LE RELIEF DANS LA CÉRAMIQUE ATTIQUE ENTRE 500 ET
Si le triomphe de la céramique attique à figures rouges entraîna la disparition définitive du pithos funéraire à reliefs en même temps que la ruine des ateliers principaux, il ne fut pas assez complet pour faire entièrement oublier la décoration plastique. Le procédé du relief s’est en effet maintenu pendant tout le cours du ve siècle, tant dans quelques spécimens isolés, dus aux fantaisies de quelques potiers, que dans certains détails de la céramique peinte.
On ne connaît jusqu’ici qu’un très petit nombre de vases à reliefs 1 remontant à la plus ancienne période du style à figures rouges. Tous proviennent de T Attique :
1° (Fig. 22). — Fragment d’une kylix trouvée sur l’Acropole d’Athènes. — Musée National d’Athènes. (Ath. Mitt., Y, 1880, pl. X ; Mon. Grecs, II, p. 57, n° 26 ; Nicole, Cat. Vas. Ath. Suppl., n° 1021).
A l’intérieur, Artémis 2 debout, de profil. Les cheveux sont serrés sur le front et enveloppés dans un « kékryphale » à pompon ; à l’oreille pend une boucle. La déesse est vêtue du chiton et de l’himatiom, et d’une nébride jetée sur l’épaule droite ; elle porte sur le dos un carquois ouvert auquel est attaché un couvercle. La main droite tient une fleur qu’elle élève à hauteur du visage ; la main gauche saisit l’arc. Dans le champ, reste de
1. De l’énumération donnée par M. Pottier, Mon. Grecs, II, p. 57, il faut supprimer le n° 2b, fragment décoré d’un bœuf et provenant de l’Eubée (voir p. 81) et le n° 29, vase à relief très archaïque, qui appartient à l’art chypriote.
2. Artémis Brauronia, d’après C. Robert, Arch. Màrchen, p. 158.
LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES
l’inscription rétrograde : ho na.Z[ç y.aXoç]. — Autour de la
figure, rectangles encadrant des croix et méandres,
A l’extérieur, autour du pied actuellement brisé, rayonnent des godrons effilés en relief ; dans une zone supérieure, entre deux
cercles, restes d’une inscription en relief : — ]ta[ à]vs6sz.e[v 1 ;
dans une troisième zone, reste de Pégase (?) en relief.
Le caractère du style permet d’attribuer le vase au premier quart du ve siècle.
Le côté extérieur est entièrement doré à l’exception de l’inscription et des rayons qui sont en stuc blanc. A l’intérieur, la tête et les bras de la déesse sont en stuc blanc étendu en une couche très mince. Les autres parties en relief sont des traits en barbotine. Le chiton paraît avoir été entièrement doré ; l’himation était bleu. Le champ du vase à l’intérieur était recouvert d’une pellicule dorée dont il reste un fragment. L’argile est at tique.
2° — Fragment d’une kylix, trouvé à Eleusis (’Efïjp,. àpx-, 1885, pi. 9, 11 et col. 175). Il n’en reste que la partie centrale. Sur le fond noir se détache en un relief très faible une chouette de profil avec la tête tournée de face. Le corps de la chouette
1. On ne peut, faute de place, restituer ni le nom d’Artémis, ni celui d’Athéna. Je crois que les deux lettres r.a faisaient partie du nom du dédicant.
Fig. Z. — Artémis (d'après Ath. Mitt., 1880, pl. X)