‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 33 sur 312 · Athen. Mitt., XXI, 1896, pl. VI · texte numérisé non relu

Athen. Mitt., XXI, 1896, pl. VI

PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE

identiques qu’on pourrait les supposer estampés à l'aide d’un seul et même poinçon. Ainsi, ce qui paraît vraisemblable, c’est que des jeux de poinçons se sont transmis d’un atelier à l’autre, et pendant un temps relativement court, puisque le répertoire décoratif de tous ces vases reste étroitement apparenté. Nous nous garderons donc de subdiviser ce second groupe, et nous le considérerons en bloc, et comme formant un ensemble très uni.

Cet ensemble présente des caractères identiques. La forme de l’amphore est d’une architecture nette, avec des conlours accusés ; l'encolure, plus élancée que dans le groupe précédent, s’évase en une courbe ferme ; les anses ont leur évidement garni de croisillons, et rappellent certaines anses de vases orientalisants 1.

Le décor est d’aspect touffu et monotone. Sur le col, il se dispose en bandes horizontales et verticales croisées et encadrées d’une ou deux autres bandes 2. Sur la panse, le nombre de zones s’est multiplié, et comme la surface décorée reste égale à ce qu’elle était dans la période précédente, il en résulte que les zones sont rapetissées ; et dans ces registres étroits .se pressent sans vide ni intervalle des motifs de petites dimensions, répétés d’un bout à l’autre et revenant parfois dans plusieurs zones.

Pour la plupart, ces motifs sont encore de type géométrique ; mais déjà sur certains exemplaires, qui ne sont pas nécessairement les plus récents de la série, apparaissent les motifs animés ; quant aux motifs géométriques, c’est la ligne courbe qui en représente l’élément principal.

La figure 13 réunit les principaux motifs 3 décoratifs des

1. Par ex. vases proto-atticjues (Saglio-Pottier, Dict. Antiq., s. v. Vasa , p. 639, fig. 7288 ; p. 640, fig. 7290), vases de Théra (Bull. Corr. Hell., XXII, 1898, p. 508).

2. Cf. pour ce détail, de grandes amphores chypriotes orientaiisantes (Perrot-Chipiez, III, fig. 507, 523).

3. Le motif 2 se présente sur un fragment (Ann. Brit. Sch., XII, p. 72, fig. 1), avec une forme simplifiée ; sur un autre (Ibid, p. 73, fig. 2) on trouve des lignes ondulées apparentées au motif 3 ; sur ces deux fragments le méandre (motif 5) apparaît avec une forme plus compliquée.

RHODES, BEOTIE, ETC...

vases du second groupe. On y remarque tout d’abord un élément d’origine mycénienne, — les spirales simples ou

Fig. 13. — Principaux Motifs Décoratifs des Pithoi a reliefs Rhodiens

1 : Brit. mus. A 585 ; Salzmann, Nécrop. Camiros, pi. 25 ; Coll.Warocqué I, p. 47. — 2 : Br. Mus. A 585 ; Salzm., pl. 25. — 3 : Milchhôfer, Anf. d. Iiunst , fig. 48 ; Salzrn., pl. 26 ; Coll. War. ; Ath. Mitt., 1896, p. 230. — 4 : Louvre ; Milchôf ; Salzm., pl. 25, 26 ; Coll. War. ; Ath. Mitt., 1896, pl.VI. — 5 : Salzm., pl. 25. — 6 . Salzm.. pl. 26 ; A. M., 1896. p. 232. — 8 et 9 : Salzm., pl. 27. — 10 et 11 : Br. Mus. A 585. — 12 : Louvre. — 13 : Louvre : Salzm., pl. 27 ; Coll. War. ; A. M., 1896, pl. VI. — 14 et 15 : Br. Mus. A 585. — 16 : Salzm., pl. 26 ; A. M., 1896, p. 232.— 17 : A.M.. 1896, pl. VI — 18 a : Milchh. ; Salzm., pl. 27 ; Coll. War. ; A. M., 1896, p. 230. — 18 b: A. M., 1896, pl. VI.

réunies par quatre ou par trois (nos J et 2), — qui a persisté, comme on le sait, et comme on l’a vu pour la Crète

PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE

(p. 44), dans certains styles d’époqne archaïque1. Les volutes (nos 3 et 4) qui en dérivent, remontent également à Fart mycénien 2.

Le style géométrique rhodien, tel qu’il nous est connu par la céramique 'peinte, y est représenté par les méandres (n° 5), les « crochets » (n° 6), les triangles (n° 8), les doubles volutes surmontant des triangles (n° 7).

Des vases rhodiens de style orientalisant, on peut rapprocher les demi-disques (n° 9) et les torsades simples (n° 10).

Enfin, à l’art oriental, par l’intermédiaire, sans aucun doute, des cylindres hittites 3, sont dues les torsades nos 11, 12, 13, dont les exemples ne se retrouvent en Grèce que dans l’art ionien 4, et, plus particulièrement, dans certaines œuvres métalliques5.

Cette même combinaison des traditions « géométrique » et « orientalisante » se retrouve dans le décor figuré. Les taureaux passants (n° 16) ne sont pas rares dans la céramique peinte d’origine ionienne ; et les vases peints « rhodiens » offrent des analogies très proches6. Mais, pour nos amphores, c’est surtout dans l’industrie assyrienne qu’il faut en aller chercher le modèle, comme le prouve la comparaison avec telle patère de bronze 7, ou tel bouclier en bronze du mont Ida 8 fortement imprégné d’influence orientale et sans doute assyrienne ; de part et d’autre, on retrouve les mêmes formes lourdes, le même corps démesurément allongé sur

1. Comparer en particulier fies objets d’orfèvrerie (plaque d’or d’Eleusis,

àpy . , 1885, pl. 9, n° 1).

2. Cf. Marshall, Cat. Jewellery Brit. Mus., pl. I, 66, 70, 84, 85.

3. Perrot-Chipiez, IV, p. 771, fig. 381, 382 ; Ward, Cylihders Library J. -P. Morgan, pl. 31, 231. 235 ; pl. 33, 252 ; pl. 34, 261, 264.

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