‹ Les variations du corps humain. Illustré de 104 figures dans le texteChapitre 8 sur 36 · I. — Les formes du crâne · texte numérisé non relu

I. — Les formes du crâne

a) Les variations ethniques.

Le crâne présente dans sa forme de multiples variations et ces dispositions se montrent constamment suivant les races, si bien que ce sont là des caractères anthropologiques de tout premier ordre. De là, la très grande importance que les anthropologistes ont apportée à l’étude des mesures du crâne. Les Broca, les Quatrefages, lés Hamy, les Manouvrier ont fondé cette science, toute française dans ses méthodes, la craniologie.

De toutes les mesures proposées, il en est beaucoup qui n’ont qu’une faible valeur anthropologique ; en pratique, la connaissance utile des mesures se réduit

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à celles de la longueur, de la largeur et de la hauteur du crâne.

- Longueur du crâne. — C’est le diamètre antéropostérieur maximum, calculé depuis la glabelle jusqu’au point le plus saillant de l’écaille de l’occipital.

Largeur du crâne. — C’est le diamètre transversal maximum joignant les points les plus extrêmes des faces latérales du crâne.

Hauteur du crâne. —- C’est le diamètre vertical allant du basion au bregma.

Ces trois dimensions connues nous permettent d’établir les deux indices céphaliques les plus utiles, l’indice vertical et l’indice horizontal.

L’indice vertical du crâne s’obtient par le rapport centésimal du diamètre vertical au diamètre antéro¬

postérieur maximum.

T ,. , Dia. vertical X 100

Indice vertical = —-——-——:- ; -

Dia. antero-posteneur maximum.

L’indice moyen est de 75 à 70 c. : c’est le crâne orlhocéphale. Si l’indice est supérieur à 75 c., on a les crânes hauts hypsicéphales. Si l’indice est inférieur à 70 c., on a les crânes plats platycéphales.

L’indice céphalique horizontal est le rapport centésimal du diamètre transverse maximum au dia¬

mètre antéro-postérieur maximum.

T .. . , , Dia.trans.max. X 100

Indice cephahque horizontal = —- : ---

Dia. ant.-post. max.

Les résultats fournis par ce calcul permettent de classer les crânes en trois grands types.

Le crânes allongés ou Dolicocéphales, dont l’indice céphalique est inférieur à 79,9 c.

Les crânes moyens ou Mésaticéphales, dont l’indice céphalique varie de 80 à 81,9 c.

Les crânes courts ou Brachycéphales, dont l’indice céphalique est supérieur à 82 c.

Certains auteurs ont voulu établir des sous-types dans chacun de ces trois groupes ; c’est une complication peu utile en pratique. *

L’anthropologie fait un grand usage de' cet indice céphalique horizontal, car, variant suivant les races, il constitue un excellent caractère ethnique, d’une recherche facile. Retzius s’en est servi le premier pour établir la distinction entre les races dolicocéphales, Ou à tête longue, et les races i)rachycéphales, ou à tête courte.

Il est à remarquer que les rapports généraux de longueur et de largeur dans le crâné humain existent dès la naissance et ne varient que dans une très faible mesure au cours de la croissance.

b) Les variations pathologiques.

A côté de ces variations du crâne ayant un caractère ethnique, il en est d’autres toutes différentes ayant pour origine un trouble de croissance ou un .phénomène pathologique. Ce sont, à proprement parler, des déformations crâniennes. Elles sont très diverses, mais peuvent cependant se ramener à un petit nombre de types.

La microcéphalie est la réduction du crâne dans tous ses diamètres due, en général, à une synostose totale et précoce des sutures osseuses.

La macrocéphalie est, au contraire, le développement exagéré du crâne dans tous ses diamètres, due principalement à l’augmentation du liquide céphalorachidien ou hydrocéphalie. Il y a retard ou défaut définitif dans l’évolution synostosique des sutures osseuses.

On sait, et Le Double l’a démontré péremptoirement, que la forme du crâne est déterminée par la pression excentrique du cerveau au cours de son développement. Les variations volumétriques du

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crâne, surtout quand elles prennent l’importance -excessive de la microcéphalie et de la macrocéphalie, sont donc le résultat de l’insuffisance ou de l’excès de volume de la masse cérébrale:

Le D r Leroy, de Liège, vient d’étudier les rapports de la réflectivité avec'ces deux vices de conformation de la boîte crânienne. Nous lui empruntons les quelques réflexions suivantes, dont les conclusions pourraient être utilement vérifiées pour les autres vices morphologiques céphaliques. - v

La macrocéphalie et la microcéphalie s’accompagnent-elles d’un type déterminé de troubles de là réflectivité ? Il semble bien à priori que non, puisque les malformations crâniennes n’ont, en général, la valeur que d’un symptôme et qu’elles ne sont pas l’indice certain d’une-lésion des centres nerveux. La courte statistique qui suit confirme cet a priorisme.

