‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 151 sur 312 · III. — Scènes diverses · texte numérisé non relu

III. — Scènes diverses

23° — Bol. Athènes, Mus. Nat., Inv. 2113 (Robert, Hom. Becli., p. 38-41). Proven. Béotie.

Scène inexpliquée. (De gauche à droite) Deux personnages debout, échangeant une poignée de main : l’un, casqué et cuirassé, une chlamyde repliée sur l’épaule gauche, s’appuie de la main gauche, relevée à hauteur du visage, sur une longue tige qui paraît terminée en fourche (sans doute une lance, déformée par l’empreinte). Son compagnon est vu de dos. Il est barbu, vêtu d’un long manteau, et tient à la main gauche un bâton. A droite de ce personnage, reste de son nom : TA (’A]ya[p.£|xvwv ?).

Reste d’un personnage à long manteau, appuyé sur un bâton (évidemment le même que le précédent). Il est tourné vers un guerrier (casque à panache, cuirasse à lambrequins, bouclier rond) le même que celui de la première scène, qui frappe de sa lance un adversaire ; celui-ci, s’éloigne, d’un pas traînant, la tête très inclinée en avant, une main tendue comme dans un mouvement de douleur ; en arrière, apparaît un autre personnage qui, évidemment, le soutient. Près du guerrier, en haut, reste du nom : AK ou AX (’A^[iXXe6ç ?) : entre celui-ci et le blessé, courte inscription de deux lignes ; à la fin de la première ligne, on distingue : -- HN —

Un personnage (casqué, nu PP) assis à terre, une jambe repliée, l'autre étendue. On lit à côté de lui QN ou OK. C’est probablement le blessé. Derrière lui, on aperçoit une futaie. Un homme (nu ?) l’épée à la main, repousse l’attaque d’un guerrier (l’agresseur de la deuxième scène ?) dont on voit les jambes et le bas du bouclier.

24° (Fig. 54). — Lécythe. Berlin, Antiquarium. (Robert, Hom. Bech., p. 90-96). — Proven. Anthédon.

On ne peut séparer l’étude de ce lécythe de celle des bols à sujets narratifs ; la partie inférieure de la panse, dont le profil est d’ailleurs plus tendu que celui des bols, porte un décor de même nature que ceux-ci. La moitié supérieure de la panse est garnie de grappes et de feuilles de vigne, couronnée d’une rangée d’oves. L’épaule est horizontale. Le col légèrement évasé vers le bas est garni de petits oves à l’attache de l’épaule. L’anse, verticale, va du coude de l’épaule au bourrelet du goulot.

Le vase est signé d’une inscription en relief AIONYCIO = Atcvuafc[u], nom d’un potier connu par d’autres vases à reliefs (voir Chapitre XX). Les personnages sont désignés par des inscrip-

lions. A noter les formes (=— fauçoç) et ’AvxtoxXéa

(=’Avxfy.Xeia).

Le vase représente les aventures de Sisyphe chez Autolykos. La légende raconte qu’Autolykos avait reçu de son père Hermès ie don de la ruse, l’art de voler et de se parjurer sans se faire prendre ( Odyssée , XIX, v. 394-397). C’était un grand voleur de bœufs. Sisyphe, qui était sa victime, décida de marquer ses bœufs au sabot, et se rendit chez Autolykos pour rechercher son bien ; il profita de son séjour chez le voleur pour séduire la fille de la maison, Antikléia et la rendre mère. Après quoi, il quitta le père et la fille ; Laerte épousa l’abandonnée et reconnut son enfant, qui fut Ulysse.

(De gauche à droite). Sisyphe (imberbe) vêtu en voyageur (tunique courte, manteau, bâton à la main) arrive chez Autohkos (barbu, manteau, bâton noueux à la main gauche). Près de celui-ci on voit un bœuf. Les deux compères agitent amicalement ia main. — Sisyphe (le torse nu, une draperie sur les jambes) a pénétré dans la chambre d’Antikléia, dont la porte est encore ouverte ; il s’est assis sur le lit ; la jeune fille, sans lâcher sa quenouille, a déjà posé son genou sur le 'lit et se laisse attirer sans résistance par son ravisseur. — Sisyphe a retrouvé ses bœufs qui sont à côté de lui ; il prend congé d’Autolykos près duquel Laerte, le futur gendre, est debout, nu, une épée au côté, un manteau sur L’épaule, appuyé sur sa lance.

Un vers cité par Tzetzés et par YEtym. Magn. nous apprend que cette légende était racontée par Hésiode dans son Catalogue. C’est là, suppose C. Robert, qu’il faudrait chercher la source des scènes figurées sur ce lécythe.

25° — Bol. Berlin, Antiquarium, Inv. 3161 g (Robert, Hom. Bech., p. 86-89). Proven. Anthédon.

Six des douze travaux d’IIéraklès. Inscr. xwv cûcv/.cx «OXwv xgj Hpay.Xéouç.

(De gauche à droite) Le Taureau de Crète, abattu sur l’arrière-train : le héros, assis sur sa croupe, l’a saisi par les cornes et lui ramène la lête de face (type traditionnel). — Hérakiès et Cerbère : Hérakiès, la peau de lion repliée sur l’avant-bras gauche, la massue sur l’épaule droite, paraît attendre qu’Hermès (reconnaissable à son pétase) lui ait amené le monstre ; le dieu, tend vers celui-ci la main, de façon familière. — Hérakiès et la Biche de Cérynée : il est représenté, suivant le type ordinaire, agenouillé sur la croupe de la biche, la maintenant par les bois et l’ assommant à coups cle massue.

Des luttes d 'Hérakiès avec le sanglier d’Erymanthe et avec l’hydre de Lernes, il ne reste, respectivement, que le corps du

sanglier, porté sur la nuque d’Héraklès, le coude gauche replié et la massue du héros (donc le héros était debout, le poing gauche à la hanche, suivant 4’habitude). — Lutte avec le lion de Némée : l’animal est debout et saisi par Héraklès qui l’étouffe (type ordinaire) .

26° — Bol. Athènes, Mus. Nat., Inv. 12618. Proven. inconnue.

Le décor des bandes est différent de celui des bols précédents ; sur la bande supérieure, des rosettes et des dauphins alternativement ; sur la bande inférieure, des rosettes et des volutes dressées.

Quatre travaux d’Héraklès. (De gauche à droite) Héraklès et le triple Géryon : le monstre est représenté comme un groupe c!e trois guerriers, coiffés d’un casque à cimier recourbé, vêtus d’un chiton court bouffant aux hanches, armés de lances et de boucliers ; Héraklès, la peau de lion enroulée autour du bras gauche, l’attaque à coups de massue. — Héraklès au jardin des Hespérides : il est debout, penché en avant et appuyé sur son bouclier ; une Hespéride (chiton à apoptygma serré à la taille) vient de cueillir une branche à l’arbre aux pommes d’or et l’apporte au héros ; le serpent, enroulé au tronc, tend la tête vers le groupe. — Héraklès et il1’ Amazone : celle-ci (bonnet phrygien, exomis, pelta, hache à un seul tranchant) est tombée à terre sur le genou. — Héraklès et la Biche de Cérynée : (même attitude que sur le bol n° 25).

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