‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 17 sur 312 · Dussauid, Ibid., Tableau de synchronismes, pl. XIII · texte numérisé non relu

Dussauid, Ibid., Tableau de synchronismes, pl. XIII

2. Kretische Vasenmalerei vom Kamares bis zum Palast-Stil , p. 35, 36.

ÉPOQUE NÉOLITHIQUE

paraît un peu trop basse : il faut en effet tenir compte des ressemblances signalées entre la céramique à reliefs de Troie II et des couches « néolithiques II » de Thessalie ; or les couches « néolithiques II » de Thessalie correspondent, chronologiquement à la première moitié environ du « minoen moyen ». En somme, on peut considérer que cette deuxième cité de Troie qui présente des rapports à la fois avec les tombes à fosse de Mycènes et la deuxième période thessalienne, remonte à une époque intermédiaire, c’està-dire approximativement vers le milieu du minoen moyen.

Ainsi, dans T ensemble des céramiques à reliefs préhelléniques, celle que l’on trouve à Troie, à partir de la seconde installation, ne compte pas, à notre avis, parmi les plus anciennes.

On peut distinguer dans la céramique à reliefs préhellénique trois groupements principaux ayant pour sièges le premier la Crète, la Troade et les diverses régions soumises à leur influence, — le second la Thessalie et la Macédoine, — le troisième Chypre.

Du point de vue des formes, les vases se répartissent en cruches ou coupes de petites ou moyennes dimensions, — et en pithoi.

Les éléments du décor plastique se ramènent à des bossettes, — à des lacets arrondis et lisses, — à des lacets ponctués d’impressions digitales ou incisés, — à des bandes plates, — à des bandes façonnées en cordes ou en cordelettes.

Quelle fut, dans chacun des groupements que nous avons définis, l’origine de ces formes et de ces motifs ? Quelle fut, dans cet ensemble, leur importance relative ? Et quels liens, de ce point de vue, ont uni ces diverses régions ?

Les premiers vases qui aient reçu une décoration plastique, — laquelle a d’abord consisté uniquement en bossettes ou en bandes lisses, — ne diffèrent en rien, pour la forme, des vases nus ou incisés, et se ramènent, comme ceux-ci,

PÉRIODE PRÉHELLÉNIQUE

aux types élémentaires qui, répondant à des besoins usuels, se retrouvent dans toute céramique primitive ; aussi n’y a-t-il pas lieu d’attacher une importance excessive aux analogies que l’on peut relever entre les produits de diverses régions ; toutefois, dans le cas particulier des cruches sphériques de Yortan et de Chypre, il faut peut-être penser que les ressemblances ne sont pas fortuites, mais moins à cause de ces ressemblances mêmes, qu’en raison des rapports qui ont uni très anciennement (à partir de Troie II) Chypre et la Troade 1.

C’est en Troade qu’on voit apparaître pour la première fois, dans les pays égéens, un type de vase inconnu de l’art néolithique européen, la cuve colossale destinée aux provisions ; alors que les autres régions, y compris la Crète, ne connaissaient encore que la fabrication de la vaisselle courante pour les usages ménagers, -les potiers de la première Troie étaient déjà en mesure de modeler et de cuire d’immenses récipients d’argile. La paroi, toutefois, demeurait nue ou sans aulre ornement que quelques grossières incisions.

Pendant la période qui suit l’époque néolithique, on voit les grandes jarres apparaître dans les autres régions, Chypre excepté ; mais la forme y atteste une fabrication moins rudimentaire ; et les incisions font place au décor plastique. En Thessalie et en Macédoine, certaines jarres, nous l’avons constaté, représentent un aspect assez particulier pour qu’on y puisse voir des produits locaux ; en Crète, l’unique type en usage se rapproche de la jarre troyenne primitive.

Si l’on s’en tenait à ces seules données, on pourrait supposer que le grand vase est une invention des potiers de la première cité de Troie, auxquels l’auraient emprunté ceux de la Grèce septentrionale et de la Crète. Mais la question se complique, nous le verrons tout à l’heure, du fait que des spécimens très semblables ont été découverts en Egypte.

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