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TRAITEMENT

Les varices, ainsi que nous venons de le voir par tout ce qui précède, — et bien entendu nous ne faisons guère ici que l'étude des varices des membres inférieurs, — étant une affection à marche essentiellement progressive, il y a urgence et nécessité à les traiter.

Il y a cependant dans la science quelques cas de varices dont le traitement a amené des accidents graves, et nous devons les citer pour être complet.

Chaussier, dit M. Schwartz, raconte le fait d'une dame affectée d'asthme} à laquelle il était survenu des varices et de l'enflure aux jambes. Chaque fois qu'avec son bandage elle voulait comprimer ses jambes qui la gênaient pour paraître à la cour, elle était prise d'étouffements et d'accidents graves qui ne cessaient qu'après l'ablation de la compression. « Il est presque certain pour nous, ajoute-t-il, que cette dame était cardiaque, qu'elle avait un œdème probablement cardiaque et des dilatations veineuses sous la dépendance des troubles de la circulation centrale ; elle linit d'ailleurs par périr d'hydrothorax, parce qu'elle recommençait sans cesse la même pratique. Briquet tient de Chaussier l'histoire d'une cuisinière qui reconnaissait le début d'une grossesse par le développement de varices ; elle n'avait, pour provoquer l'avortement, qu'à comprimer ses jambes dans deâ

bandages ; elle racontait avoir souvent déjà usé de ce moyen.

« P. Dubois, d'après Budin, insistait dans ses cliniques sur les accidents qui peuvent être la conséquence de la compression des membres inférieurs chez les femmes atteintes de varices, et Depaul luimôme dit avoir vu de petites hémorragies utérines et des hémorragies pulmonaires se déclarer par l'usage des bas élastiques et disparaître en cessant de les porter. »

Girod cite un cas de rétention d'urine chez un homme de vingt-sept ans, auquel on appliqua un bandage compressif sur les varices ; la rétention cessa dès que celui-ci fut enlevé (1814). La rétention dans ce cas paraît, à M. Schwartz, due à la réplétion des plexus veineux vésicaux et péri-prostatiques, sous l'influence du dégorgement du système veineux du membre inférieur.

Un autre fait de Girod est également fort intéressant : chez une jeune fille, des varices étaient apparues et grossissaient beaucoup à chaque époque menstruelle présumée, car le sang n'avait pas encore paru ; des essais de compression amenaient régulièrement chez elle des accès de suffocation, qui cessaient i dès que le bandage était enlevé. Tous ces accidents i disparurent après l'apparition des règles, et les varices 'Cédèrent alors à la compression méthodique.

1° Il y a, dit Follin, des varices spontanées qu'il faut savoir respecter, et de ce nombre sont assurément celles qui sont le siège d'hémorragies périodiques et remplacent les règles supprimées; il y en a ■d'autres qui sont symptomatiques d'une grossesse, (d'une tumeur, d'un anévrysme variqueux, et qu'on ne

peut guérir qu'en s'adressant à la cause qui les a produites; mais, en dehors de ces deux conditions, les varices exigent un traitement.

2° Il semble donc que, dans quelques cas, il puisse y avoir contre-indication à traiter les varices; mais les observations que nous venons de citer sont absolument exceptionnelles; nous les avons relatées presque à titre de curiosité, et elles n'entament en rien le principe général, qui est d'instituer un traitement contre les varices.

3» On a préconisé à une certaine époque un traitement général par les saignées, les purgatifs; mais il ne serait indiqué qu'au cas où des varices douloureuses, pénibles à supporter, seraient symptomatiques de quelque état pléthorique, consécutif lui-même à un obstacle à la circulation. Ce sont des moyens locaux qu'il faut opposer aux varices, et ce traitement intervient soit pour pallier, soit pour guérir radicalement les varices. On agit tantôt directement sur la veine, tantôt indirectement, quand on fait porter les moyen, locaux au-dessous du vaisseau variqueux. Quoi qu'il en soit du traitement qu'on met en usage, il est certaines précautions à prendre dans tous les cas pour en assurer le succès : c'est d'enlever toute constnction, soit de l'abdomen, soit des membres inférieurs, de faire cesser la station verticale prolongée et toutes les causes d'irritation cutanée par des topiques résolutifs

ou émollients.

