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MARCHE, PRONOSTIC

« La marche des varices est excessivement variable suivant les individus et dépend beaucoup des soins hygiéniques et chirurgicaux, et aussi, bien entendu, de la situation sociale dans laquelle ils se trouvent. La rapidité de leur développement et surtout leur extension ne sont soumises à aucune règle. » Ces quelques lignes forment à peu près le résumé de ce que l'on peut dire sur la marche des varices.

Convenablement soignées dès le début, les varices restent stationnaires ; c'est ce qui arrive d'ordinaire chez les personnes intelligentes et qui peuvent, par le

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fait de leur condition, éviter les efforts et la fatigue, causes communes de l'accroissement de l'affection. Ainsi, chez certaines personnes, l'état auquel Malgaigne a donné le nom heureux d'état varicoïde (dilatation sans grande altération des parois) peut durer des mois et permettre ensuite, une fois la cause enlevée, le retour à l'état normal. « Chez d'autres, au contraire, la dilatation tant soit peu permanente est accompagnée presque aussitôt de troubles nutritifs et de lésions des tuniques veineuses, qui constituent les varices proprement dites. La dilatation suivie de phlébite chronique ou l'accompagnant peut débuter presque soudainement, d'une façon aiguë, et Second (Dict. Jaccoud, t. XXXVIII, p. 257), après Gaujot, a montré des cas de varicocèle aigu évoluant très rapidement chez les jeunes soldats et se manifestant par des phénomènes inflammatoires très notables. »

La vieillesse, a-t-on dit, amènerait parfois la cure de l'affection variqueuse ; mais ce point est douteux et M. Quénu croit, avec Briquet, qu'elle n'agit qu'en obligeant les malades au repos, et qu'il -vaut mieux dire, dans ce cas, diminution que guérison.

Cependant, la guérison spontanée paraît possible dans quelques cas; elle résulte alors de la coagulation du sang, de l'organisation du caillot et de l'oblitération de la varice sur une étendue plus ou moins grande.

Il se passe ici ce qui a lieu dans les artères oblitérées; les parois reviennent sur elles-mêmes et, le caillot se résorbant, elles finissent par adhérer. Cette guérison, malheureusement, n'est pas complète le plus souvent, ni radicale, car les anastomoses qui n'étaient pas variqueuses le deviennent, et voilà la maladie reproduite.

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Dans tous les cas, on peut affirmer que, quel que soit le degré auquel l'affection est arrivée, il n'est pas rare de la voir rester stationnaire avec l'âge.

Dans un cas auquel on n'a pas trouvé d'analogue, Lindner a remarqué une observation de dilatation aiguë des veines sus-diaphragmatiques, et surtout des jugulaires, qui semble due à une altération des parois veineuses, avec modification rapide de leur résistance : c'est un vrai cas de varices aiguës.

Voici cette observation, rapportée par M. Schwartz: Un homme de 42 ans, d'un tempérament apoplectique, après avoir présenté pendant quelques jours des poussées congestives vers la tête et un aspect violacé comme cyanotique, présente des varices, ou plutôt des dilatations veineuses très marquées de toutes les veines patorales et jugulaires, et en particulier des tumeurs veineuses des jugulaires, fluctuantes, réductibles, développées en quelques jours ; après un traitement par les injections d'ergotine sous la peau, au niveau des dilatations les plus remarquables, le volume des renflements diminue peu à peu. Lindner se demande s'il a eu à faire à une altération d'origine nerveuse et par lésion du grand sympathique- M. Schwartz s'associe complètement à ses doutes à cet égard. Il n'y avait, d'ailleurs, aucune lésion cardiaque qui eût pu amener de semblables modifications de la circulation veineuse. Il est regrettable seulement que le malade n'ait pas été revu; il eût été intéressant de savoir si les ectasies avaient complètement disparu au bout d'un certain temps.

Souvent les nécessités de la vie, la négligence des malades, aggravent l'affection; la douleur augmente, .œdème devient persistant, le membre se déforme, la

peau est sèche, luisante, les moindres plaies s'éternisent, et il en résulte une infirmité réelle, qui diminue sensiblement la capacité de travail. C'est surtout audessus des points où cesse la chaussure que le gonflement s'observe, surtout le soir dans les premières périodes. En tout cas, et ceci est très remarquable, jamais ces lésions ne dépassent le genou, quel que soit le développement des varices de la cuisse (Compendium de chirurgie, t. II).

Quelquefois, les varices ont une relation intime avec la menstruation. Bordeu, cité par M. Schwartz, donne l'observation d'une demoiselle qui eut les menstrues supprimées et remplacées par un écoulement sanguin abondant, fourni par un ulcère variqueux du pied; des varices qui survinrent à la jambe grossissaient étonnamment à chacune de ces hémorragies périodiques. Girod cite un autre cas où des varices suppléaient les règles et augmentaient à chaque époque menstruelle; des essais de compression amenaient presque aussitôt des accès de suffocation ; lorsque les règles firent leur apparition, tous les accidents cessèrent et l'on put alors avec fruit employer les bandages compressifs.

Pour résumer ce que nous venons de développer dans ce chapitre, nous pouvons dire que, le plus souvent, « la phlébectasie arrive sourdement, insidieusement; on observe d'abord des varicosités, des taches pigmentaires, puis de la dilatation des veines superficielles ; enfin, se montrent les tumeurs et les renflements variqueux. Lorsque les varices ont atteint un certain degré, elles peuvent rester stationnaires, surtout si un traitement rationnel intervient. Chez certaines personnes, tout se borne à l'existence de varicosités avec symptômes de varices profondes; chez d'autres, la sa-

phône interne est dilatée; chez d'autres, ses branches et celles de la saphône externe sont variqueuses; dans quelques cas, enfin, tout le système veineux du membre inférieur est devenu malade; les varices sont si nombreuses et si volumineuses que celui-ci est quelquefois doublé de volume et absolument difforme. »

Bien entendu, nous n'avons parlé ici que de la marche et du pronostic des varices qui ne présentent pas de complications ; mais celles-ci sont malheureusement très fréquentes; nous devons y insister longuement et nous verrons qu'elles modifient profondément, comme on doit s'y attendre, la marche et le pronostic.

Nous n'avons non plus rien dit ici des varices chez les femmes enceintes, leur étude devant donner lieu à un chapitre spécial.

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