VASES D’ARGILE. VASES DE METAL
aussi expliquer comment ces prototypes auraient eu une action sur la céramique, mais auraient été tout à fait laissés de côté par la toreutique usuelle.
Dira-t-on que ces prototypes pouvaient être des œuvres extrêmement rares, du genre de celles que nous font connaître quelques textes 1 ? Par exemple, les six cratères en or pesant 30 talents, offrande de Gygès à Apollon Delphique 2, ou le cratère, œuvre de Glaucos de Ghio, offrande d’Alvattès prince de Lydie, orné de figures et d’ornements ciselés3, ou les vases d’argent et d’or offerts à Delphes par Crésus 4. Mais dans ce cas, on peut faire valoir la même objection que tout à l’heure : pourquoi leur reproduction n’aurait-elle tenté que des potiers travaillant l’argile ? Et d’ailleurs on peut imaginer ce que pouvaient être ces cratères ; ils devaient apparemment se rattacher à. un type usuel : des figures en ronde-bosse, posées aux anses ou sur le rebord, et des ornements ciselés à mi-hauteur de la panse, ou sur l’orifice, ou aux attaches des anses.
En résumé, tant qu’un document ne sera pas venu attester l'existence d’un type de vases métalliques répondant aux vases à reliefs archaïques, tant que nous en serons réduits à raisonner sur des vraisemblances, voici à quelles conclusions on doit s’en tenir : l’analogie relevée entre des amphores de bronze et les pithoi rbodiens du type le plus ancien ne prouve nullement un emprunt ; cette forme, dont l’origine paraît au contraire remonter à la céramique primitive, était sans doute d’un usage trop généralisé pour que les toreutes ne s’y soient pas conformés. La technique du relief, dont le souvenir ne s’était jamais perdu, a été remise en faveur par l’arrivée de populations nouvelles ; et sans doute son développement est-il dû à l’influence de certaines œuvres métalliques, des bijoux tout autant que des vases. Quant au décor, il provient d’origines diverses