LA CÉRAMIQUE GRECQUE A RELIEFS HORS DE GRÈCE (ATELIERS D’ITALIE
Une étude de la céramique grecque archaïque ne serait pas complète si elle ne comprenait les produits si nombreux et si variés, de style éminemment grec, découverts en Sicile et en Grande-Grèce, ainsi que certains vases d’Etrurie où s’atteste une influence purement hellénique.
SICILE ET GRANDE-GRECE. — Dans les colonies grecques de Sicile et de Grande-Grèce, la céramique à reliefs a connu, du vf siècle au premier quart du ve, une période de prospérité continue. Là, comme dans les pays grecs, l’art de chaque région a donné à ses œuvres une marque particulière ; mais il est encore malaisé de définir les écoles, faute de connaître un nombre suffisant de provenances. Aussi devons-nous nous borner à un classement chronologique.
Mais, quelle que soit la date de ces poteries, elles se reconnaissent toutes, ou peu s’en faut, à un signe distinctif : la zone décorative est bordée, en haut, d’une bande d’oves et de godrons, en bas, de godrons ou de zigzags. Les vases sont tantôt de grands plats creux, du style que nous avons rencontré à Théra et à Athènes (p. 84 et 86), tantôt des pithoi ovoïdes. Le décor est en général réservé aux rebords, le vase lui-même demeurant vide de tout ornement modelé ou peint. La technique est celle du relief plat appliqué au rouleau, et dépourvu d’incisions.
Le style le plus ancien, — qui remonte au milieu du
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vie siècle, — est représenté par des vases 1 dont le décor est divisé en métopes par de petites colonnes doriques. Les sujets les plus fréquents sont la Niké ailée dans l’attitude archaïque de la course, les chars lancés au galop (avec lièvre ou chien courant sous les chevaux, et quelquefois une biche à côté de la Niké), les griffons. Sur l’un de ces vases, les godrons sont remplacés par deux zones de spirales et de méandres incisés à la pointe 2.
Ce décor appartient au répertoire archaïque et plus particulièrement ionien 3. Le seul détail qui paraisse dû à une invention locale, ce sont les colonnes doriques qui divisent le champ.
Dans un autre groupe, on peut faire entrer quelques exemplaires où dominent les influences corinthienne et proto-attique :
1° Rebord d’un grand pithos de Megara Hyblaea 4. Sous deux zones de godrons, deux sphinx à ailes recoquillées, affrontés de chaque côté de deux fleurs de lotus superposées. On notera une négligence fort curieuse : les sphinx héraldiques soit fréquent dans l’art du vf siècle tout entier (vases à reliefs 5, vases peints 6, ouvrages métalliques7), c’est particulièrement sur les. vases proto-corinthiens 8 et proto-attiques 9 qu’on le retrouve avec la même lourdeur d’aspect. La fleur-de-lotus, qui apparaît, avec
1. Pottier, Vases. Ant. Louvre , pl. 38, D. 335. Kekulé, Ant. Terrakot. Sicil., pl. oo, 1 et 2 ; pl. 56, I, p. 49, fig. 105 ; Frôhner, Griech. Vas. u. Terrakot. Karlsruhe, p. 71, 325.