Atchot..., 1900, p. 6, fig. o ; 1901, p. 12. fig
7. Autres provenances : Corinthe (Furtw., op. n° 2814) ; — Mélos (Furtw., op. I., n° 2832 : Walters, op. L, F 553) ; - — Chypre (Walters-Birch, Ane. Pott., I, fig. 109) ; — Smyrne (Furtw., op. !., nos 2813. 2846) : — Myrina (Pottier-Reinach, Myrina. p. 81) ; — Carthage (Heydemann, Fas. Samml. Neapel, n° 1212, pl. 4).
VASES CÔTELÉS
elles sont interrompues par une bande lisse. On voit parfois des masques en relief collés aux attaches des anses, ou des oves imprimés sur le rebord. L’ornement peint, qui n’est pas de règle, est réservé au col ou à la bande lisse médiane ; il comporte soit des rinceaux de lierre, soit des colliers à pompons dorés ou des guirlandes de myrte, de laurier, de chêne, de vigne en blanc et rose.
Nous devons mettre à part, afin de leur accorder l’intérêt qu’ils méritent, un certain nombre de vases côtelés trouvés en diverses régions, avant de chercher à savoir de quelle manière s’est constituée cette céramique.
Vases à large bande décorative. — Ce sont, les plus lares. Cette rareté s’explique peut-être par celle des prototypes dont ils dérivent. Les deux uniques spécimens qu’on en peut citer, s’ils diffèrent complètement pour ce qui est du décor, présentent des caractères communs qui permettent de les ramener à une origine unique. Leurs formes sont analogues : l’un et l’autre ont une panse large et un col haut et évasé. Les côtes, réservées à l’épaule et au bas du vase, encadrent une zone qui occupe presque toute la panse.
L’un (fig. 31) est une kélébé à colonnettes, découverte à Ténéa près de Corinthe, et aujourd'hui au musée de Berlin fi Le vase est dépourvu de couverte ; mais on peut, sans invraisemblance, supposer qu’i] était primitivement doré, de même que le spécimen dont il est question dans le paragraphe suivant. Le col porte des boutons de lotus peints en brun. Sur la panse une suite de reliefs représente six des travaux d’Héraklès 1 2 : le lion de Némée, les, oiseaux de Stymphale, le jardin des Hespérides, la biche Kérvnite, Cerbère, l’hydre de Lernes. Dans le champ, on aperçoit divers objets, — un canthare, un carquois, une massue enveloppée de la peau de lion, — et une chouette qui symbolise sans doute la présence d’Athéna.
1. Furtwangler, Coll. Sabow'off , pl. LXXIV, 3 ; Ici., Vasenscmvml. Berlin, n° 2882.
2. Il est à croire que les six autres travaux figuraient sur un autre iase identique à celui-ci de forme et formant son pendant.
196 LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
De ce vase, nous devons rapprocher une hvdrie du Musée d’Alexandrie (pi. VII, a ) découverte dans la nécropole de Sciatbi h Elle est pourvue de deux anses horizontales et d’une anse verticale. Il reste, sur certaines parties, des traces de la couverte jaune qui supportait la dorure. De larges rinceaux de palmettes d’un dessin compliqué, exécutées en stuc, courent entre deux groupes de côtes verticales, également en stuc.
L’hydrie alexandrine est datée grâce à sa provenance : M. Breccia 1 2 rapporte la nécropole où elle a été découverte aux dix dernières années du ive siècle et au commencement du me. Gette nécropole ne contient pas d’œuvres de l’industrie proprement alexandrine ; réservée à des Grecs qui étaient venus s’installer dans la nouvelle capitale, elle est pourvue d’un mobilier purement grec. L’hydrie à palmettes, comme les autres vases recueillis au même lieu, ressortit donc à un type céramique dont l’origine doit se trouver hors d’Egypte.
L’existence de la kélébé corinthienne, qui est assurément plus ancienne, bien que rien ne prouve qu’il faille, avec Furtwângler, la faire remonter au milieu du v® siècle, donne à croire que cette origine pourrait être recherchée à Corinthe/ Car la forme du vase se ramène à un type qui y fut longtemps en usage. Nous n’entendons point par là qu’elle doive être rapportée à la céramique peinte corinthienne, puisque cette céramique n’a pas poursuivi son existence au-delà du vf siècle ; mais ill n’est pas interdit de supposer que Corinthe avait dès lors vu naître cette industrie des toreutes qui devait plus tard faire sa gloire, et, comme on sait, enrichir au 11e siècle les pillards romains. La kélébé aux exploits d’Hercule, et, partant, l’bydrie à rinceaux d’Alexandrie, seraient donc de précieux débris de la vaisselle métallique corinthienne du ive siècle. Nous •n’oserions pas affirmer qu’il faille y chercher une idée de ce
1. Breccia, Necrop. Sciatbi, p. 30, n° 44, pl. XXXVI, 44. La planche VII a a été reproduite d’après une épreuve que M. Breccia a mise très obligeamment à ma disposition.
198 LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
que furent 00s grands vases « corinthiens » qui furent promenés à Alexandrie dans la pompe de Ptolémée II Philadelphie *.
Vases ayant un décor sur l’épaule. — Nous avons vu qu’à la fin du ve siècle, ou dans 'les premières années du ive, un potier athénien, Xenophantos, avait eu la fantaisie de décorer l’épaule d’un vase d’une suite de petits reliefs dorés, sans doute empruntés à quelque modèle en métal précieux. Le procédé n’eût jamais grand succès, à un juger par les rares spécimens qui nous en restent ; mais ces spécimens comptent parmi les plus beaux de la céramique grecque.
Le plus célèbre est l’admirable hydrie de Cumes (pl. VI a), qui a enfin trouvé, grâce à M. Gabrici1 2, une reproduction et un commentaire dignes d’elle.
Elle est couverte d’un beau lustre noir dont la qualité rappelle les plus beaux produits attiques du Ve siècle. A mi-hauteur de la panse, court une frise de griffons et de lions dorés sur fond noir. L’embouchure du col est bordée d’oves guilloehés. Sur l’épaule se suivent, en reliefs polychromes découpés, identiques à ceux des lécythes, dix divinités, groupées deux* à deux, et l’une assise, l’autre debout, appartenant au culte éleusinien 3. Au centre de la composition, Déméter est assise sur un siège en forme d’autel ; elle est vêtue d’un fin chiton et d’un himation ramené sur les jambes ; elle est couronnée d’un polos orné de palmettes ; la main droite élevée s’appuie sur un sceptre. Elle retourne la tête à droite et s’entretient avec Koré qui, debout auprès de sa mère, enveloppée dans un ample manteau, et couronnée de feuillage tient des deux mains une longue torche. Entre les deux déesses, est posé à terre un petit brasero sur la flamme duquel s’entrecroisent deux rameaux feuillus. Viennent ensuite, dans le même sens : un personnage masculin, le torse nu, le haut des jambes caché sous une draperie dont un pan se relève à droite, tenant à la main droite un pourceau, et de la main gauche, ramenée 'sur la hanche, un bacchos et un objet où M. Gabrici a eu raison