‹ Les van EyckChapitre 6 sur 9 · HUBERT VAN EYCK? — ADAM ET EVE · texte numérisé non relu

HUBERT VAN EYCK? — ADAM ET EVE

(Musée royal de Belgique, Bruxelles.)

secrètes, « loingtains voyages que Monseigneur lui a ordonné faire en certains lieux, dont il ne veut aultre déclaracion estre faite ». Deux de ces missions eurent lieu dès l'année 1426. Philippe, veuf en secondes noces de Bonne d'Artois, songeait à se remarier; n'est-on pas autorisé à croire que les voyages ordonnés à son peintre avaient pour but de retracer l'image des princesses qui pouvaient prétendre à l'honneur de partager son trône ? L'artiste fit aussi « un pèlerinage en des lieux dont son maître ne veut pas que mention soit faite » (1).

Nous ne connaissons aucune effigie de Philippe le Bon, pouvant être attribuée à son peintre (2). Au Musée de Berlin, un portrait de Bonne d'Artois semble avoir eu pour point de départ une œuvre de van Eyck. Là se bornent les témoignages picturaux du rôle intime tenu par l'artiste auprès du prince qu'il servait.

Au mois d'octobre 1428, une ambassade mettait à la voile pour le Portugal. Elle avait pour objet de solliciter la main de l'infante Isabelle, fille du roi Jean Pr, pour le duc de Bourgogne. Conduite par Jean, seigneur de Roubaix et de Herzelles, chambellan, elle se composait en

(1) On doit àM. Maurice Houtart d'avoir appris que Jean van Eyck, en 1427, célébrait la Saint-Luc, avec ses confrères tournaisiens. Le magistrat lui offrit à cette occasion quatre pots de vin. A ce moment van Eyck résidait à Lille, où une maison avait été louée pour lui. Jacques Daret, peintre tournaisien du xve siècle (Tournai, 1907).

(2) Le portrait du musée de Gotha, parfois réputé son œuvre, est la copie d'un original, supposé de van d Weyden, appartenant au roi d'Espagne.

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outre de Baudouin deLannoy, seigneur de Môlembaix, gouverneur de Lille, — dont le portrait par van Eyck est au Musée de Berlin — d'André de Toulongeon, seigneur de Mornaix, d'Albert, bâtard de Jean de Bavière (le fait est à signaler au passage), de conseillers, de maîtres d'hôtel î d'écuyers et de poursuivants d'armes. Jean van Eyck en faisait partie. Il était chargé de reproduire les traits de la future duchesse. Une somme de cent soixante florins lui était allouée, dans les termes les plus flatteurs. L'octroi rappelle les « services qu'il a faiz, et faict journellement », parle de ceux « que encore fera au temps à venir ». On ne saurait rien souhaiter qui pût mieux établir que, de son temps même, Jean van Eyck était un peintre très particulièrement apprécié.

Le voyage ne prit fin qu'à la Noél de 1429. Ses étapes offrent un vif intérêt pour l'histoire de notre artiste; certaines œuvres semblent en conserver le souvenir et laissent deviner son séjour en des lieux non spécifiés jusqu'ici.

Du 20 octobre au 13 novembre, on relâchait à Sandwich et à Plymouth; du 25 novembre au 2 décembre à Falmouth ; du 11 au 14, à Bayona, en Galice. Le 16 décembre, arrivée à Cascaës, à l'embouchure du Tage ; le 18, débarquement à Lisbonne. Le voyage fut alors poursuivi par terre, et le 12 janvier 1429 l'ambassade était à Aviz où. le lendemain, elle était reçue par le roi et sa famille. Van

(1) Voir page 87.

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