‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 110 sur 312 · S. Reinach, Ant. Bosph. Cimm., pl. XXXVIII, I · texte numérisé non relu

S. Reinach, Ant. Bosph. Cimm., pl. XXXVIII, I

LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE

Ces œuvres de la céramique attique finissante, — on peut les placer dans la seconde moitié du ive siècle, — semblent avoir été des produits .surtout réservés à l’ exportation . Jusqu’ici, à notre connaissance, de très rares débris ont été recueillis dans le sol de l’ Attique1. C’est sans doute à leur influence qu’il faut attribuer les trois vases que nous allons décrire :

1° — Fragment. Musée de l’Ermitage (Stephani, Catal. Fas. Ermitage, n° 1917). Proven. Crimée.

Jeune homme nu, avec un pan de chlamyde sur l’épaule gauche marchant vers la droite ; il élève dans la main gauche une torche enflammée. Excellent style du ive siècle, d’après Stephani.

2° (Fig. 30). — Oenochoé. Musée du Louvre (Pottier, Mon. Gr., 1883-1888, p. 59 ; Dict. Antiqu. v. Rete, p. 852, fig. 5.933). Proven . Cy rénaïqu e .

Autour du col, un collier en retouche. Sur la panse, à gauche, un pêcheur nu, assis sur un rocher, tient une ligne où sont surpendus des poissons ; à droite, deux pêcheurs, en arrière desquels on aperçoit un rocher et un arbre (palmier ?) hâtent sur le rivage un large filet.

Les. personnages et le paysage se détachent en relief léger, à la barbotine et revêtu d’une couche dorée.

3° — Lécythe. Musée Fine Arts Boston (E. Robinson, Catal. Boston, n° 464). Proven. inconnue.

Sur ta face principale, un groupe en relief doré représentant Héraklès et le lion de Némée. Le héros est de face, imberbe et nu, attaquant l’animal à coups de hache. Au-dessous, également en relief, une bande d’oves.

Le style des reliefs dorés sur fond noir, à en juger par la rareté des exemplaires conservés, semble avoir joui d’une faveur assez médiocre, bien que sa diffusion soit attestée par le fait qu’un spécimen a été trouvé en Crimée et un autre en Egypte. Il est du moins intéressant en ce qu’ill représente la réunion de deux influences, celle du relief poly-

1. M. Zahn, op. en signale la découverte au cimetière du Dipylon.

chrome et cet h des vases noirs à repeints. En ce sens, il forme la transition entre la céramique post-classique et la céramique hellénistique.

Les diverses catégories de vases que nous avons examinées dans ce chapitre ne sont pas nées, à proprement parler,

Fig. 30. — Oenochoé du Louvre

de la décadence de la peinture céramique. Nous avons vu qu’elles se rattachent au contraire à des styles d’époque archaïque, qui ne subirent jamais une éclipse complète, même au temps où triomphait le style à figures rouges. Du moins la disparition du décor peint allait-elle favoriser urne renais-

sance 'des vieux styles, et préparer ainsi le règne exclusif du décor à relief. Les vases noirs, sans décor, à motifs estampés, à retouches ou à dorures, eurent pour principal rôle d’accoutumer la clientèle à une céramique dont tout l’intérêt résidait dans la beauté et la nouveauté des formes et surtout dans l’imitation plus ou moins exacte de la vaisselle métallique. Ils ont préparé de la sorte l’ avènement de la céramique monochrome. D’autre part, à la disparition des lécythes à reliefs polychromes, dont les formes étaient insignifiantes et dont le décor seul avait du prix, va survivre le goût du relief qu’ils avaient remis en vogue. De ces deux tendances, d’origine opposée, allaient naître successivement plusieurs styles, caractérisés à la fois par la monochromie, la copie des modèles de métal et l’emploi du relief, et, pour les plus anciens exemplaires, par l’usage d’un décor accessoire en peinture de retouche.

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