Sur 19ymacrocéphales, 4 sont épileptiques, 3 hémiplégiques et 2 paraplégiques. Aux membres supérieurs, les réflexes tendineux exagérés surtout du côté atteint quand il y a hémiplégie, sont le plus souvent normaux et parfois vifs dans les autres cas. Aux membres inférieurs, ils sont rarement normaux, le plus souvent vifs, parfois exagérés même chez des malades indemnes de toute lésion pyramidale patente.

En dehors des cas d’épilepsie, d’hémi ou de paraplégie, il existe un signe de Babinski bilatéral chez 4 malades. Chez une hydrocéphale de 15 ans, on ne trouve plus ce réflexe qui fut autrefois chez elle bi- pui s unilatéral. La disparition progressive de ce réflexe a déjà été signalée par Dastros chez les hydrocéphales. En dehors des cas d’hémi- et de paraplégie, le réflexe cutané plantaire est le plus souvent vif. Les réflexes cornéoconjonctival et pharyngostaphylin sont généralement normaux, rarement diminués.

Le^réflexe oculocardiaque est normal chez 11 ma-, lades, exagéré chez 2, nul ou inverti chez 6 ; chez 14 patients, il existe des troubles vasomoteurs des extrémités.

Sur 20 microcéphales, 4 sont épileptiques et 2 hémiplégiques. Les réflexes tendineux sont rarement normaux, souvent vifs, parfois exagérés. Les abdominaux sont le plus souvent normaux, parfois diminués ou exagérés ; ils sont notamment vifs et égaux dans 2 cas d’hémiplégie ancienne avec exagération des réflexes tendineux. Les réflexes cornéo-conjonctivâl et pharyngien sont le plus souvent normaux. On trouve un signe de Babinski bilatéral chez 5 malades, unilatéral chez 7 dont un est épileptique et un hémiplégique.

Le réflexe d’Aschner est normal dans 50 % des cas ; exagéré dans 25 % et inverti dans 25 %.

En dehors des cas de syphilis, on ne constate pas de troubles des réflexes pupillaires.

Comme on le voit, les malformations crâniennes même très accusées ne déterminent pas un état ' caractéristique des réflexes.

On sait d’autre part qu’elles ne s’accompagnent pas d’un état mental bien défini et toujours identique.

Les troubles synostosiques. — La synostose précoce de certaines sutures des os du crâne entraîne l’arrêt de développement dans le sens perpendiculaire à la suture synostosée et un excès de développement compensateur dans la direction de cette suture.

Parmi les déformations dues à ces.réunions prématurées, nous citerons la scaphocéphalie, Vacrocéphalie, la trigonocéphalie, la bathrocéphalie.

La scaphocéphalie donne au crâne la forme d’une carène de vaisseau. Il y a un allongement longitudinal et un aplatissement transversal. Elle, est due à la synostose prématurée de la suture sagittale.

L’ acrocéphalie ou oxycéphalie donne au crâne l’aspect en tour. Sa hauteur est très augmentée, sa largeur est accrue et par contre son diamètre antéropostérieur est très diminué. Elle est due à la synostose précoce de la suture coronale.

La trigonocéphalie est due à la synostose précoce de la suture métopique. Vu d’en haut, le crâne a l’aspect d’un triangle. La région frontale est en forme de coin. A la suture métopique correspond une crête plus ou moins marquée ; les bosses pariétales sont très augmentées.

La bathrocéphalie est due à un trouble synostosique de la suture lambdoïde qui est' occupée par une quantité considérable d’os wormiens. L’écaille occipitale saille d’une façon frappante de sorte que entre les pariétaux et l’occipital il se forme un « degré » ou ressaut. Meckel, Virchow et surtout Hochsinger ont bien étudié cette déformation.

La plagiocéphalie est une autre déformation crânienne dont l’origine ne se trouve pas dans une synostose suturale. Elle est caractérisée par la prédominance de l’un des côtés du front et par la proéminence de l’occipital du côté opposé. Le crâne paraît oblique, d’où le nom de cette variation, et son diamètre antéro-postérieur maximum ne correspond pas à la ligne médiane. Cette malformation serait la conséquence d’un trouble de compression intrautérin, car nous l’avons observée, en effet, chez un jeune enfant qui était né à la suite d’une opération césarienne. On ne saurait donc invoquer un traumatisme d’accouchement ou une cause agissant après la naissance.

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