LE COUP DE CANON
Tableau Je Wil'.em Van de Velie le Jeune. — (Ryksmuseum d'Amsterdam.)
HOLLANDE. — PEINTRES
dizaine à l'Exposition do Manchester. La Marine de lord Overstone, et celle qui orne un des grands salons du rez-de-chaussée chez Sir Richard Wallace, nous paraissent devoir être signalées parmi les plus importantes et les plus remarquables. Les dimensions de cette dernière sont assez considérables pour que le peintre ait pu y figurer, avec la plus minutieuse exactitude, les moindres détails de la construction et du gréement des nombreux bâtiments qui s'y trouvent réunis.
Malgré les faveurs et les éloges dont il était comblé, Willem avait conservé sa modestie et son désir de bien faire. A un certain Hugues Howard, un des principaux amateurs de ce temps, qui l'ayant trouvé en train de finir un grand tableau, s'extasiait sur les mérites de cet ouvrage, l'artiste répondait, en se défendant de ces louanges exagérées : « Ah ! Monsieur, s'il m'était donné de vivre encore cent ans, peut-être viendrais-je à bout de quelque chose dont je puisse être content et qui fût digne de ces éloges ! » '. Mais s'il était ainsi choyé et s'il faisait des gains considérables, Van de Velde était, en revanche, quelquefois exposé à d'étranges procédés de la part de ses protecteurs eux-mêmes. Walpole rapporte un trait assez significatif à cet égard. Avec l'assentiment de Charles II, les commissaires de l'Amirauté avaient projeté de couper en deux une des compositions de l'artiste représentant la rencontre des Hottes anglaise et française, cet expédient leur semblant commode pour obtenir ainsi deux tableaux au lieu d'un seul. Le peintre, en présence de qui était faite cette singulière proposition, remporta chez lui son œuvre qu'il garda jusqu'après la mort du roi et qu'il vendit ensuite i3oguinées2.
Bien que fixé en Angleterre, Willem revint plusieurs fois dans sa patrie. Il y fit même, en 1686, un assez long séjour pendant lequel il peignit, pour la corporation des bateliers, une Vue d'Amsterdam prise de l'Y, exposée aujourd'hui au Ryksmuseum. Dans cette toile, la plus grande que nous connaissions de lui (3m,i 1 sur im,7<>) Van de Velde a représenté le panorama de la ville avec son port, ses chantiers, ses principaux édifices. Au centre, est placé le vaisseau marchand le Holland, à son retour d'un des premiers voyages aux Indes orientales, accueilli par les saluts des navires à l'ancre, avec le yacht de la ville, pavoisé et richement paré, qui vient à sa rencontre. Comme s'il voulait célébrer à sa manière la prospérité delà cité et le développement du commerce qui en