CHAPITRE XV
VASES CÔTELÉS
Nous avons vu, au Chapitre XII, que le type le plus caractéristique de la vaisselle métallique grecque consistait en vases de formes diverses, n’ayant d’autre décor que des côtes à profil arrondi. Le jour où les potiers se mirent à l’école des toreutes, il était tout naturel qu’ils s’inspirassent en premier lieu de modèles aussi largement répandus.
Mais c’est un fait à noter que rares sont les vases qui reproduisent, ou paraissent reproduire avec une fidélité rigoureuse des vases de métal. Nous avons en effet, constaté que ceux-ci, quand ils avaient la. forme d’une œnochoé, d’une hydrie, d’une amphore, en d’autres termes quand ils étaient pourvus d’une épaule et d’un col, avaient la panse divisée à mi-hauteur par une bande étroite. Cette particularité était une conséquence nécessaire du procédé d’exécution ; on ne pouvait côteler un vase qu’en le travaillant au repoussé après l’avoir appliqué au préalable sur une matrice également côtelée ; il fallait donc modeler à part deux calottes distinctes, l’une pour le haut, l’antre pour le bas du vase ; après quoi, on les réunissait au moyen d’une lame plate soudée à l’une et à l’autre. Les potiers, bien entendu, n’étaient pas assujettis à un procédé semblable ; aussi se contentaient- ils, le plus souvent, de tracer les côtes sur toute la hauteur de la panse, sans les interrompre par une zone médiane.
Les vases côtelés d’argile présentent, des aspects plus variés qu’on ne l’aurait attendu. Les uns ont une large bande décorée entre deux zones côtelées. Sur les autres le. décor à côtes occupe la place principale ; parmi ceux-ci,
LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AL IVe SIÈCLE
il en est où ce décor s’accompagne de motifs accessoires, reliefs sur l’épaule, guirlandes dorées au col, retouches d’engobe au col et sur la bande médiane, timbres collés sur la paroi.
Il serait fastidieux d’énumérer ici dans le détail les nombreux produits de cette céramique, qui se répandit dès le milieu du ive siècle sur tous points du monde gréco-italiote, et dont l’intérêt est assez pauvre.
A Athènes, on fabriqua des œnochoés et des hydries côtelées qui portaient, au col, des colliers à pompons dorés, des guirlandes schématiques de myrte ou de laurier, analogues à ce que nous connaissons d’après des vases unis (p. 189). Notre pl. VII b en présente un beau spécimen 1, provenant de la nécropole alexandrine de Sciatbi.
A Olympie 2, et dans certaines régions d’Italie 3, on a trouvé de petits lécythes aryballisques ornés de godrons effilés qui se détachent en relief sur un fond piqueté ; Rhodes 4 a fourni des amphores portant sur le col des ornements dorés ou peints, Troie 5, la Crimée 6, des amphores et des cratères à larges côtes, avec des retouches sur le col’7, etc... Les formes sont des plus variée? : en dehors de celles que nous venons de citer, il y a des canthaies à anses surélevées, ou en volutes, des askoi à anses cannelées, des aiguières à panse aplatie, des tasses à une anse. Les cannelures régnent sur toute la hauteur du vase ; rarement,
1. Cette planche reproduit, avec la bienveillante autorisation de M. Breecia, la pl. XXXVI, 44, Necrop. Sciatbi. Cf également Ibid., pl. YVVV, 43, etc... ; Pagenstecher, Samml. Sieglin , p. 15, fig. 21, 3.
2. Olympia, IV, nos 1307-1310 ; Walters, Cat. vas. Br. Mus.. IV, G S7. S8.