LES VARIATIONS DU RYTHME DE CROISSANCE
Différents états endocriniens peuvent déterminer des variations dans le rythme de la croissance sans que celle-ci, en fin de compte, atteigne une dimension* très éloignée de la moyenne.
Dans la macrogénitosomie précoce, décrite par Pellizzi, il s’agit de troubles épiphysaires. Précocement, vers 8 ou 10 ans par exemple, apparaissent les premiers signes de puberté et la formation des caractères sexuels secondaires : croissance rapide des poils génitaux, développement des organes sexuels, puis accroissement de la taille. Deux ans après le début des phénomènes, le sujet a atteint sa taille définitive qui est au-dessus ou au-dessous de la moyenne, conservant les proportions générales du corps. Mais à ces symptômes s’ajoutent ceux d’une tumeur cérébrale
(hypertension, intra-crânienne, céphalée, troubles de la vue) en rapport avec l’épiphyse, et ces sujets sont souvent enlevés par une mort prématurée.
Dans la gérodermie génito-dystrophique de Rummo et Ferranini, il existe une hyperplasie génitale qui entraîne l’absence des caractères sexuels secondaires. Mais l’affection est congénitale et dès la première enfance,on note un allongement exagéré des membres. Ce travail d’hypertrophie s’arrête vers 17 ou 18 ans. Le sujet a donc une croissance précoce, mais la taille en définitive dépasse rarement la normale. Il reste une disproportion marquée entre les membres et le tronc. Ce qui frappe aussi, c’est l’aspect sénile du masque, avec peau sèche et glabre, rides profondes du front, le tout coexistant avec un ensemble juvénile.
Hutinel a décrit, sous le nom de dystrophie des adolescents, un syndrome clinique qui se montre généralement pendant la période pubertaire. Il s’agit d’enfants ou d’adolescents qui à ce moment subissent un allongement exagéré et rapide de la taille. Les membres inférieurs sont très longs. Mais l’accroissement en volume n’est pas proportionné à la taille, le poids est insuffisant, le thorax reste étroit, et on note des troubles divers du cœur, qui est gros et tachycardique, et des vaisseaux périphériques avec cyanose.
Les organes génitaux externes sont développés et les fonctions génitales possibles. Le psychisme est normal, mais on note souvent une lenteur où une rapide fatigue intellectuelle.
Le jeune D., de Tours, avait à 14 ans 1 m. 41 et à 18 ans 1 m. 86, ayant grandi de 45 centimètres pendant sa période pubère.
LES VARIATIONS GÉNÉRALES DU CORPS
La jeune L., de Tours également, avait à 12 ans 1 m. 25 et à 16 ans 1 m. 74, ayant grandi de 49 centimètres.
Nobécourt attribue ce gigantisme passager des adolescents à un trouble hypophysaire.
Les croissances retardées. — Voici un cas héréditaire de retard de croissance qui est intéressant parce que nous n’avons pu reconnaître aucun trouble endocrinien.
Marcel D., de Leméré, à 19 ans, a une taille de 143 centimètres, avec une envergure de 158 centimètres et un poids de 36 kilogrammes ; c’est un makroskèle dont le corps présente toutes ses proportions normales. Ses testicules et son pénis ont commencé à grossir depuis quelques mois. Poils pubiens rares, poils axillaires absents ; c’est la formule P 1 A 0 . Il n’y a pas encore de sécrétion spermatique.
Le sujet a toute l’apparence d’un enfant de 13 ans, dont il a d’ailleurs les mesures somatiques. Il paraît être au début de sa formation pubère.
Son père, qui présente avec lui une grande ressemblance physique, ne s’est pas inquiété de cet état parce que, dit-il, il a présenté lui-même les mêmes phénomènes d’une puberté retardée. La croissance, l’apparition des poils génitaux, la mue de la voix n’auraient commencé chez lui qu’à 20 ans.
Nous pourrions donner ici quelques autres observations en tout semblables à celle-ci.
A quoi attribuer ce retard de croissance qui fait qu’un sujet conserve un type infantile jusqu’après 20 ans, pour prendre alors tardivement, mais complètement, ses caractères virils ? La nature héréditaire de cette variation physiologique est à retenir.