Conze, Pergamon, I, beibl. 40, I
ble de déterminer au moins deux courants : l’un, qui est plus propre à l’Asie, où l’ordonnance décorative consiste le plus souvent en un calice végétal avec semis de motifs dans les intervalles, où les masques des fonds sont fréquents, où le dessin -des motifs, du calice végétal surtout, a quelque chose de grêle, — l’autre, dont le centre est Délos, caractérisé par une ordonnance claire en zones étagées, par une décoration plus riche, par la largeur du dessin dans le calice végétal.
Pour le premier de ces deux courants, il serait tentant de le chercher à Pergame, dont les bols ont évidemment exercé une influence sur ceux de Crimée. Malheureusement les ateliers pergaméniens comptent sans doute parmi les plus tardifs, comme le donnent à penser la gaucherie et l’incorrection du dessin des motifs. Et d’ailleurs, le fait qu’il n’existe aucun contact entre les bols de Pergame et ceux de Myrina ou de Priène exclut l’idée d’une influence de Pergame sur la céramique des bols d’Asie Mineure. En somme, dans l’état présent de nos connaissances, nous sommes réduits à distinguer un courant « asiatique » plutôt par comparaison avec le courant « délien », et parce qu’il est le mieux représenté par des vases pergaméniens, que pour en avoir trouvé le point de départ en Asie Mineure.
Pour Délos, nous pouvons arriver à des conclusions plus sûres. Nous remarquons d’abord que, de toutes les séries connues, aucune peut-être ne se rapproche plus que la série délienne, du prototype alexandrin et de l’art de la vieille Egypte. C’est dans le calice végétal que ces ressemblances ressortent d’une façon toute particulière ; nous y retrouvons le lotus blanc (Nymphaea lotus) avec le bourrelet supérieur et les nervures verticales1, le lotus bleu (Nymphaea caerulea ou nelumbo) large, terminé en pointe mousse avec des nervures parallèles aux bords 2, les palmes à nervures
1. Voir pour le modèle de ce motif, Description de l'Egypte, Botanique, pl. LX.