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EFFET D'HIVER

Tableau d'Esaïis Yun Je Velde. — [Musée de Casscl ]

couvert, les silhouettes des personnages habillés de vêtements sombres s; découpent avec vigueur. Les groupes sont bien disposés et les atti-

i. Telle est aussi, d'ailleurs, l'opinion de M. Bredius. D'autres connaisseurs l'attribuent à Buvtewech sous le nom duquel il a e'te' acheté' en 1884; les œuvres de cet artiste étant devenues à peu près introuvables, les points de comparaison qui permettraient de trancher la question font de'faut. Mais ce que dit Houbraken de sa manière et des sujets qu'il a traite's habituellement ne nous paraît pas s'accorder avec la facture ni avec la composition de cet ouvrage.

HOLLANDE. PEINTRES

iS LES ARTISTES CÉLÈBRES

tudes très naturelles. Au premier plan, au milieu de dames à la taille élancée, un jeune galant agenouillé rattache les patins de sa belle qui, avec un geste gracieux, se détourne à demi et montre coquettement au spectateur son aimable et souriant visage. Figures et paysage sont ici d'égale valeur et témoignent de la souplesse du talent d'Esaïas qui, à l'exemple de la plupart des artistes de son temps, pouvait aborder tous les sujets avec une pareille aisance.

Quelques-uns de ses confrères moins habiles commençaient cependant déjà à se cantonner dans des genres spéciaux et ils étaient heureux de recourir au pinceau d'Esaïas pour étoffer leurs œuvres. Celui-ci, précédant en cette voie son célèbre neveu Adrien, leur a plus d'une fois prêté son concours. Un Intérieur hollandais, acquis en 1876 pour le Ryksmuseum, nous offre un exemple de cette collaboration. Cette peinture froide et un peu sèche, dont M. Secrétan possédait une répétition légèrement modifiée, est l'œuvre d'un peintre d'architecture peu connu, Barthélemi Van Bassen, qui, après avoir en même temps qu'Esaïas habité Harlem et figuré comme lui, en 1 6 1 3 , sur les listes de la Gilde de Saint- Luc, devait également plus tard se fixer à La Haye. Dans ce logis peu confortable, au pavé de dalles, au plafond à compartiments, Van de Velde a disposé en deux groupes ses figures, les unes près des fenêtres, les autres assises autour d'une table. Au premier plan, quatre personnages font de la musique : deux dames qui chantent, accompagnées par un joueur de mandoline, tandis qu'un vieillard bat la mesure. Les hommes portent des pourpoints courts et collants, et les femmes, avec leurs fraises raides et montantes, semblent emprisonnées, comme par des gaines, dans leurs corsages à vertugadin. Copiste respectueux de la réalité, le peintre nous fournit une image si fidèle des costumes et des habitudes de son temps que l'on pourrait, à travers ses œuvres, suivre les fluctuations parallèles des modes et des mœurs hollandaises.

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