SCÈNE XIII
BÊATRIX, HERCULE.
HERCULE
Alt I comtesse, si ce que vousavezà me dire pouvaitenfin
LES VAINQUEURS DE LODI
répondre aux vœux ardents... que vous avez dédaignés jusqu’à cette heure...
BÊ ATR I X , très-sérieusement.
Faites d’abord le vœu d’être un homme sincère et loyal... Ce vœu-là, je ne le dédaignerai pas, croyez-le bien...
HERCULE
Que voulez-vous dire?
Je vois à votre trouble que vous le pressentez déjà... Qu’avez-vous machiné avec le marquis?
HERCULE
Comtesse, la loyauté que vous venez d’invoquer permetelle de disposer du secret d’un autre?
BEATRIX
Donc, il y a un secret.
HERCULE
Quand je dis secret...
BEATRIX, avec impatience.
Projet, intention... voyons, ne chicanons pas sur les mots : enfin, vous vous êtes occupé de nos hôtes, des deux Fran çais qui sont ici ?
HERCULE, froidement.
Peut-être.
(Il remonte.— Mouvement d’impatience de Beatrix./ BKA I KIX, à part, passant à droite. '
Il faut pourtant qu’il parle. Haut, avec une amertume feinte.) Je suis assurément très-tlaltée de la confiance que me témoigne un homme qui prétend m’aimer...
(Elle s'assied.)
HERCULE
Qui prétend !... qui vous aime, Béatrix!
BEATRIX
Bien vrai? Voyez un peu comme il a chaud! V a-t-il du bon sens à se mettre ainsi tout en nage.
(Elle lui essuie le front avec son mouchoir.)
HERCULE, ravi.
Béatrix !
BÉATRIX
Etait-ce donc si pressé qn’il fallût se hâter de la sorte, s’exténuer, courir à franc étrier!... et où cela, je vous le demande?
HERCULE, s’oubliant.
A Mil...
(Il s'arrête.)
BÉATRIX, sans avoir l'air d’y prendre garde.
A Milan... comme si l’on n’y pouvait pas envoyer quelqu’un de nos gens...
HERCULE
Ah ! non.
• Hercule, Béatrix.