‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 93 sur 312 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Vers le millieu du iv® siècle, on cessa de fabriquer à Athènes et dans le reste de la Grèce des lécythes polychromes. Mais le procédé du relief qu’ils avaient remis en vogue, allait désormais connaître un succès à peu près sans rival ; tandis que végétait et déclinait, malgré des tentatives successives de renouvellement et de rajeunissement, l’usage de la peinture dans la décoration des vases, le relief prenait une extension chaque jour plus grande.

C’est que cette époque voyait se développer une orfèvrerie et une toreutique fort brillantes. Les vases de métal, les pièces d’armure et de harnachement, les coffrets, les boîtes à miroirs recevaient une décoration ciselée et repoussée de plus en plus riche et variée. On citait des toreutes célèbres, les Boëthos, les Nestor, les Damocratès. Les trésors des temples accueillaient de magnifiques ex-votos. Des ateliers de Chalcis, de Corinthe, d’Argo-s, de Rhodes, etc., sortaient des produits précieux par la matière et le travail que recherchait la clientèle étrangère.

Or, jusqu’ici, ces goûts dispendieux n’ appartenaient qu’aux riches ou aux gens aisés, à cette classe où se recrutaient les archontes, les chorèges, les hoplites. Ils ne tardèrent pas à gagner les citoyens pauvres ; et les petites gens, nous raconte Athénée L voulurent aussi avoir leur

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170 LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE

part de oes belles choses. Il fallait donc en donner des facsimilés à bon marché ; de même que jadis des rondelles en argile dorée pouvaient donner l’illusion de bijoux, des vases de terre cuite tinrent lieu de vases en métal précieux.

Les potiers généralisèrent et « industrialisèrent '» une méthode qu’ils n’avaient jusqu’alors appliquée que partiellement et par intermittences : au temps jadis, ils s’étaient contentés, nous l’avons vu, d’imiter tel ou tel motif qui leur avait plu sur un vase de métal ou un bijou. Ils firent plus : ils imitèrent dès lors des vases entiers ; ils allèrent jusqu’à surmouler leurs modèles. Et ainsi, la céramique à reliefs ne fut plus qu’un reflet de la vaisselle métallique ; ces vases très humbles que nous avons recueillis en tous les points du monde grec nous tiennent lieu, à nous aussi, des riches vases en or, en argent ou en bronze, dont nous n’avons plus que de rares débris.

La première conséquence de cette mode fut l’uniformité de la couverte ; les premiers vases de cette sorte furent revêtus d’un beau lustre noir qui n’était autre que le vernis attique, ou, plus rarement, d’une pellicule dorée ; de la sorte, on accentuait la ressemblance avec les modèles de bronze ou de métal précieux. Les retouches, quand il y en eut, furent toujours très discrètes de ton et d’un dessin très sobre, et réservées aux accessoires du décor. Puis la qualité du vernis s’altéra peu à peu : le noir fit place à des tons gris, verdâtres, bruns. Enfin, et seulement assez tard, certains ateliers trouvèrent la formule d’une belle couverte rouge qui devait faire fortune dans les céramiques de décadence. Mais, comme on le voit, d’une époque à l’autre, c’est la qualité et le ton du vernis qui se modifie : le principe de la monochromie, née de l’imitation du métal, demeure à peu près immuable b

C’est vers le milieu du ive siècle qu’apparurent les pre-

1. C’est pas exception que certains vases de Myrina sont revêtus d’une couverte en deux tons (Cf. Chap. XXI).

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