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De ectypis aeneis, nos

RHODES. BÉOTIE, ETC... 89

votives à décoration plastique et qui n'a pas duré plus que celles-ci.

LACONIE. — Trois fragments de pithoi 1 ornés de sujets guerriers, nous font connaître la dernière en date des fabriques archaïques où la technique du relief ait été en usage.

Deux d’entre eux ont été découverts à Sparte, le troisième est de provenance inconnue.

Le mieux conservé des trois (fig. 19) appartenait à une grande amphore du type béotien à large col cylindrique et bordé d’une lèvre évasée, et munie de deux anses verticales pleines ; mais, entre ce vase et la jarre béotienne, les analogies ne sont que d’ordre général ; pour le détail, qii remarque des différences notables ; le diamètre de la panse est à peine supérieur à celui de l’encolure, de telle sorte que le vase tient autant du cratère que de l’amphore ; l’embouchure, au lieu d’être plate, est bordée d’une lèvre bombée ; l’anse, très épaisse et très étroite, est réduite à une sorte de tenon. .

Le décor a été obtenu au moyen d’un moule ; la preuve en est dans la ressemblance absolue des figures sur les deux spécimens de Sparte ; mais l’œuvre du moule a été complétée par le poinçon ou l’êbauehoir qui traçait des dessins divers aux épisèmes, sur les fourreaux, sur les armures et les boucliers, sur les chevelures et les crinières. De Ridder a relevé sur l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale les restes d’un enduit brunâtre. Il est donc probable que les figures se détachaient en sombre sur fond clair ; particularité unique dans la céramique à reliefs antérieure au ve siècle.

L’ornementation accessoire consiste en motifs géométri-

1. 1° Prov. de Sparte, Musée de Sparte, Ann. Brit. Sch., XII, 1905-6, pl. IX.

2° Prov. de Sparte (même moule que 1°). Bibliothèque Nationale, de Ridder, Vases Bibl. Nat., n° 166 ; Le Bas-S. Reinach, Voyayes arch., pl. 105.

3° Prov. inconnue. Musée de Boston, Arch. An:., XIII, 1898, p. 139, 50 ; Perrot-Chipiez, IX, p. 164, fig. 81.

PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE

ques : des torsades aux arêtes des anses et des postes sur les tranches latérales de celles-ci ; dans le cadre du col, un réseau à perles d’un type fréquent dans la poterie Cyrénéenne ; et enfin une zone de petits godrons très saillants en forme de « cymaise lesbique » double et une autre zone de rosaces dans la partie médiane de la panse.

Fig. 19. — Fragment d’une Amphore de Sparte (d'après Ann. Brit. Sch., XII, 1905-06, pl. IX)

Les figures animées, comme dans les jarres béotiennes, occupent la place principale ; elles se répartissent en un tableau sur la face antérieure du col, et en une zone sur le devant de l’ épaule.

RHODES, BÉOT1E, ETC...

Sur le col du vase reproduit par la figure 19, on voit un combat qui met aux prises quatre adversaires se disputant la possession d’un guerrier tombé ; la composition est conçue suivant une symétrie toute archaïque 1 ; au premier plan deux hoplites armés du bouclier et de la lance ; en arrière, d’un côté, un archer, de l’autre un frondeur curieusement enserré dans un justaucorps en peau de panthère ; entre les deux groupes, le blessé est tombé face contre terre, et s’appuie sur les genoux et les poignets.

Sur la zone de l’épaule, il reste un char dont le cocher, casqué et armé d’un glaive, vêtu d’une peau de panthère, tient les rênes à deux mains, cependant qu’y monte un guerrier. Un chien, à ses pieds, flaire le sol 2.

Faut-il donner un nom à ces personnages, et voir dans la scène figurée sur le col le combat autour du corps d’Hector ou de Patrocle ? Probablement non. D’abord parce que Je guerrier à terre n’est pas un cadavre, mais un blessé ; ensuite et surtout parce que cette scène et celle du guerrier montant en char se rattachent à l’ensemble des scènes semblables, toutes anonymes, innombrables dans l’art industriel, vases peints corinthiens, méliens, attiques, plaques métalliques3, vases à reliefs4, et qu’a fait éclore F influence d’œuvres telles que le trône d’Àmyclées, le coffre de Cypsélos, et surtout les bas-reliefs analogues à ceux du trésor de Siphnos à Delphes.

Il faut sans doute rapporter à la Laconie, et probablement à Sparte même la fabrique d’où sont sortis ces vases. Tout d’abord, cela n’a rien que de conforme au fait général,

1. Cf. Perot-Chipiez, IV, p. 568 ; Dugas, s. y. Vasa, ap. Saglio-Pottier, Dict. Ant., fig. 7286.

2. Les deux autres fragments présentent des portions du même combat : sur celui du Cabinet des Médailles, on voit encore en partie quatre combattants et le gisant ; celui du Musée de Boston, qui provient d’un autre moule, porte le guerrier de droite, un reste du guerrier de gauche et la jambe du gisant, tourné vers la gauche.

3. Par ex. Bull. Corr. Hell., XVI, 1892, pl. XI, 1-2 ; Carapanos, Dodone, pi. XVI, 2, pl. XIX, 2, 3 ; de Ridder, Catal. Bronzes Acropole, p. 116, n<> 354 ; Olympia, IV, Bronzes, pl. XXXIX, 700, 703, 704, etc...

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