CHAPITRE Y
RHODES ET LA COTE DE CARIE. — BÉOTIE. — TÉNOS ET DÉLOS. - MÉLOS. - THÉRA. - ARGOS. - CORINTHE. - ATHÈNES. — LACONIE.
A mesure que s’étend notre connaissance de la céramique peinte, nous constatons qu’à l’époque archaïque, chaque région, et presque chaque localité, ont eu leurs ateliers et leur style propres. Il en fut à peu près de même pour les céramiques à reliefs ; autant que nous permet d’en juger la rareté relative des spécimens qui nous en sont restés, il y a lieu de croire que dans la plupart des grands centres de céramique peinte, certaines fabriques ont confectionné, pendant un temps assez court, il est vrai, des vases à reliefs.
Les fabriques actuellement connues sont celles de Rhodes et de Carie, de Mélos, de Théra, de Crète, de Béotie, d’Argos, d’Athènes et de Laconie, et peut-être aussi de Corinthe.
Parmi ces fabriques celles de Rhodes et celles de Béotie nous apparaissent, peut-être grâce aux hasards des trouvailles, comme ayant été les plus importantes. En tout cas, elles offrent le double avantage d’être suffisamment connues et de représenter chacune un type bien défini : d’une part un style très archaïque où l’ornement linéaire Remporte sur le motif animé, où le rendu est conventionnel et où l'influence de l’Orient est très grande ; d’autre part un style proche de l’époque classique, que caractérise la prédominance de l’être vivant reproduit avec le souci de la réalité et dans l’esprit proprement « hellénique », et où ne survivent que de rares traditions « orientalisantes ».
RHODES, BÉOTIE, ETC
Autour de oes deux fabriques, on peut grouper dans un ordre chronologique approximatif, celles de Mélos, d’Argos, de ïhéra, d’Athènes et de Laconie, qui participent à des degrés divers aux deux tendances « orientalisante » et « réaliste ».
RHODES ET LA COTE C ARIENNE. — On a recueilli dans les nécropoles de Rhodes et de la côte carienne, un certain nombre de grandes amphores 1 à décor estampé qui constituent un groupe bien défini, provenant d’ateliers étroitement apparentés. Comme aucun autre vase de cette sorte n’a été découvert en dehors de la région rhodienne, il est évident que c’est pour les nécropoles de cette région, — Rhodes ou Carie, — que tous ces vases ont été fabriqués ; et l’on est autorisé à parler d’une céramique à reliefs « rhodo-carienne ».
Ces amphores sont toutes de grandes dimensions (un mètre environ de hauteur) ; la panse est ovoïde et repose sur une base relativement étroite ; le col est cylindrique et muni de deux anses hautes. Cette forme diffère donc essentiellement de celles que nous avons rencontrées dans la Crète mi-