Arch. Iahrb., VI, 1891, p
RHODES, BÉOTIE, ETC
ne faut-il pas supposer que la Carie et Rhodes, recevant des objets à la fois de leurs voisins orientaux et de l’Attique, ont emprunté aux uns et aux autres des motifs ornementaux pour les vases à reliefs ?
Enfin, outre les éléments dont nous venons de parler, le répertoire décoratif des vases à reliefs rhodiens en comprend quelques autres (nos 8, 9, 10, 16) qui révèlent une parenté avec la céramique peinte dite « rhodienne orientalisante » ; mais ces analogies sont rares, et d'ailleurs assez lointaines : ces quelques motifs mis à part, rien ne diffère d’une œnochoé rhodienne peinte autant qu’une de nos amphores. Il ne semble donc pas qu’il y ait eu emprunt direct d’une céramique à l’autre ; les rapports entre l'une et l’autre s’expliquent par le caractère général de l’art contemporain. Les différences foncières qui les séparent ont leur raison d’être sans aucun doute dans la diversité des modèles qui s’offraient aux potiers : les modèles de la céramique peinte étaient peutêtre des décorations murales ou des ouvrages de broderie, ceux de la céramique à reliefs étaient certainement et dans la plupart des cas, des ouvrages de métal, comme nous l’avons vu par nombre de rapprochements. Quant à savoir dans quelle mesure nos amphores nous ont conservé l’image de vases en bronze ou en or, décorés au repoussé, c’est une question que nous examinerons plus tard dans son ensemble pour toute la période archaïque (Ghap. VIII).
En résumé, si l’on compare les deux séries, peinte et à reliefs, pour cette région de Rhodes et de la Carie, on constate à l’origine un parallélisme très net par l’usage d’un décor géométrique élémentaire ; puis, sous l’influence de modèles différents, ce parallélisme s’atténue et disparaît ; il ne reparaît que dans la dernière période, quand l’art céramique tout entier se retourne vers l’Orient ; mais ce moment, qui marque l’apogée de ce style oriental dans le décor peint, précède de peu la disparition du décor plastique. Et c’est hors de la région rhodo-carienne qu’il faut chercher les manifestations postérieures du style à reliefs orientalisant.
PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE
BEOTIE. — Si la fabrique rhodo-carienne représente dans Idiistoire de la céramique à reliefs le style asiatique, le style continental peut être non moins bien caractérisé par une fabrique dont les spécimens ont été découverts en Béotie 1 à l'exception peut-être d’un fragment provenant d’Erétrie (voir n° A’). En l’état actuel de nos connaissances, cette fabrique, dont d’heureuses découvertes nous font peut-être exagérer l’importance, a du moins l’avantage de nous faire connaître des types nets, bien définis, suffisamment bien représentés pour qu’il soit possible de grouper autour d’eux des débris épars, provenant de lieux divers.
Les exemplaires connus sont (en leur conservant le classement adopté par de Bidder) :
A. Musée Nat. d'Athènes. — Proven. Thèbes.
Sur le col, une cés-civa Gr,pwv (?) ; sur la panse, deux zones, l’une de cerfs, l’autre de biches.
’ Epvpj, àp*/.. 1892. pl. 8-9 ; Bull. Corr. Hell.. XXII,
1898, p. 440 et fig. 1.
A’. Musée Nat. d’Athènes. — Proven. Erétrie.
Fragments de deux anses ajourées.
B. (Pl. III b) Louvre, CA 795. — Proven. Thèbes.
Sur le col, Persée tuant Gorgone ; sur la panse, zones de cerfs et de biches analogues à celles du vase A.
Bull. Corr. Hell., 1898, pl. IY, Y.
B’. Louvre, CA 937. — Même provenance.
Fragment d’un Persée analogue au précédent.
Ibid., p. 457, fig. 7.