II. — Indications données par les dents
Eugène Renault, le premier en France, a observé la variabilité des renseignements fournis par les dents chez les animaux de l'espèce bovine soumis à des
E. Tiiuhiw. Vaches laitières. 2
soins particuliers et rendus précoces. La précocité en effet, en hâtant la maturité, en favorisant le développement des os et la soudure de leurs extrémités, a activé l'évolution des dents de seconde dentition. 11 y a en ce moment, comme le disent avec juste raison MM. Cornevin et Lesbre, deux sortes de populations bovines; l'une est restée ce qu'elle a toujours été, appartenant à de petits cultivateurs ignorant des procédés d'amélioration du bétail ; l'autre modifiée profondément par une alimentation intensive et la suppression de tout travail, ou ayant reçu, par croisement, du sang de races améliorées depuis près d'un siècle.
Il y a donc lieu d'étudier l'évolution des dents chez les animaux communs et chez ceux qui ont été améliorés. Mais qu'il s'agisse des uns ou des autres, que l'évolution soit lente ou rapide, les bases de l'étude de l'âge restent les mêmes. Nous posons donc les principes suivants :
1° Apparition des incisives de première dentition;
2° Usure de ces premières dents ;
3° Chute des premières incisives et éruption des dents de seconde dentition ou de remplacement ;
4" Usure et nivellement de ces dernières ;
5° Formes successives de la table et de son étoile dentaire ;
C° Raccourcissement et écartement progressifs des incisives.
Avant de faire l'application de ces bases de la connaissance de l'âge, il est peut-être utile de signaler les observations judicieuses faites par MM. Cornevin et Lesbre afin d'éviter, comme ils le disent, des surprises aux débutants.
Les deux incisives d'une même paire ne tombent pas toujours simultanément. « Il est commun d'en voir tomber une et sa remplaçante arriver à peu près au niveau avant que sa congénère ne tombe à son tour. Inversement nous avons vu quelquefois quatre incisives tomber à la fois. » (Cornevin et Lesbre.)
Les dents de seconde dentition sont, comme nous l'avons indiqué précédemment, beaucoup plus larges que les dents de lait. Il en résulte que, quand les pinces, les premières et les secondes mitoyennes sont poussées, elles cachentà l'œil inattentif le coin de lait non encore tombé. Il y a là une cause possible d'erreur.
Il ne faut pas confondre non plus l'écartemcnt des dents de lait avec l'écartement des remplaçantes chez l'adulte. L'écartement des premières tient plutôt à l'accroissement de la mâchoire en tous sens qu'à leur usure réelle.
Dans tous les cas, il y a encore de notables différences dans les caractères susindiqués entre les divers individus de l'espèce. Mais il suffit d'une certaine expérience judicieuse et attentive pour être mis en garde contre les chances de confusion.