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CHAPITRE XII

Tout animal de l'espèce bovine doit toujours, à la fin de sa carrière, être utilisé pour l'alimentation de

l'homme. Aussi nous pensons qu'il v n lieu de s'occuper ici de l'engraissement de la vache qui a été exploitée, pendant plus ou moins longtemps pour son lait.

A quel âge, en général, doit-on engraisser une vache pour la boucherie ?

On a l'habitude fâcheuse de conserver trop longtemps les vaches comme laitières, et de les préparer pour l'abattoir alors qu'elles ne sont plus susceptibles de s'engraisser convenablement et qu'elles ne peuvent plus donner qu'une chair de deuxième ou de troisième qualité.

On sait que c'est à partir de son troisième veau, ou vers l'âge de \ ans, qu'une vache possède au suprême degré les qualités laitières; et qu'après son sixième ou septième veau, c'est-à-dire au plus tard après l'âge de 7 à 8 ans, l'activité de la mamelle décroît. C'est donc vers cet âge que devra commencer la période d'engraissement. A cette époque de la vie, si la vache a toujours été bien soignée et rationnellement alimentée, il est encore facile de l'engraisser et d'en obtenir une viande, sinon excellente, du moins bonne et savoureuse et, par conséquent, de la vendre un prix te] que le propriétaire, non seulement lie perdra rien sur la valeur primitive, mais trouvera encore un bénéfice sur les Irais de l'engraissement. Nous considérons nue c'est toujours un mauvais calcul que de conserver des vieilles vaches qui, outre qu'elles donnent, avec nue nourriture déterminée, un moindre revenu annuel, perdent chaque jour de leur valeur, peuvent succomber à l'épuisement et ne peuvent plus être vendues qu'à un prix insuffisant.

Nous n'engageons pas les nourrisseurs à chercher l'extrême engraissement de leurs vaches laitières. Ce serait trop coûteux. Mais nous croyons qu'il y a toujours avantage h faire acquérir un certain embonpoint caractérisé par l'accumulation d'une quantité moyenne de graisse dans les régions de prédilection dites maniements (fig. 48).

Pour qu'une vache soit en état d'être livrée à la boucherie, il faut donc que les principaux maniements

Fie. 48.

Maniements.

I. Bord, abord, couard, cimier. — J. Lampe, hampe, gra9set. E.

Travers — G. Côte. — H. Avant-lait. — (Les autres maniements ne sont intéressants que pour les sujets poussés très loin en graisse.)

donnent des indications telles que l'acheteur ait la certitude que la viande sera suffisamment grasse pour être tendre et succulente. Une vache remplit ces conditions quand la main trouve de la graisse sous la peau souple du couard ou cimier, maniement de la hase de la queue ; quand le repli de la peau de la hampe ou

gfasset, à la légion où l'abdomen touche le membre postérieur, emplit la main qui le palpe ; quand V avantlait, situé en avant des mamelles, est bien développé; quand le travers de la région lombaire fait sentir une masse assez épaisse de chair musculaire ; quand enfin la côte, ;i la hauteur de la corde du liane ou un peu plus bas, indique une certaine couche de graisse de couverture. 11 est encore beaucoup de points de repaire qui ne sauraient rendre de services que quand il s'agil de manier un animal poussé' aux limites possibles de I engraissement ; ce qui ne saurait jamais se présenter pour une vache exploitée d'abord pour son lait.

D'une manière générale, l'engraissement d'une bonne laitière, constamment bien entretenue, n'est ni long ni coûteux et ne demande pas de soins bien particuliers. Il sullit de lui donner des aliments moins aqueux.

Ou bien la période d'engraissement commencera seulement quand la mamelle sera tarie ; ou bien on fera perdre le lait, ce qui n'est pas toujours très facile. Mais, à moins d'être pressé' par les circonstances, il ne nous parait pas utile de l'aire cesser la sécrétion lactée avant complet épuisement de la mamelle. Néanmoins si on est obliffé de le faire on y arrive peu à peu par des traites de plus en plus rares. Si on trayait deux Ibis par jour, on ne Irait plus qu'une seule Ibis. Au bout de quelques jours on essaye de ne traire que tous les deux jours, etc. Les traites éloignées font toujours perdre le lait.

On pourra toutefois, si la vache souffre du croaflement et de la plénitude des mamelles, la laisser il la demi-ration pendant quelques jours et lui donner,

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suivant sa taille, de 20 à 60 grammes de nitrate de potasse (salpêtre) par jour, dans ses boissons pendant cinq à huit jours.

Nous avons vu souvent, dans desétables bien tenues, des vaches prêtes a être livrées au boucher aussitôt la lactation arrêtée.

En résumé nous considérons qu'il v a tout avantagé pour un propriétaire à ne jamais conserver de vaches laitières passé l'âge de 7 à 8 ans. Si, arrivée à cet;We, une vache se trouve pleine, nous pensons qu'il y a avantage à la vendre comme telle. Mais cette considération particulière n'a aucune importance dans la généralité des cas.

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