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qui ne se sont point présentées à la dite cour atf jour à eux assigné. Le seigneur de Beaujcu sur cela dit : Je ne crois pas que la cour ait baillé un tel arrêt , ce serait chose déraisonnable , et que les Turcs et les hommes les plus cruels jugeront inhumain et détestable. J'ai de longtemps connu plusieurs de Mérindol qui me semblaient de bonne prudhomie , mais Monsieur le président en dirait bien ce qui en est , ce n est rien du dire des femmes. La demoiselle n attendit pas que le président répondit, mais soudainement regardant son évêque d'Aix, dit: Je serais bien émerveillée s'il ne se fut trouvé quelqu'un en cette compagnie qui défendit ces misérables, et levant les yeux en haut, dit toute courroucée: Plut à Dieu, que tous les luthériens qui sont en Provence , voire en France , eussent cornes au front , on verrait beaucoup de cornus. Le seigneur de Beaujcu ne lui acreut guère. Plût à Dieu , dit-il , que toutes les courtisanes des prêtres parlassent comme font les oies! La demoiselle répondit : Monsieur de Beaujcu , il ne faut pas ainsi parler contre l'Église: jamais chien n'aboya contre le crucifix qu'il n'enrageât. Alors levêquc d'Aix, commença à rire, et dit, en*
frappant sur 1 épaule de la demoiselle : Par mes saints ordres ( ainsi jurait-il ) , vous m avez fait plaisir ; elle a bien parlé à vous , Monsieur de Beaujeu, retenez bien la leçon quelle vous a baillée. Le seigneur de Beaujeu dit en courroux : Je n ai que faire d'aller à son école , ni à la votre, et ne saurais apprendre d'elle ni bien, ni honneur, et quand je dirai que la plupart des évéques et
prêtres 1 Sur cela l'archevêque d'Arles,
aussi présent, répondit en colère: Vous parlez mal , Monsieur de Beaujeu , et vous faudra rendre compte, en temps et lieu, des propos que vous tenez
des gens d'Eglise. De Beaujeu répondit Alors
le président Chassanée dit: Laissons le moustier où il est , Monsieur de Beaujeu , vivons comme nos pères et maintenons leur honneur. Le seigneur de Beaujeu dit : Je ne suis pas lils de prêtres pour maintenir leurs abus et méchanehetés , puis «ajouta : Je veux honorer tous vrais pasteurs de l'Eglise qui montrent bon exemple et doctrine
en vie, mais Le sieur de Sénas dit: Laissons
ces propos fâcheux , nous sommes ici assemblés*
v Nous supprimons.
pour faire bonne chère. Monsieur de Beau jeu, pour l'amitié que je vous porte, je vous aviserai de trois choses, que, si vous les faites, vous vous en trouverez bien. La première est que vous ne donniez aide ni de fait ni de paroles à ceux desquels vous avez ouï dire qu'ils sont luthériens , la seconde c est de ne reprendre aigrement les dames de leurs menus plaisirs , la troisième de ne rechercher de si près la vie des gens d'Église , car vous savez qu'il est dit : Nolite langere Christos meos. Le seigneur de Beaujeu répondit : Quant au premier je ne connais point de luthériens et ne sais ce que c est que luthérerie , mais tant y a que je n'approuverai jamais un arrêt qui aura été donné à mort contre gens qui n'auront été ouïs , et encore moins contre femmes et petits enfans. Et quant à ce (pie dites de ne reprendre les dames , si je sais qu'une mienne parente s'abandonne à prêtre ou à clerc, fut-il bien cardinal ou évêque, je ne lui ferai pas l'honneur de la reprendre , mais lui couperais le nez pour le moins. Et au regard des prêtres , je suis content de ne me mêler plus de leurs'affaires, mais aussi qu'ils ne se mêlent point des miennes. Le président Chassanée ayant assez volontiers