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LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IV8 SIÈCLE

faut ranger à côté d’autres vases semblables de même provenance, trouvés aussi à Alexandrie. Ainsi, ce qui n’a rien de surprenant, l’industrie alexandrine à son origine était tributaire de l’étranger ; ainsi, elle en recevait, entre autres, des vases à repeints. Et l’on peut se poser cette question. Est-il conforme à ce que nous savons sur l’art grec, qu’un pays où un genre a pris naissance ait pu accueillir des imitations très inférieures aux originaux ? Serait- iil vraisemblable qu’ Alexandrie, si son industrie locale avait créé, ou plutôt renouvelé, la céramique à retouches, eût fait venir d’Italie des œuvres telles que les vases de « Gnathia», qui n’auraient été qu’une reproduction de cette céramique ? En réalité, il semble qu’ Alexandrie, à en juger par les découvertes céramiques, n’ait pas été à même, à la fin du ive siècle, de donner le jour à des œuvres originales.

Athènes, au contraire, à la fin du ive siècle, était loin d’avoir perdu toute activité et toute vie ; ses ateliers de céramique étaient assez florissants pour défendre le marché local contre les importations. On y confectionnait des vases peints et des vases à reliefs. Parmi ces vases à reliefs, figuraient, ainsi que nous le verrons, des bols à glaçure (Chap. XX), qui, par certains points, sont apparentés au style du décor à retouches.

On peut remarquer enfin qu’il n’est pas besoin de sortir d’Athènes pour expliquer la création et l’évolution de ce style ; les éléments dont il est formé sont en effet des éléments proprement athéniens : les coupes « omphalotes » à retouches sont des œuvres d’ateliers athéniens ; les canthares à lustre noir sans décor, dont la forme se retrouve dans la céramique à retouches, ont la même origine, et c’est à Athènes sans doute qu’on doit attribuer la fabrication des vases métalliques incrustés, dont les exemplaires jusqu’ici connus proviennent d’Italie Méridionale et de Crimée, deux régions où l’influence de l’art attique était encore très puissante.

Dès lors, peut-on enlever à Athènes, dont la céramique est restée très vivante, ainsi que nous le verrons, jusqu’au

milieu du me siècle pour le moins, l’honneur d’avoir renouvelé un style qui ne s’écartait point des traditions locales ? Et n’y a-t-il pas quelque invraisemblance à en chercher l’origine soit sur quelque côte d’Asie Mineure1' que rien, pour cette époque, ne peut désigner comme un centre artistique, soit à Alexandrie 2 dont la céramique aussi bien que la toreutique semblent avoir, dès ce moment, pris une orientation toute différente.

Quoi qu’il en soit de notre hypothèse sur le centre de diffusion de cette céramique, il y a lieu de retenir que les vases à retouches trouvés à Athènes paraissent bien être des œuvres locales et que, des six vases où le relief s’unit au décor peint et dont la provenance est connue, cinq sont originaires d’Athènes. On en peut conclure qu’à cette époque de transition où l’art grec changeait de capitale, Athènes continuait dans une certaine mesure à jouer son rôle dans la préparation des tendances nouvelles.

VASES A RETOUCHES DOREES. — Certains vases à ornements dorés, recueillis en particulier en Campanie 3, mais qui sont très probablement d’origine attique, représentent une série très voisine de la céramique à retouches, avec laquelle ils ont des modèles métalliques communs. Ce sont des cratères remarquables par la beauté de leur lustre noir et par la forme élégante de leurs profils ; ils portent sur le cdl, peints en surcharge dorée, des rinceaux de lierre et des colliers de pendeloques analogues à ceux que l’on voit sur certains cratères à retouches. Ce sont les copies fort exactes de cratères d’argent à décor émaillé 4, ou doré 5, que nous connaissons grâce à quelques rares spécimens.

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