De Ridder, De ectypis aeneis, p
PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE
lection. Les lionnes du vase A (fig. 16, e) forment la transition entre les représentations analogues des fibules et des lames estampées trouvées autour de Thèbes 1 » . Ces remarques de De Ridder, à part quelques réserves que nous aurons à faire sur le rapprochement avec les lames « argivocorinthiennes », démontrent amplement l’origine béotienne de nos amphores.
Leur date, de même, est peu douteuse. La disparition des motifs de remplissage, la prépondérance de la décoration vivante sur la décoration géométrique, la recherche du réalisme, certains détails comme la robe tachetée des biches, le quadrillage des vêtements, l'attitude du corps de face avec la tête de profil, la raideur des gestes, les traits anguleux, l’oeil énorme, tous ces caractères se retrouvent soit sur les vases peints du vie siècle, soit dans des spécimens de sculpture et de numismatique de cette époque 2 3.
C’est donc, selon toute vraisemblance, dans la première moitié du vie siècle, que l’on doit placer la céramique à reliefs de Béotie.
Cette date permet d’expliquer en partie le caractère si spécial de nos amphores et de définir la place qu’elles occupent dans l’école « orientalisante ». En réalité, elles ne ressortissent pas à l’art « orientalisant » proprement dit, mais à un art mixte, élaboré sur place, où des éléments spécifiquement ((helléniques», qu’ils soient d’origine locale ou qu’ils aient été empruntés à Athènes ou à Corinthe, modifient et restreignent les influences de l’Orient.
La part qui revient à celles-ci a été amplement démontrée grâce aux nombreux rapprochements institués par De Ridder : on peut y rapporter les rosaces, qui se trouvent déjà sur des fibules mycéniennes a, les torsades, si fréquentes dans la céramique peinte de Rhodes, de Milo ou de Corinthe,
1. Arch. Anz ., X, 1895, p. 33, fig. 2 ; Arch. Iahrb., XII, 1897, p. 195-9 et pl. 7.