Tels que le pithos d’Athènes (voir ci-dessus
92 PÉRIODES PRÉARCHAÏQUE ET ARCHAÏQUE
constaté chaque fois au cours de cette étude, de la dispersion des ateliers et de leur particularisme. D’autre part, diverses analogies nous ramènent à Sparte : le réseau à perles qui encadre l’une des scènes reproduites dans la figure 19, est à rapprocher des motifs semblables, caractéristiques du style appelé jusqu’ici « cyrénéeen », mais qu’on a beaucoup plus de raisons d’appeler maintenant « laconien » 1 ; on notera aussi que le coq sur l’épisème d’un bouclier est rendu avec le même réalisme que sur les vases peints de style « laconien » 2 ; et l’on peut enfin relever des ressemblances entre les figures de nos pithoi et celle des reliefs en os trouvés à Sparte 3.
L’influence béotienne semble s’être exercée sur la fabrique de Sparte. Nous avons vu plus haut que la forme du vase et le mode de répartition décorative font penser à la céramique béotienne ; cette opinion est corroborée par la présence de certains détails qui sont de caractère béotien : le bouclier échancré que porte un des hoplites est une arme béotienne ; les glaives sont suspendus aux baudriers par l’intermédiaire d’un anneau, de la même façon que le glaive de Persée sur un vase béotien.
S’il en est ainsi, les fragments de la céramique à reliefs Spartiate auraient cet intérêt particulier d’attester des rela tions artistiques et commerciales entre la Béotie et Sparte, qui précisément, à la date où nous reportent le style des figures, la correction relative de leur dessin, la liberté de leur allure, — c’est-à-dire aux limites du vi® et du ve siècle, — avaient conclu une alliance militaire contre leurs ennemis communs d’Athènes.