Dussaud, op. 1. p
ÉPOQUE NÉOLITHIQUE
Pour ce qui est du décor, le semis de bossettes, couvrant tout ou partie de la paroi, en représente la manifestation la plus ancienne. Toutefois ce procédé, pratiqué dans l’art néolithique européen 1, n’a pénétré dans les pays grecs qu’à une époque postérieure : en Crète, lors dé la première période minoenne, dans la première cité d’Orchomène, dans la deuxième cité de Troie. Inconnu à Chypre, il ne semble pas s’être répandu en Thessalie. Il est probable que la céramique égéenne a emprunté ce mode de décor à l’Europe ; mais il serait téméraire de vouloir déterminer par quelle route et par quelles étapes il a pénétré en Grèce et en Asie Mineure .
Les lacets arrondis et lisses n’ont été usités qu’à Chypre et dans la région troyenne (Troie, Mysie, Phrygie). Nous avons vu qu’ils y jouaient le même rôle qu’un trait peint ou incisé : ils servaient à dessiner des motifs géométriques, des figures d’animaux ou de végétaux, les sourcils et les bras des urnes-idoles. S’agit-il d’une technique instinctive ? Et les rapprochements qu’on peut faire entre l’art chypriote et l’art troyen sont-ils fortuits ? On peut le supposer ; mais je remarquerai pourtant que cette technique, si elle eût été instinctive, aurait été plus répandue, et ne se serait pas limitée à deux régions qui, précisément, nous l’avons noté plus haut, ont eu entre elles de très anciennes relations. Il est donc possible que le décor des cruches chypriotes n’ait pas été sans influence sur 1a, confection des urnes-figurines de Troie.
Le décor à lacets ponctués sous la pression du doigt ou incisés soulève une question complexe qui, en l’état de nos connaissances, ne paraît pas susceptible de solution certaine. Ce décor était répandu en Europe 2 dès l’époque néolithique. Dans les pays .grecs, on ne le trouve que plus tard : en Troade à partir de la IIe cité, en Macédoine et en Thessalie pendant les périodes néolithique II et chalcolithique, et à