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CHAPITRE PREMIER

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA CÉRAMIQUE A RELIEFS PRIMITIVE DANS LES PAYS GRECS

L’emploi du relief pour la décoration des vases remonte, dans les pays grecs, à une époque moins reculée que dans les autres pays européens : c’est seulement dans la dernière période néolithique, et presque aux confins de l’âge du cuivre, qu’on l’y voit apparaître pour la première fois. Depuis lors, cette technique a connu en Grèce des fortunes diverses, sans jamais cesser pourtant d’être pratiquée ; tant que dura la vogue de la céramique peinte, elle demeura reléguée à l’arrière-plan, tantôt réservée traditionnellement à certains types de poteries, tantôt subsistant dans des ateliers plus fidèles aux modes du passé, tantôt ranimée par des fantaisies isolées ; ce n’est que fort tard, aux approches de l’art hellénistique, quand le procédé de la peinture entra en décadence, que le relief connut une faveur particulière.

Au cours des deux ou trois millénaires qui séparent la seconde période néolithique et les débuts de l’art proprement grec, la forme et le décor des vases à reliefs n’ont subi que des transformations insignifiantes. Cette stabilité relative, si singulière dans une civilisation où tout se transformait d’âge en âge, s’explique par des raisons utilitaires.

Les vases qui ont reçu un décor plastique sont d’ordinaire de grandes jarres, des « pithoi », dont certains mesurent jusqu’à deux mètres de hauteur et un mètre de diamètre :

PÉRIODE PRÉHELLÉNIQUE

les uns sont entièrement dépourvus d’anses et leur extrémité inférieure va en s’amincissant ; les autres, au contraire, ont des anses multiples et un fond plat ; les uns et les autres ont un rebord ou un col dont le diamètre est à peine inférieur à celui de la panse. Ces diverses particularités sont l’effet de nécessités pratiques. Certaines jarres étaient plantées en terre jusqu’à mi-hauteur, ou parfois entièrement ensevelies, à la manière des « silos » de l’Orient moderne : les anses, en ce cas, étaient superflues ; et il était bon que le vase se terminât en pointe. D’autres, au contraire, étaient conservées dans les magasins ; une large base en assurait la stabilité ; et des anses nombreuses en facilitaient le déplacement. Enfin, il était nécessaire, pour qu’on pût y puiser commodément, que les uns et les autres eussent une ouverture très évasée.

On devine aisément quelles difficultés devait rencontrer, à ces époques de technique primitive, la confection de ces immenses récipients. Or, ce qui nous paraît être un pur décor avait en réalité son utilité précise. Ce décor, d’une manière générale, comporte essentiellement des motifs très simples : de larges bandes plates et circulaires, rectilignes ou ondulées, qui enserrent la paroi! à la manière des cerceaux d’un tonneau ; elles avaient pour rôle d’assurer la cohésion de l’argile pendant le séchage et pendant la cuisson et d’éviter, dans cette masse lourde et fragile, — apparemment assujettie à l’intérieur au moyen de croisillons en bois, — les crevasses et les boursouflures v. Elles servaient, en outre, quand la jarre était faite de plusieurs pièces tournées sépaxément, puis soudées l’une à l’autre, à renforcer le jointoyage 1 2. De là naquit une tradition qui persista, même quand elle cessa de répondre à un besoin : la technique de.

1. C’est à quoi ont servi les ficelles dont on voit l’empreinte sur certains vases de l’époque néolithique (Déchelette, Man. Arch. préhist.., I, p. 547). C’est à quoi elles servent encore chez les fellahs de l'Egypte moderne, par une tradition plusieurs fois millénaire (Franchet, Nouv. Arch. Miss, scient., XXII, 1917, p. 9G).

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