Par ex., Sehliemann, llios, p. 369, fig
RHODES, BÉOTIE, ETC
les spirales 1, les enroulements superposés 2 qui se voient sur les vases méliens et rhodiens, les fleurons qui sont d’origine ionienne 3, les lions affrontés 4 que les Ioniens ont empruntés à l’art minoen 5, les chevaux ailés enfin 6. Ainsi, jusqu’à un certain point., les amphores rhodiennes à reliefs se rattachent au style orientalisant des vases peints.
Mais, par ailleurs, ces vases attestent une certaine réaction contre la mode orientale et des emprunts à l’art plus sobre des vases à figures noires d’Athènes. On y voit réduits à des formes schématiques et relégués dans un rôle secondaire des motifs, tels que la torsade, la palmette, le rinceau, la rosace que le peintre ionien développait et variait si complaisamment ; d’autres sujets, chers aux céramiques ioniennes, comme les panthères, les sphinx, les griffons, les oiseaux à têtes humaines, font ici complètement défaut. En revanche, certaines remarques nous font penser à l’art et aux coutumes de la Grèce continentale : la nudité des archers à cheval répond à une coutume athlétique étrangère aux civilisations d’Asie7; le péplos des danseuses rappelle le costume des femmes sur certains vases attiques (et en particulier sur le vase François) ; enfin certaines particularités du style et du dessin ont engagé M. Pot fier 8 à évoquer les fabriques d’Amasis et de Klitias.
Ainsi, à l’inverse de ce que nous avons constaté à Rhodes et en Carie, les rapports paraissent avoir été assez étroits, en Béotie, entre la décoration à reliefs et la peinture ; nos vases ne perdraient rien pour nous de leur caractère essentiel, s’il nous plaisait de les transposer, par l’imagination,