Winnefeld, Ath. Mitt., XIII, 1888, p
ATELIERS D’ASIE MINEURE
toreutes 1 que les potiers ont préféré, pour toute espèce de vase, au procédé commode et rapide du moulage, celui, plus délicat et plus lent, de l’applique.
Mais il y a plus ; et certaines remarques mettent en évidence une parenté plus étroite encore entre les potiers et les toreutes. La valeur artistique des motifs qui ornent nos vases n’est pas toujours égale ; certains, par exemple le symplegma de Délos n° 709 ou les grotesques, sont d’une exécution assez grossière pour qu’on n’hésite pas à en rendre responsables les potiers eux-mêmes. Mais que l’on considère les autres2. Voici par exemple le Satyre n° 11 a : le contour des côtes, le modelé du ventre, la saillie des chevilles sont indiqués avec une finesse et une précision qu’on chercherait en vain dans les plus parfaites figurines de terre cuite. Voici le Satyre du n° 11 c : il a tout juste 0 m 07 de humeur ; et néanmoins aucun détail n’est omis dans cette tête au front bas, au nez cama-rd, aux pommettes saillantes, couverte d’une chevelure hirsute ; et le modelé des pectoraux et de l’abdomen est digne des plus délicates statuettes de bronze3. Qu’on examine encore l’Ariane, n° 8 a (autant que peut le permettre une reproduction), pour ne parler que d’un seul détail, on reste étonné de la vérité avec laquelle est traitée la main qui ramène la draperie, et cette main n’a pas 0 m 004 de longueur. Si l’on répète ces observations sur chaque vase, on en tirera la conclusion que ces motifs ne sont pas simplement imités du métal et que ce n’est point sur des modèles de terre qu’ont été fabriqués les moules. Car nous savons, par les œuvres des coroplastes, que l’argile limite l’effort et l’adresse de l’artiste, qu’à un certain moment elle ne permet plus ni les refouillements arrêtés des draperies, ni les délicates ondulations des méplats, ni les vives séparations entre les surfaces, ni le galbe ferme des contours. Seuls, le ciseleur, ou