‹ Les VallonnaisesChapitre 3 sur 31 · A UNE FEMME HEUREUSE · texte numérisé non relu

A UNE FEMME HEUREUSE

Madame, vous m'offrez le plus beau des portraits, Car votre âme se peint et brille dans vos traits. Sous le poids du bonheur quand votre cœur soupire, On ne sait quoi de l'ange en vos regards transpire, Et ce rayon céleste autour de vous répand Un charme grave et doux dont nul ne se défend. Le destin de fils d'or a tissu votre vie. Madame, vous avez tous les biens qu'on envie : La beauté, la richesse, et, don plus précieux, La vertu d'une sainte ; on vous connaît aux cieux. L'époux de votre choix, né de la même race. Esprit rare et grand cœur, qui laisse sur sa trace Un parfum de bonté, de noblesse et d'honneur. Est fier d'être, après Dieu, votre maître et seigneur.

Vos deux âmes ne font qu'une seule et même âme, Attentive au dûvoir et que l'amour enflamme. Pour complément de gloire et de félicité Vous savourez les fruits de la maternité. Des enfants radieux, anges aux blondes têtes, Enchantent vos loisirs, embellissent vos fêtes ; Il n'est pas de joyau, soit or, soit diamant, Qui vous fasse, Madame, un plus riche ornement. Quand votre front si pur, que la pitié couronne, Au seuil de l'indigent de tendresse rayonne, Vous forcez la louange et le respect de tous, Et les moins empressés s'inclinent devant vous. Le monde vous bénit en vous voyant, Madame, Par des œuvres d'amour glorifier la femme. Bienheureuse aujourd'hui, bienheureuse demain, Que Dieu dans nos sentiers vous guide par la main. Qu'à chacun de vos pas sa grâce se révèle, Jusqu'à ce que la mort vous touche de son aile, Et qu'au cri de votre ange, irrésistible appel. Vous preniez votre vol pour remonter au ciel !

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