Athènes, Mus. Nat., Invent. n
ATELIERS D ASIE MINEURE
fait surtout que la région même de Pergame 1 a fourni des vases de style arétin, peuvent sans doute être considérés comme symptomatiques de cette décadence définitive.
Mais si la céramique à reliefs de type asiatique avait cessé de se développer, dès la fin du Ier siècle avant notre ère, dans son pays d’origine, c’est au dehors qu’elle poursuivit son existence. Les fabriques d’Arezzo paraissent, nous l’avons vu, dériver des fabriques de Pergame : si les potiers italiens ont su donner à leurs œuvres un cachet très personnel, il n’en reste pas moins exact que leur goût fidèle pour la belle glaçure, leur recherche des formes rares, leur sentiment très sûr de l’ordonnance claire et bien agencée, les rattachent en droite ligne à l’art asiatique. Et les vases à reliefs glacés de rouge qui eurent tant de vogue dans tout l’Empire romain, mais surtout en Gaule, remontent eux aussi, par l’intermédiaire des ateliers arétins, jusqu’aux œuvres de la céramique pergaménienne à appliques. Nous verrons, au Chapitre XXVII, que les faïences italiennes, et plus tard les faïences byzantines ont leur origine dans l’art asiatique du Ier siècle.
Il s’est donc produit ici l’inverse de ce que nous avons constaté pour la céramique à reliefs alexandrine, dont les œuvres si répandues en terres grecques ou de civilisation grecque n’ont guère exercé d’influence vers l’Occident, en dehors de la Campanie ou de l’Etrurie.
Ceci a tenu sans doute à ce que les vases de Pergame, avec leur beau lustre rouge, avec leur décor soigné si proche, parfois, des ouvrages de métal, avec leurs formes variées et originales, étaient d’un aspect singulièrement plus attrayant que les éternels bols à reliefs, à l'ornementation immuable et d’une technique si médiocre. Des raisons locales peuvent avoir précipité le déclin de cette céramique dans son pays d’origine ; le goût éclairé de la clientèle étrangère lui a assuré le sort dont elle était digne