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PORTRAIT DE LAMIRAL TROMP

Réduction de la gravure de Cornelis Van Dalen, d'après une peinture de Simon de Vlieger. Toute la partie inférieure est gravée d'après Willem Van de Velde le Vieux.

HOLLANDE. — PEINTRES

5o LES ARTISTES CELEBRES

de leur cité, que, pour la première fois, les maîtres vénitiens, Titien et Tintoret surtout, ont introduit la mer dans les fonds de leurs tableaux ou accompagné leurs portraits des doges ou des grands personnages de la représentation de quelque victoire navale remportée par eux et qu'on aperçoit confusément dans le lointain. Les riches colorations de l'Adriatique s'harmonisent heureusement dans leurs œuvres avec l'éclat des carnations et des costumes ; mais ce n'est là, à tout prendre, qu'un décor agréable, une parure pittoresque, empruntée à cette mer calme des lagunes dont les flots caressants expirent au pied des grands palais.

Bien différente est la mer des rivages hollandais, avec ses menaces incessantes contre des plages basses et mal protégées. C'est un ennemi qu'il faut contenir et vaincre tous les jours, mais qui, dompté p3r l'industrieuse ténacité d'un peuple courageux, est devenu pour lui, au moment de la lutte contre l'étranger, la sauvegarde de son indépendance et, après la paix, la cause de sa prospérité. En s'attachant exclusivement à la peinture de la mer, les peintres hollandais ne faisaient donc que se conformer au goût de leurs compatriotes et le genre spécial qu'ils créaient ainsi constituait, par excellence, un genre vraiment national. Retracées par eux, les actions d'éclat des intrépides marins de cette époque rappelaient à tous la gloire dont ils s'étaient couverts en combattant pour le salut commun.

Les municipalités et les corporations se plaisaient à orner de ces patriotiques images leurs salles de réunion, ou bien à en faire présent aux princes dont elles voulaient soit conquérir les bonnes grâces, soit reconnaître les services. C'est ainsi que Henri de Vroom avait été chargé par la ville de Harlem de représenter la bataille navale livrée sous ses murs, le 25 mai i5j3. Le même artiste peignait en 1610 une Bataille de Trafalgar (1607), destinée à être oflerte au prince de Galles, et, en i635, il avait à décorer de scènes nautiques la salle du Conseil de l'Amirauté. En 1622, Cornelis van Wieringen recevait 2,400 florins pour un autre épisode de la bataille de Trafalgar dont ce même Conseil faisait hommage au prince Maurice, lors de la reconstruction de son palais du Vyversberg,le Mauritshuis. D'autres peintres comme Abraham Verweer, Paulus van Hilligaert, et un artiste d'Anvers, Adam Willaerts, qui jeune encore s'était fixé à Utrecht, recevaient aussi d'importantes commandes de ce genre.

Mais à ce moment la lutte contre les Espagnols touchait à son terme.

LÉS VAN DE VELDE 5i

Après s'être affranchis de la domination étrangère, les Hollandais avaient à assurer la se'curité de leur commerce. Les Anglais, naguère leurs alliés, voyaient maintenant d'un œil jaloux les progrès de ces rivaux qui allaient bientôt leur disputer l'empire de la mer. Séparés par une faible distance, également hardis et opiniâtres, les deux peuples devaient pendant long-

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