‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 92 sur 312 · De Ridder, Bronz. Bibl. Nat., n · texte numérisé non relu

De Ridder, Bronz. Bibl. Nat., n

ET LA VAISSELLE DE METAL

par des rinceaux (bandes de lierre, enroulements, tresses) gravés, ou par des motifs appliqués en haut-relief.

3°. — Pour la distribution décorative : le vase est souvent nu, et n’a d’autres décors que des appliques aux attaches des anses ; quand le vase reçoit un décor, ce décor est parfois interrompu par une bande étroite à mi-hauteur de la panse.

Si l’on ajoute que le décor figuré a dû être beaucoup plus varié que ne rapprennent les documents, et que le cycle troyen, le thiase bachique et érotique, les zones d’animaux n’ont pas été nécessairement les seules sources du répertoire ornemental, on peut admettre que les renseignements précédents n’omettent rien d’essentiel sur ce que fut, à l’époque des lécythes à reliefs polychromes, la vaisselle métallique à Athènes et dans les autres cités grecques.

Si nous rapprochons les remarques précédentes de ce que nous savons sur nos vases d’argile, nous pourrons préciser les rapports qui unissent les deux industries ; nous allons voir combien ces rapports sont lâches.

Le groupe le plus nombreux, celui des lécythes et des petites oenochoés à bec trilobé n’est nullement apparenté à une classe quelconque de vases métalliques : il n’en existe pas d’exemplaire en métal. On remarquera d’ailleurs que l’une et l’autre formes sont d’un type proprement céramique, et dérivent respectivement de l’ancien lécythe à fond blanc et de raryballe. Il est à peine besoin de dire que rien dans leur galbe ne peut laisser supposer un prototype métallique quelconque.

Est-ce du moins le cas pour leur décor ? Il est évident que ces reliefs à tons polychromes ont subi dans leur ensemble l'influence de l’industrie des figurines. Mais tels de leurs sujets n’ont-ils pas été empruntés à des œuvres métalliques ? On ne peut guère répondre à cette question d’une manière absolue.

Il est certain en effet que la mention d’un skyphos de Mys représentant la destruction de Troie suggère aussitôt

LES VASES A RELIEFS POLYCHROMES

un rapprochement avec certains lécythes (nos B 12, 13). De même il est possible qu’entre certains monuments du grand art, statuaire ou peinture, et nos lécythes, se soient interposées d’autres œuvres de l’art mineur, telles que les pièces d’armure où se voient des combats d’ Amazones ou les boîtes à miroir avec leurs sujets mythologiques et leurs scènes de gynécée, ou les appliques d’hydries en bronze décorées de scènes dionysiaques, d’Eros, de femmes à leur toilette. En somme, il est probable que oes œuvres diverses, pièces rares ou objets usuels, par cela même qu’elles étaient décorées de motifs en relief repoussés ou ciselés, ont exercé sur le répertoire de nos vases une action au moins égale à celle des figurines et des groupes en terre cuite. Mais à cela se bornent les rapports entre l’industrie métallurgique et la céramique à reliefs polychromes. Et, jusqu’ici, rien ne nous autorise à affirmer que les lécythes et les oenochoés à reliefs polychromes sont des répliques, même lointaines, d’un genre de vaisselle précieuse dont les rares spécimens auraient disparu.

Tl n’en est pas de même pour certains vases autres que les lécythes et provenant d’ailleurs que d’Athènes. Par exemple, on peut rapprocher pour la forme, l'amphore criméenne avec des scènes de chasse (n° B 24) et des vases en métal tels que le canthare d’Ithaque ; et le décor lui-même rappelle celui d’un pot en bronze de la Bibliothèque Nationale (p. 162) où l’on voit des sangliers et des lions.

Quelques vases représentent un compromis entre 1a. céramique à reliefs polychromes et la poterie métallique. Les ornements dorés qui couvrent l’épaule du lécythe de Xénophantos sont très probablement une reproduction fidèle, peut-être même grâce à un surmoulage, du décor d’un vase précieux, répondant au type de la célèbre hydrie de Cumes dont nous aurons à nous occuper plus loin (p. 198).

De même, l’hydrie dorée de Lampsaque est certainement une imitation, plus ou moins lointaine, d’une hydrie en or ; mais avec cette différence que le potier y a ajouté des reliefs polychromes. On a pu penser à propos de cette hydrie,

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qu’elle aurait eu pour prototype un vase en métal émaillé ; il n’en est probablement rien : l’usage de rehausser par des ornements en émail la vaisselle précieuse semble avoir été inconnu aux orfèvres grecs, au moins à cette date. Du moins, n’en avons-nous encore aucun exemple, même parmi les si nombreux objets d’or ou d’argent découverts en Crimée ou en Italie.

En résumé, la céramique à reliefs polychromes et dorés qui s’est constituée à Athènes, aux environs de l’année 425, ne doit pas son existence à un engouement quelconque pour la poterie métallique. Tout comme à l’époque archaïque, l'orfèvrerie et la toreutique n’ont rien fait de plus que de lui fournir certains sujets du répertoire décoratif. Le caractère nouveau qu’elle a revêtu est dû à d’autres influences, parmi lesquelles celle de la cor opl astique a été essentielle. Les vases à reliefs d’Athènes restent du domaine de la céramique propre. C’est hors d’Athènes, à Tanagra et sur le littoral de l’Hellespont, que nous avons trouvé, dans certains spécimens isolés, les précurseurs d’une céramique d’esprit nouveau, directement inspirée par les vases de métal. Mais c’est à Athènes, comme nous le verrons dans les chapitres suivants, que paraît revenir l’honneur d’avoir plus tard érigé en système ce procédé.

LA CERAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIECLE

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