LA RIME ET LA RAISON
Quand, au lieu de planer, sereine, au firmament. Dans un fiacre banal tu roules cahottée Le front chargé d'ennuis et l'aile garottée, 0 muse, je comprends ton désenchantement.
N'est-il pas regret! able aussi que, par moment, Entre le sens des mots et leur son ballottée, Il te faille subir une rime effrontée Qui, bravant la raison, détonne étrangement ?
Si la raison prévaut, la rime reste en panne.
— A ce mot la voilà qui répond : frangipane —
Vainement tu gémis de tant de déraison,
Et, lorsque rappelant tout ce qui concilie. De vivre en bon accord, Muse, tu les supplie, Tu ne fais qu'irriter la rime et la raison.