‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 80 sur 312 · II. - — Formes autres que les Lécythes · texte numérisé non relu

II. - — Formes autres que les Lécythes

19° — Fragment d’une grande pyxis cylindrique (0 m 18 environ de diamètre, 0 m 085 de hauteur subsistante). Musée d’Eleusis. Proven. Telesterion d’Eleusis,

Parois épaisses. Terre brun jaunâtre. Le fragment a été intentionnellement détaché du vase dans lequel il a été découpé par une suite de perforations. La partie décorée est bordée, en haut et en bas, d’une moulure.

Scène nuptiale. Reste d’une femme assise sur un tabouret devant un thymiatérion doré 3. Elle est vêtue d’un chiton serré à la taille et d’un himation, et coiffée d’uin kékryphale bleu (il manque le bras droit). La main gauche levée s’apprête à répandre de J’encens sur le thymiatérion. A droite, on aperçoit le bas d’une figure féminine debout.

20° (Fig. 28). — Petite oenochoé à bec trilobé. Musée de Bologne (Pellegrini, Calai. Vas. Mus. Bologn., n° 371, fig. 65). Proven. Athènes.

Un enfant nu assis sur un tertre, tenant dans la main droite

1. Motif bien connu (terre cuite, Dumont-Chapladn, Las. Ant., II, pl. 12, 2 ; relief de l’Acropole, S. Reinach, Reliefs, II, p. 358, 2 ; objets en or, S. Reinach, Ant. Bosph. Cimm., pl. XX, 5 ; C.-R. Comm. Imp. Arch. 1864, pl. IV, etc...)

2. Je ne connais ce vase que par une reproduction photographique des collections de la Bibliothèque d'Art et d’Archéologie de Paris.

3. Cf. une pyxis du Musée de Berlin, Arch. Iahrb., XV, 1900. pl. II. Sur le rapport du thymiatérion avec Aphrodite, cf. Petersen, Rom. Mitteil., VII, 1892, p. 57.

une grappe de raisin (?) et dans la gauche une oenochoé. Sans doute Dionysos enfant.

Sur le col du vase un rameau de lierre peint avec rosette en barbotine. Le tertre est bordé au bas d’oves rouges et noirs réservés.

Fig. 28. — Oenochoé de Bologne (d'après Pellegrini, Calai.

Vas. Mus. Bologna, n°371, fig. 65)

21° — Petite oenochoé à bec trilobé. Musée National d’Athènes, n° 2150 (Collignon-Couve, CataL, n° 579 = Nicole, Suppl*, n° 1268). Proven. Athènes.

Haut. 0m12. Vernis noir de mauvaise qualité, rougi par endroits. Reliefs lourds et confus.

Trois répétitions de la même figure. Un jeune enfant vêtu d’une chlamyde bleue et rouge, à demi couché sur un lit de festin (bleu), tient dans la main droite une coupe à omphalos. Il paraît couronné de pampres. Sous lui, fleurs bleues et rouges. Sans doute Dionysos enfant h Sur le col du vase, une guirlande de lierre à baies dorées et feuilles rouges et blanches (cf. n° 20).

22° — Petite oenochoé. British Muséum (Walters, Cat TV, G 4). Proven. Mélos.

Haut. 0mll. Vernis noir imparfaitement cuit.

Jeune Dionysos, couché à terre, face en avant, nu, coiffé de boucles larges et relevées ; dans la main droite, une corne d’abondance. Il est sous une tonnelle de feuillage.

1. Cf. des vases figurines, Stackelberg, Grüb. Hell., XLIX, 1, 2, etc...

LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES

23° • — Fragment d’une péliké. Musée de Hambourg (Ballheimer, Griech. Fas. Hamburg. Mus., p. 44). Proven. inconnue.

Autour du col, couronne de feuilles et de points (probablement dorés). Sur l’épaule, Niké ailée (couverte blanche sur le visage et le vêtement ; les ailes probablement dorées) penchée en avant, qui conduisait un char. Sa chevelure ondulée est ramenée en arrière ; le vêtement, un chiton à plis fins, dessine les formes du corps. La figure a été librement modelée à la main, sans le secours d’un moule L

24° — Amphore. Musée de l’Ermitage (Stephani, Catal. Vas. Ermitage, n° 1814). Proven. Crimée.

Forme d’un type assez rare : corps élancé à profil concave ; partie inférieure hémisphérique ; pied et orifice moulurés ; anses très arquées. Style tardif, d’après Stephani.

Scène de chasse. Autour de la panse, un cavalier, en chiton court et himation flottant, bondit vers la droite en lançant un javelot, tandis que s’enfuit un lion. Plus à droite, un cerf happé par un chien fuit devant un cavalier. Derrière ce cavalier, un second cerf court vers la gauche ; un chien le mord par devant. A droite, un troisième cavalier (chiton court et himation flottant) s’élance vers la droite, un javelot à la main, à la rencontre d’un deuxième lion. Derrière le lion, un animal accourt vers la droite et, met en fuite un piéton (chiton court). Enfin un homme cuirassé et casqué, armé du bouclier et de la lance, attaque un sanglier.

25° — Dinos. — Musée Nat. d’Athènes (Nicole, Suppl ‘ n° 1272). Proven. grecque (At tique ? Béotie P).

