Ibid., V, pl. XIV
3. Pithoi découverts à Kastri, près Turloti. mentionnés par M. Evans. Academy, 1896, 4 juillet, p. 18.
PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE
ou des Tritons (pl. II b) qui n’ont vraiment de sens que si on les suppose affrontés à des adversaires.
A en juger par leur style, les vases à décor architectural n’ont été fabriqués que pendant une période assez courte : du milieu du vif siècle à la seconde moitié du vf . 11 est donc d'autant plus étonnant que les quelques spécimens, que nous en avons conservés, soient aussi différents les uns des autres : rien ne ressemble moins aux centaures trapus et courts d’Eleutherne que les chevaux et cavaliers démesurément allongés de Lyttos, ou encore que les guerriers figés eu pose hiératique d’Haghios Ilias. Là encore, comme pour le groupe précédent, se manifeste le manque de contact entre les ateliers ; et dans ce cas, pas plus que dans l’ autre, on ne peut expliquer les divergences par la diversité des influences subies ; ces divergences ne sont qu’une des formes de T esprit pa'rticulariste de la Crète « aux cent villes ».
En somme, quels que soient les différents aspects sous lesquels s’est manifestée cette dernière floraison de la céramique à reliefs en Crète, il est à constater que les divers apports extérieurs n’ont que difficilement éliminé les survivances du passé.
Ce passé n’est d’ailleurs pas le plus lointain ; nous avons vu que d’une manière générale, c’est la forme la plus évoluée du décor plastique, la forme «mycénienne», qui en représente le maintien. Les motifs plus anciens, — tels que les cordes, les pastilles, les bandes plates à incisions, — ont à peu près disparu des vases postérieurs à l'invasion dorienne, pour faire place à ceux que fournissait aux potiers le répertoire général de l’ ornementation «mycénienne».
Quant au répertoire nouveau, qu’il vînt de l’Orient ou qu’il fût une création indigène, nous avons vu quelles formes particulières il revêt ; formes si particulières que certains emprunts y apparaissent tout à fait transformés et qu’elles n’ont eu sur la céramique des autres régions aucune sorte d’influence.
LA CRÈTE
Ainsi, pendant cette période, la Crète qui accueille les modes étrangères, mais qui les renouvelle et leur donne son empreinte, et qui sait se créer un style tout à fait à part par des emprunts au domaine de l'architecture, n’a plus néanmoins la vitalité nécessaire pour constituer un centre de diffusion 1.
1. On notera que cét isolement s’est constaté également pour la céramique peinte crétoise de style géométrique c trop dominée par les survivances de la décoration minoenne » et trop à l’écart du monde grec pour se développer intégralement et se répandre (Ch. Dugas. Bull, Corr. Hell., XXXVI, 1912, p. 513).