‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 222 sur 312 · Voir Ibid., pl. LXI · texte numérisé non relu

Voir Ibid., pl. LXI

obliques \ les feuilles dentelées du « fucus latifolius » 1 2 ; et peut-être la feuille à contour arrondi et largement évasée n’est-elle que la transformation de 1’ « uraeus » à écail-> les 3 dont certains bols déliens offrent une copie très exacte. Pareillement le décor en imbrications, qui est d’origine égyptienne, ainsi que nous l’avons vu, se rencontre presque uniquement sur les bols de Délos. Ce contact avec l’Egypte s’est évidemment produit par l’intermédiaire de la toreutique d’Alexandrie. Or toute les circonstances favorisaient une influence de l’Egypte sur l’ industrie délienne. De 313 à 166, l’île demeure sous la domination politique de l’Egypte ; des colons et des commerçants égyptiens s’y installent ; au début du me siècle, des prêtres égyptiens y fondent un sanctuaire et un culte de Sarapis 4 ; ce sont ces colons, ces commerçants, ces prêtres qui ont introduit à Délos des objets de l’industrie ptolémaïque, et peut-être même ces objets de culte, ces « seaux du Nil » dont la partie inférieure était ornée, suivant une tradition millénaire, d’un calice de feuilles de lotus.

Faut-il croire que l’industrie délienne s’est bornée à copier en terre cuite des vasès de métal et que ces modèles lui ont été uniquement fournis par le dehors ? Nous ne le pensons pas ; nous pouvons en effet, à défaut de trouvailles, savoir ce que fut à Délos l’industrie du métal et à quel point elle fut réputée. Délos ne fut pas seulement un grand entrepôt de commerce, une ville de marchés et de comptoirs ; elle compta parmi les centres les plus actifs de la toreutique grecque. On sait que l’airain de Délos était si célèbre dès le ve siècle, qu’il était préféré du bronzier Mvron,

1. Voir dans Meurer, Vergleich. Formenlehr., p. 222, Ait., IX, pl. 3, n° 6, un exemple égyptien de ce motif.

2. Exemple dans l’art gréco-égyptien, Edgar, Musée du Caire, Greek. Vases, pl. XXIII, 26.294, 26.298.

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