‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 269 sur 312 · IMPORTANCE DE LA CÉRAMIQUE ASIATIQUE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE LA CÉRAMIQUE ASIATIQUE

Mais il y a plus. Si ces vases d’argile ont provoqué hors d’Asie des imitations vivantes et fécondes, c’est qu’ils étaient soutenus par la belle vaisselle métallique dont ils offraient des copies. Et là encore, le parallélisme s’accuse entre la céramique et la toreutique. La vaisselle métallique d’Alexandrie, dont le décor essentiel est un calice végétal de forme quasi géométrique, dont l’ornementation est figée dans des motifs sans lien réel avec la réalité, n’a pas dépassé, à ce qu’il semble, la moitié méridionale de l’Italie ; elle n’a pas eu d’expansion réelle en Occident. Au contraire, c’est dans les ouvrages des toreutes pergaméniens plus attachés à la représentation naturaliste des motifs végétaux, plus fidèles à l’élégance académique dans le dessin des personnages et la composition des scènes, qu’il faut chercher l’origine des skyphoi, des « modioli » ou des oenochoés en argent, dont les trésors de Boscoreale ou de Bernay, dont un skyphos d’Alésia, au musée de Saint-Germain (fig. 113), avec son décor de grenades, nous offrent d’admirables spécimens. C’est à Pergame, et non à Alexandrie, qu'il faut faire honneur de ces belles oeuvres ; non pas sans doute qu’elles soient dues à l’industrie pergaménienne, mais on y retrouve ce souci de l’élégance et de la précision, et en même temps ce mélange d’une tendance naturaliste et d’une tendance « académique », qui devaient caractériser, par opposition aux œuvres alexandrines, la vaisselle en métal précieux des ateliers d’Asie Mineure. Les vases en argile qui nous rendent un reflet de cette admirable industrie, ont ainsi une importance qui dépasse leur valeur propre, si honorable que soit leur rang dans la céramique à relief d’époque hellénistique.

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