Haut. 0m33. Panse sphérique couronnée d’une embouchure basse et étranglée ; pied haut, mouluré, sur base plate. Travail très médiocre. Vernis mauvais. Bestes d’engobe blanc sur les reliefs.

La panse est divisée en trois bandes. Sur la bande médiane, à fond noir, suite de motifs isolés en reliefs : lions et sangliers en arrêt1 2. Sur l’épaule, guirlandes de feuilles et baies de lierre noires sur rouge ; sous la zone d’animaux, godrons noirs sur fond rouge. Aux lèvres de l’orifice, oves en relief. Le pied est noir, avec godrons noirs sur rouge à l’attache, et guirlande de lierre, également noire sur rouge, au socle.

1. Pour l’attitude, cf. des vases du style de Meidias, par ex. un fragment de Crimée, Malmberg, Material, 1892, p. 27, n° 21.

2. Cf. même sujet sur un bocal de bronze, De Ridder, Bronzes. Bibl. Nat n° 1422, et sur un carquois en or de Crimée. C. 1864, pl. IV.

Nous avons vu qu’un moule pour des vases à reliefs polychromes avait été découvert à Athènes (n° B 2 bis). Il n’est pas douteux qu’ Athènes a été le centre principal, sinon le seul, de cette céramique dans les pays grecs : 6 des vases réunis ici proviennent sûrement de l’Att.ique ; 2 autres recueillis à Delphes, 3 trouvés en Grande-Grèce, 4 d’origine inconnue doivent être, selon toute vraisemblance, rapportés à des ateliers athéniens ; on en peut dire autant pour 3 des 5 vases criméens (nos B 3, 8, 15) et pour le vase de Mélos (n° B 22) ; et le lécythe trouvé à Apollonia de Thrace (n° B 1), ancienne colonie athénienne qui entretint de fidèles relations avec la métropole, même après rabaissement politique de celle-ci, est sans aucun doute un produit d’importation. Ainsi, l’on voit que le rayonnement de cette céramique a été lointain, puisqu’on la trouve sur la côte occidentale du Pont-Euxin, dans la Chersonèse Taurique et en Grande -Grèce.

Son action a été faible en Orient, où les imitations locales paraissent avoir été rares : on ne trouve guère à citer que deux vases (nos B 18, 24) pour la Crimée. En revanche, l’Italie Méridionale a accueilli cette céramique avec plus de faveur : des ateliers italiens, formés à l’enseignement d’Athènes, ont créé un style nouveau, très proche du style attique, mais qu’on ne saurait confondre avec lui. Les formes des vases italiotes sont plus variées : on y rencontre des cratères, des aryballes, des hydries, des amphores ; l’oenochoé y est plus fréquemment en usage ; le lécythe n’y a plus sa forme traditionnelle : il s’allonge au point de n’être plus qu’un cylindre1 que l’on confectionne en entier, comme une figurine, dans deux moules juxtaposés ; l’anse se termine quelquefois en bec recourbé. Les tons sont plus crus et plus heurtés ; le fond noir est parfois remplacé par un fond coloré ; les figures se détachent quelquefois, entièrement dorées, sur le vernis. La panse peut être cannelée

1. Par ex. Brückner, Anàkal., p. 7 ; Walters, Catal. Vas. Brit, Mus IV, G. 19.

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dans sa partie postérieure1, etc... En somme, les fabriques de Grande-Grèce, dont la durée a été assez longue, ont su développer à leur manière, et marquer de leur cachet particulier, comme elles l’avaient fait pour les vases peints, cette céramique à reliefs qui leur était venue d’Athènes.

Le répertoire décoratif de cette classe de vases est plus varié que ne le donnerait à supposer leur rareté relative : scènes funéraires, scènes de gynécées et de chambres nuptiales, légende de Dionysos, combats d’ Amazones ou de griffons, illustration de l’Iliade ou de la Destruction de Troie, danseuses voilées, enfants, chasses aux fauves, etc... Tout ceci n’a rien que de conforme à l’art classique finissant. Les grandes divinités ont disparu ; si l’on retrouve Déméter et Koré, c’est sans doute pour rappeler quelque pèlerinage à Eleusis : le léeythe aux divinités éleusiniennes n’est probablement pas autre chose ; Dionysos, enfant, adolescent, amant d’Ariane, est le seul dieu qu’on ait gardé de l’Olympe. Aux vieilles légendes divines, on préfère les scènes pittoresques des combats d’ Amazones, ou les sujets plus neufs des Arimaspes et des griffons2. De la vie familière, ce qu’on a retenu surtout, ce sont les scènes aimables du gynécée ; et la gravité des scènes funéraires elles-mêmes est altérée par la recherche du mouvement et de la composition pittoresque. Ainsi, les auteurs de nos vases sont les descendants de ceux qu’on a appelés les « petits maîtres », et les précurseurs des ((Alexandrins».

Cet esprit nouveau s’atteste également par un caractère tout à fait inattendu : la ressemblance entre certaines figures de nos vases et certaines œuvres de sculpture. C’est ainsi que, si les scènes de gynécée rappellent jusqu’à un certain point la céramique peinte, il s’y introduit cependant des motifs empruntés aux stèles funéraires : la femme assise du léeythe de Corinthe (n° B 4), deux autres femmes, as-

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