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CHAPITRE PREMIER

LES VARIATIONS GÉNÉRALES DU CORPS

LES VARIATIONS DE LA TAILLE

On a remarqué de tous temps les variations que peut présenter la taille chez l’homme. Ces constatations se sont synthétisées, chez les anciens, dans les légendes mythiques des Titans et des Pygmées. .

Aussi bien !’amplitude de ces variations est considérable puisqu’on a observé des individus dont la taille ne dépassait pas 54 centimètres à l’état adulte, et d’autres qui atteignaient jusqu’à 2 mètres 84. Ces différences si notables, qui font que certains sujets peuvent avoir plus de cinq fois la hauteur de certains autres, reconnaissent des causes multiples et il faut distinguer plusieurs catégories de géants et de nains.

Dans une première catégorie doivent être étudiées les variations de la taille au point de vue des différentes races humaines. Ce sont les variations ethniques.

Dans une seconde catégorie, on pourra étudier les variations de la taille au point de vue des individus pris en eux-mêmes. Ces variations sont sous la dépendance de facteurs pathologiques ou de facteurs physiologiques en rapport principalement avec les sécrétions des glandes endocrines.

Les variations ethniques.

Lorsqu’on étudie les divers groupes humains qui peuplent la terre, on constate qu’il y a entre eux des différences de stature très considérables, les uns étant composés d’individus de petite taille ne dépassant pas de beaucoup un mètre, les autres au contraire comprenant des sujets de taille élevée atteignant deux mètres.

En prenant dans chaque groupe de longues séries d’individus, exempts de toute tare pathologique, on est arrivé à établir la moyenne de la taille. C’est là un caractère ethnique de grande valeur. Nous donnons ici un tableau des tailles moyennes d’un certain nombre de races humaines.

Moyenne de taille de quelques races humaines ( d’après Weisbach et de Quatrefages).

Boschimans .... 1.35 Péruviens.1.59

Mincopies.1.43 Malais..1.60

Guanches.1.44 Australiens .... 1.61

Semangs.1.44 Tahitiens.1.62

Aëtas.1.48 Fuejiens. ..... 1:62

Papouas.1.48 Ando-Péruviens . . 1.63

Lapons.1.56 Chinois-.1.63

Aymaras . . . , . 1.57 Magyars.1.65

Kamschadales . . . 1.57 Français . . . . . 1.66

Cochinchinois ... 1.58 Hottentots.1.66

Timoriens ..... 1.58 Slaves d’Autriche. . 1.67

Jettes d’un géant (1 m. 92), d’un homme moyen (1 rachitique (1 m. 12) (Ecole de Médecine de Toi

Javanais . . . .

Patagons .

Allemands. . . .

Hawaïens . ....

Fidjiens.

Polynésiens ....

Belges.

Cafres.

Anglais . . .

Hollandais.

Somalis.

Caraïbes..

Néo-Zélandais . .

Insulaires de Schiffer.

Ces chiffres ne s’appliquent qu’aux individus masculins. Dans toutes les races, la femme est plus petite que l’homme d’une dizaine de centimètres, spuf dans les races jaunes où cette différence est. un peu moins marquée.

Le tableau ci-dessus ne donne que les chiffres moyens de chaque groupe de population. Mais dans chaque groupe il y a des individus ayant une taille, inférieure ou supérieure à cette moyenne.

C’est ainsi que les Boschimans peuvent varier de taille entre : 1 mètre et 1 m. 44 ; les Esquimaux entre 1 mètre et 1 m. 61 ; les Lapons entre 1 m. 38 et 1 m. 61 ; les Patagons entre 1 m. 64 et 1 m. 92 ; les Tahitiens entre 1 m. 70 et 1 m. 80. Les amplitudes de cès variations staturales sont donc assez larges dans chaque race.

On a beaucoup discuté pour savoir quelle était la cause, déterminante de ces grandes différences. Les uns y ont vu une question de climat, les autres une question de terrain, d’autres une question d’altitude, d’autres encore une question de nourriture.

Mais il faut remarquer tout de suite que dans des zones limitées de. territoire, ayant un climat, une altitude, un sol, des ressources alimentaires semblables, vivent côte à côte, depuis des siècles, des races différentes qui ont conservé intacts leurs caractères staturaux. Ainsi les Wallons et les Flamands dans la Belgique.

De petits groupes ethniques vivant depuis très

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longtemps au milieu d’autres populations conservent leurs types somatiques et leur taille. En Touraine, les conscrits du Verron, c’est-à-dire des communes d’Avoine, de Savigny et de Beaumont, ont une moyenne de taille qui dépasse de trois centimètres la taille des conscrits des autres communes du canton de Chinon. Nous pourrions multiplier les exemples.

En Europe, les populations des régions septentrionales, Ecossais, Norvégiens, Suédois, sont de grande taille et les Ligures qui vivent sous un ciel plus doux sont petits. Tandis qu’en Afrique les Noirs les plus grands vivent sous. l’Equateur, alors qu’en Indochine, sous les mêmes latitudës, habitent des peuples de taille minime.

Il serait imprudent de fixer des lois expliquant • ces différences.

Mais on constate ordinairement que dans une même race les montagnards sont plus petits que les habitants des plaines, que les populations d’un terrain schisteux sont moins grandes que celles d’un terrain crayeux ou d’un terrain d’alluvion. Il en serait des hommes comme des plantes et des animaux qui sont d’autant plus vivaces, d’autant plus grands que le terrain est plus fertile en éléments organiques et en éléments minéraux.

Brachyskèles et Macroskèles.

Manouvrier a montré que dans une même race les proportions du corps chez des sujets de même âge et de même taille peuvent varier dans d’importantes mesures. Certains sujets auront des membres inférieurs longs, d’autres des membres inférieurs courts. Ce sont les longilignes et les brevilignes, ce qu’avec le professeur à l’Ecole d’Anthropologie nous nommerons des Brachyskèles et des Macroskèles.

Le Brachyskèle a des membres inférieurs courts,

trapus et musclés, un tronc long et large, un cou long avec des épaules tombantes, une grande envergure supérieure à la taille, déterminée par la largeur du tronc, une tête forte et haute.

Le Macroskèle a des membres inférieurs longs, à muscles tendineux peu charnus, un tronc court et étroit, un icou court avec des épaules horizontales, une envergure égale à la taille, une tête petite et de faible hauteur.

Si on représente par B la hauteur du buste, c’està-dire toute la partie du corps qui domine le plan du siège le sujet étant assis, et par S la différence entre B et la taille totale du sujet, par conséquent une longueur réduite du membre inférieur, on constate que le rapport entre ces deux dimensions est de 96 chez le Brachyskèle et de 90 chez le Macroskèle.

Les mesures suivantes ont été prises sur deux sujets de même âge, d’une taille de 1 m. 70 et l’un et l’autre de vieilles familles tourangelles. Elles montrent bien les différences essentielles qui séparent le brachyskèle et le macroskèle.

Brachyskèle Macroskèle

Taillé.

Envergure.

Hauteur de l’acromion.

— des seins.

— de l’ombilic.

— du bord supérieur de l’os coxal .

Longueur membre inférieur ......

— cuisse.

Longueur rachis (occipitô-coccygienne).

— cou (occipito-l re v. thora-

ci que).

Tête :

Diamètre longitudinal ........

— bi-pariétal.

— bi-zygoma tique.

— bi-goniaque . ..

— mento-bregmatique.

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