Il faut recourir au traitement, dit M. Quénu, des que, grâce aux signes que nous devons à Verneuil, on est en droit d'affirmer le développement de var.ces profondes. Quelque pathogénie qu'on adopte et quelque large que soit la part faite aux influences consti-

tutionnelles, il n'en est pas moins accepté de tous que les causes locales de gêne circulatoire aggravent singulièrement l'état phlébectasique. L'indication principale se réduit donc, en somme, à favoriser le plus possible le cours du sang veineux, soit en écartant les obstacles mécaniques, soit en suppléant à l'insuffisance du tonus veineux par l'application d'un soutien extérieur adapté à la surface du membre.

« Suivre une hygiène spéciale, porter un bandage convenable, tels sont les deux préceptes qui résument la thérapeutique des varices des membres. De la sorte, on peut espérer, sinon guérir les varices, du moins réduire leurs inconvénients au minimum. »

Par opposition à ce traitement palliatif, on a coutume de décrire un traitement qui a la prétention d'être curatif; il consiste à provoquer, par un moyen ou par un autre, l'oblitération des veines ou plutôt d'un groupe de veines variqueuses. En effet, on n'agit guère opérai oirement que sur les veines superficielles ; nous savons qu'en général leur altération comporte celle des veines profondes; mais, fût-elle limitée aux veines sous-cutanées, la phlébo-sclérose ne saurait être considérée comme circonscrite aux segments veineux sur lesquels on fait porter l'action chirurgicale; donc, on ne s'attaque qu'à une partie du mal, on remédie par une opération à certains accidents, on en prévient d'autres ; il est grandement exagéré d'en conclure qu'on a obtenu la guérison radicale des varices. Le traitement opératoire n'est et ne peut être que palliatif.

M. Schwartz est d'un avis absolument identique :

« Par le traitement dit curatif, le chirurgien attaque es varices elles-mêmes ; malheureusement, le but

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atteint ne répond presque jamais à une cure radicale, terme encore employé de- nos jours, et bien à tort, selon nous. Certainement, nous pouvons arriver à supprimer telle ou telle varice gênante et douloureuse : nous pouvons, grâce aux bienfaits de l'antisepsie, agir sur les veines avec une très grande sécurité, sans avoir à redouter les accidents qui avaient jeté dans le discrédit le plus complet les anciens procédés de cure radicale des varices; mais obtenons-nous la guér.son de l'état variqueux? Presque jamais, il faut le dire ; et cela s'explique bien lorsqu'on réfléchit que les varices sont, la plupart du temps, superficielles et profondes; nos moyens d'action se bornent aux vaisseaux accessibles, mais les profonds y échappent. Même pour les superficiels, pour une varice que nous supprimons, s'en développent, ensuite deux ou trois autres a son

voisinage. ,

« Et puis, puisque les varices sont sous la dépendance fréquente d'états constitutionnels, ne voit-on pas qu'en les supprimant on n'agit que sur un état focal qui n'est lui-même que l'effet d'une disposition générale de l'économie. Si celle-ci n'est pas modifiée, fa richesse des membres en veines nous explique surabondamment la reproduction de l'état variqueux ou des points jusque-là indemnes. Telles son les principales raisons qui nous empêchent de croire beaucoup

Ta enre radicale des varicesdans le sens ^ c'est-à-dire suppression de l'état variqueux d un membre • mais elles ne nous empêchent pas de penser que, Sans certains cas, les procédés dits de cure radicale ne doivent pas être employés, surtout s ils sont nof-

fensifs et répondent au but que nous recherchons. » lie seul trailement vraiment curatif serait celui qui,

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s'adrossant à tout le système veineux d'un membre, serait capable de rendre aux parois vasculaires leur structure normale. On a récemment vanté l'usage de Yhamamelis virginica, qui, à la dose de 3 à 7 grammes par jour d'extrait fluide, aurait amené des guérisons complètes. Musser, dans le Philadelphie!, médical Times, 1883, dit que les effets bienfaisants de ce médicament se feraient sentir après un mois d'administration. Il n'est pas besoin de dire (M. Quénu) que la réserve est de rigueur jusqu'à plus ample observation.

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