Mon. Line., XIV, p. 919, fig
6. Carapanos, Dodone, pl. 47, 10 ; Olympia, Bronz., pl. LUI, 940, 941.
Enfin l’ arrangement en cercles concentriques de petites palmettes reliées par des enroulements est tout à fait caractéristique d’une classe de vases en bronze, dont le rapprochement est des plus inattendus. Nous voulons parler des patères de bronze de style phénicien 1 trouvées en Assyrie, à Chypre, en Crète, en Etrurie qui sont ornées à l’intérieur de bandes concentriques. Sur quelques-unes de ces patères, les zones intérieures sont faites de motifs burinés, consistant en de petites palmettes simplifiées, réunies par des traits arqués 2. En outre, il arrive assez fréquemment que, de même que pour quelques patères en terre cuite, le centre soit garni d’une rosace de godrons3. ■
Ainsi, entre ces œuvres et les vases attiques à empreintes, on peut constater les ressemblances suivantes : procédé du décor en creux, disposition ornementale en bandes concentriques, schématisation poussée à l’extrême des volutes et des palmettes, petites dimensions des motifs, présence de rosaces au centre de la composition ; enfin la forme la plus ancienne et la plus usuelle de nos vases, la patère aplatie à rebord bas, sans anse ni pied, qui est inconnue de la céramique peinte, présente une ressemblance frappante avec les patères phéniciennes.
Il est évident que toutes ces analogies ne peuvent être le fait de rencontres fortuites ; et nous avons là, sans doute possible, une preuve de l’influence de l’art phénicien dans la constitution de la métallurgie et de la céramique grecques 4. 11 est toutefois assez curieux de rencontrer cette influence à une époque où l’art grec s’en était presque entièrement dégagé. Les patères phéniciennes se répartissent entre le xe et le ve siècle, suivant certains archéologues 5,
1. Liste dans Dumont-Chaplain, Céram. Grèce propre , I, p. 112 sqq ; cf. aussi des patères de l’Ida ( Studi e Materiali, I, p. 27 et 29) : un bouclier de bronze (Schumacher, Ant. Bronz. Karlsruhe, n° 708, pi. 24).
2. Perrot-Chipiez, II, lig. 399 ; Museo Italiano, II, 1888, pl. VI, J et 2.