et l'action prolongée de la salive expliquent comment la vache peut être nourrie avec des substances grossières, peu nutritives en général. Toutefois ces influences n'agissent guère que sur la cellulose brute contenue dans le ligneux des substances fourragères sèches que n'utilisent que peu ou pas les animaux monogastriques.

Le réseau participe aux fonctions du rumen, dont il n'est qu'une sorte de diverticulum. Il emmagasine surtout les liquides ; les substances solides qu'on y rencontre sont toujours délayées dans une grande quantité d'eau.

La gouttière œsophagienne amène dans le feuillet et dans la caillette les substances dégluties pour la seconde fois, c'est-à-dire après la rumination, ou celles que l'animal ingère en très petite quantité pour la première fois.

Le feuillet achève la trituration des aliments qui ne sont pas encore assez divisés pour subir utilement l'action du suc gastrique.

La caillette est le véritable estomac qui sécrète le suc gastrique. C'est dans cette cavité que s'opèrent les phénomènes de digestion stomacale sur les matières albuminoïdes ou quaternaires.

Mécanisme de la rumination. — Pendant le repas la vache saisit, avec sa langue, une grande quantité d'aliments, autant presque que la cavité buccale peuten contenir. Elle les mastique grossièrement, les enroule, en réduit le volume en les humectant de façon qu'ils puissent glisser dans l'œsophage qui les conduit à la panse. Mais celle-ci n'est jamais en état de complète vacuité. Il faut toujours un certain niveau de matières alimentaires, véritable lest, pour que la rumination

puisse s'effectuer. M. G. Colin (d'Àlfort), qui jusqu'ici a le mieux, parmi les physiologistes modernes, étudié cette fonction, a rencontré jusqu'à 75 et 100 kilogrammes de matières clans le rumen d'animaux à jeun depuis 24 heures.

Quand la hète a achevé son repas, elle se couche et, au bout d'un instant de repos, la rumination commence. Si on observe attentivement le sujet, on voit un soubresaut partant du liane gauche et secouant toute la masse. Puis, immédiatement on entend un glouglou et une éructation résultant de l'expulsion de gaz par la bouche. Aussitôt, en regardant le bord inférieur de l'encolure, au niveau de la gouttière jugulaire gauche, on aperçoit une tumeur oblonguc remontant rapidement de l'entrée tic la poitrine à la tête. C'est le bol alimentaire do retour. C'est alors que la mastication mérveique commence.

Dans cette seconde mastication, les aliments sont complètement triturés et sont de nouveau déglutis. Ils venaient de la panse quand ils ont été amenés à la bouche, ils retournent, après cette nouvelle trituration, pour une part dans la caillette s'ils sont réduits en pulpe fine et très liquide, et pour une autre part dans le feuillet. Mais qu'ils aillent dans l'une ou l'autre de ces cavités, ils sont conduits par la gouttière œsophagienne.

La durée de la rumination est variable. Si l'animal est tranquille à l'étable, il ruminera pendant une demiheure, une heure et plus. Il s'interrompra pendant quelques instants et reprendra jusqu'il ce qu'il soit gagné par le sommeil.

Quand les animaux ne sont pas dérangés, la rumi-

nation est continue. Dans le cas contraire ils la suspendent et la reprennent ensuite. Il n'est pas rare de voir une vache, en train de ruminer, arrêter le mouvement de la mâchoire pour chasser une mouche et continuer ensuite la trituration du bol alimentaire.

Comme je l'ai dit plus haut, pour que la rumination s'accomplisse, il faut que la panse soit modérément remplie. Si elle est surchargée, distendue, ses parois plus ou moins paralysées ne peuvent plusse contracter et réagir sur la masse alimentaire. Il importe aussi que les aliments soient suffisamment détrempés.

Il est des causes qui peuvent suspendre la rumination ou même l'empêcher de s'établir. La suspension trop longue de la rumination est toujours un signe grave de maladie. Il faut il tout prix chercher à la rétablir. Parmi les causes de la suspension de la rumination, se placent en première ligne les maladies du début, même les maladies les plus légères. L'excès d'aliments, la présence d'une grande quantité de gaz dans l'estomac, l'ingestion de plantes vénéneuses ou narcotiques sont encore des causes d'irrumination. On peut y ajouter l'époque des chaleurs, l'inquiétude des mères séparées de leurs veaux, les souffrances de toutes sortes, les opérations chirurgicales, la non délivrance, etc.

Quelles que soient les causes qui amènent la suspension de la fonction, si cette suspension se prolonge, elle devient un obstacle à son rétablissement. Les aliments se dessèchent dans la panse; ceux du feuillet forment des tablettes très dures qu'il devient difficile de ramollir ; la musculeuse perd son ressort et la désobstruclion ne s'obtient, quand c'est possible, qu'avec beaucoup de peine (G. Colin).

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