NS ET DES PIEDS
ou trois, ou deux ou même un seul qui sera le pouce. Les doigts manquent à partir du bord cubital, le cinquième d’abord, puis le qùatrième, le médius et l’index. Comme pour le type précédent, il peut y avoir un pouce dans chaque demi-main, ou un pouce commun, ou encore absence de pouce.
Dans la figure 17, nous donnons la série des différentes formes de mains doubles qui, toutes, ont été observées.
Le distingué anatomiste de Porto a signalé aussi un pied octodactyle, avec cihq orteils développés en ordre régulier dans une demi-palette, et trois -dans l’autre (fig. 19).
Nous donnons le dessin d’un pied à sept orteils,
Fig. 20. — Pied à 7 orteils (type 7) (Obs. de Dubreuil-Chambardel).
De chaque côté d’un hallux atrophié et privé de ses muscles propres, on compte d’une part, quatre orteils réguliers et d’autre part, un second et un troisième orteils. Chaque demi-pied avait un long fléchisseur commun et un pédieux, ainsi que des nerfs et des. artères détachés symétriquement des troncs d’origine (fig. 20 et 21).
L’incisure qui divise-la palette peut être plus ou moins profonde. Lorsqu’elle n’atteint que la zone digitale, on aura la double main avec un seul carpe ; si elle atteint la région du carpe, il y aura deux mains ayant chacune un carpe distinct. Mais cette incisure peut être plus profonde encore et intéresser le seg-
Fig. 21. — Système nerveux du pied précédent.
ment antibrachial : on aura alors deux avant-bras attachés à un humérus unique. Enfin l’incisure peut porter sur toute la hauteur de la palette et on aura deux bras ayant chacun un squelette complet. Ces graves variations ont été vues chez un enfant de 14 ans, au membre pelvien, par I. Geoffroy-Saint- Hilaire. Elles sont moins exceptionnelles chez les mammifères, mouton, chèvre, veau et constituent la malomélie.
II e Classe d’hyperdaclylie. — La polydactylie la plus fréquente est celle qui se produit au moment de la deuxième phase du développement de la palette, lorsque se différencient les rayons digitaux.
Il nous semble, jusqu’à plus ample informé, que cette polydactylie n’est pas due à la formation de rayons digitaux nouveaux, mais à la division de rayons normaux. En d’autres termes, lorsqu’on parle de mains à six, sept, huit doigts, il s’agit simplement du doublement d’un ou de deux ou de trois des rayons fondamentaux.
Pour bien comprendre le mode de formation de ces variations, on n’a qu’à suivre tous les degrés de la polydactylie la plus fréquente, celle du pouce (fig. 22).
Le degré le plus simple consiste en une simple échancrure de l’extrémité de la phalange unguéale. Au degré suivant, cette phalange est doublée sur toute sa hauteur, mais les deux parties s’articulent à l’extrémité d’une même phalange dont l’extrémité est élargie.
Au troisième degré, cette phalange, dans sa portion distale, sera bifurquée en Y et ses deux branches seront soit sensiblement parallèles, soit, au contraire, divergentes très fortement, formant avec les phalangettes qu’elles supportent, une pince.
Au quatrième degré, la phalange est doublée sur toute sa hauteur, en deux éléments indépendants qui s’articulent sur le métacarpien.
Au cinquième degré, le métacarpien est bifurqué en Y à sa portion distale.
Au sixième degré, le métacarpien est double entièrement et chaque partie s’articule de façon indépendante sur le carpe, qui peut rester normal, ou au contraire, posséder un osselet supplémentaire.
Dans cette succession de degrés, nous suivons
Fig. 22. — Les divers degrés de la division du pouce (hyperdactylie radicale) :
1, 2 et S. Division de la phalangette I ;
4, 5 et 6. Division de la phalange I ;
7 et 8. Division du métacarpien I.
ainsi tous les stades du doublement du premier rayon digital ; il n’y a donc pas en réalité deux pouces,
Fig. 23 . — Hyperdactylie héréditaire chez la mère (en bas) et chez le fils (en haut) (Obs. de Dubreuil-Chambardel).
il y a un pouce double, quel que soit le degré de la variation.
Nous pourrions suivre les mêmes stades du dou-
blement du cinquième doigt, qui est une variation aussi commune que celle du pouce.
Et par une même démonstration nous suivrions le doublement, infiniment plus rare, des second troisième et quatrième rayons digitaux.
Nous reproduisons quelques exemples de polydactylie.
Fig. 24. — Hyperdactylie du 5 e orteil (Obs. de Dubreuil-Chambardel).
I. — Un cas du cinquième degré existant au pouce chez la mère et chez son fils (fig. 23).
II. -— Un cas du .sixième degré de polydactylie du 5 e orteil, chez un homme de 25 ans (fig. 24).