RÉQUISITOIRE
DE L\kVOCAT-(.fcNéRAL AIDÉRY.
Selon lavocat du roi , la Provence est depuis plusieurs siècles , mais particulièrement aujourd'hui , dans un état de trouble et d'anarchie qui fait de cette belle province Tune des contrées les plus pauvres et les plus malheureuses de France; ce qu'il attribue d'abord à son éloignement du siège principal de la couronne. Les princes , dit-il , et les magistrats eux-mêmes profitent de cet éloignement pour s'abandonner à des exactions; les plaintes du peuple ne parviennent que rarement et toujours affaiblies jusqu'à nous. Sûrs de l'impunité , les grands deviennent oppresseurs, et le
peuple que soulève la tyrannie se révolte et s£ livre aux plus grands excès. L'avocat-général se résume ainsi : tyrannie des grands , insubordination des petits.
il attribue encore 1 état d'anarchie dans lequel se trouve la Provence à l'ignorance de ses habitans et aux principes relâches du Clergé dont les évèques sont presque toujours absens de leurs diocèses. « Le pays, dit-il, est mal pourvu de bons prêcheurs. Les curés sont endormis ou finissent par se laisser séduire et entraîner par les sectaires dont ils propagent le9 doctrines avec une incroyable ardeur. »
» Le pays par-dessus tout cela , ajoute-t-il , est assailli par deux espèces de loups, les uns vieux , les autres nouveaux. Les vieux sont les Yaudois. Ils commencèrent du temps de Louis-le-Jeune , père du roi Philippe-Àugtistc , et conservent , dit-on , une vieille école en un creux de montagne de la Savoie que Ton nomme le Val de Luzerne. Leurs erreurs s'adressent principalementaux «ens d église. Les nouveaux loups sont les élève*
de Luther , nombre de moines Augustins , Cordeliers et autres. Plusieurs ont été se faire brûler à Aix , Avignon et ailleurs , et les évèques et prêtres étaient tellement endormis que toutes les cures se sont trouvées en même temps plus ou moins empoisonnées. »
L'avocat du roi admet d'ailleurs en principe qu il est de toute justice de brûler les hérétiques ; qu'il faut les chercher même jusqu'au centre de laterre , les poursuivre , les atteindre et les brûler « un à un , deux à deux , cent à cent , mille à mille si le cas le requiert ; mais , il ajoute , les hérétiques reconnus judiciairement pour tels, condamnés et nommés par nom et par surnom. »
Il accuse la cour d'Aix d'avoir jugé sans information, d'avoir condamné sans preuve et sans forme légale ; il accuse les intimés d'avoir prévariqué contre foi et honneur dans l'exécution de l'arrêt de Mérindol. « Si l'on dit que l'hérésie était de notoriété publique cela ne suffit pas. Notoriété n'exclut pas citation. Dieu cita Adam bien que tout lui soit notoire. En somme , on a spolié, tué'
et brûlé à Mérindol et dans tout le pays vaudois avant d'avoir épuisé les moyens légaux ; » il accuse la cour d'Aix d'avoir « ruiné un pauvre peuple , femmes et jusqu'aux petits enfans non jugés , ni connus pour hérétiques , avant preuves qu'ils fussent tels. >» Il traite sans ménagement le corps entier du parlement d'Aix ; il déclare que la justice y est mal administrée, que les conseillers s'y permettent toute licence, que chaque famille de la Provence aspire à avoir un de ses membres dans le parlement pour être à l'abri contre raison et justice , etc.
Relativement aux exécutions , il s'attache à prouver que les juges d'Église n'ont pas le droit de condamner à mort comme il leur arrive journellement; que la cour d'Aix à cet égard s'est montrée d'une tolérance coupable. Il inculpe plusieurs arrêts de 1533 par lesquels il est ordonné aux nobles du pays de courir sus aux Vaudois et d'en purger leurs terres, sous peine de confiscation. Il ne nie pas les lettres patentes du roi qui 'enjoignent à la cour de sévir contre les Vaudois dans six mois , puis dans trois mois s'ils refusent d'ab-
jurer , mais il reproche au parlement ses notes secrètes , ses intrigues à la cour de Paris et ses calomnies pour obtenir les lettres patentes dont il a d'ailleurs méconnu le vrai sens et l'esprit. Il blâme cette cour de n'avoir jamais envoyé que des actes d'accusation contre les Vaudois , d'avoir écarté avec soin tout ce qui pouvait les justifier , d'avoir refusé de prendre connaissance de leur requête , de n'avoir jamais fait information contre les exactions que les seigneurs et les juges d'Église se permettaient contre eux.
* L'arrêt de Mérindol , quant au fond , dit-il , n'est pas justifiable. Sur la déposition de deux témoins les Mérindolins sont ajournés en la personne de dix-neuf dénoncés qui ne se présentent pas, à faute de quoi arrêt contre eux et leurs familles et exécution contre toute la contrée. Les deux témoins sont, le premier, Antoine Garbelle, ancien prêtre , ayant apostasié ; il déclare avoir été hérétique , ce dont il se repent de bon cœur , déclarant qu'il a entendu des luthériens de Mérindol , Cabrières , Lourmarin , qui délibéraient de ne se laisser prendre qu'il ne leur en coûtât la
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vie ; qu'ils se mettaient en armes et à celte fin faisaient amas d'armes et de poudre ; qu'ils attendaient la venue du comte Guillaume pour se mettre en campagne. L'autre témoin Jean Serre déclare avoir été hérétique, et fait également une déclaration à la charge des habitans de Mérindol et contrées voisines. Et sur le dire de ce témoin et de l'ancien prêtre Garbelle , les gens du roi à Aix passent outre ! » Après avoir fait ressortir les contradictions et les illégalités renfermées dans l'arrêt d'Aix qu'il traite d'absurde , il lut en entier la requête et la profession de foi des habitans de Mérindol ce qui excita quelques murmures; aussi craignant d'avoir paru lire avec trop d'intérêt une exposition de foi si contraire aux dogmes de l'Église dominante , il se hâta d'ajouter « tout cela est très-bon , mais le mal est vrai qu'ils donnent avec leurs dites remontrances , ces articles de leur créance par lesquelles ils vivent bien contrairement aux commandemens de notre sainte Mère l'Église ; mais à moins que vous ne pensiez même que les petits enfans au berceau aient contribué à composer la confession de foi hérétique des habitans de Mérindol , vous devez les juger innocens.»
Venant à l'exécution de î arrêt , il interpelle le baron de la Garde -, il l'accuse d'en avoir imposé quand il a avancé dans sa défense que le feu roi lui avait ordonné de prêter main-forte à l'extermination des Vaudois ; il l'accuse d'avoir trahi l'État quand il a fait rétrograder ses troupes qui auraient du être dirigées sans perte de temps contre l'ennemi . Il se récrie ensuite sur la forme de certaines patentes du roi auxquelles il trouve plusieurs irrégularités qu'il attribue aux artifices de l'impétrant. Celles en particulier du 1er janvier 1 545. «A l'égard de ces lettres , dit-il , le procureur-général au privé conseil a déclaré n'en avoir point autorisé la remise, et le secrétaire d'État a nié formellement les avoir jamais fait dresser. La forme de ces lettres est contraire a l'usage et le contre-scel est de cire inusitée. » Il accuse le baron d'Oppèdc de les avoir tenues secrètes jusqu'à l'arrivée du baron de la Garde, ce qui est un grand crime, dit-il; les condamnés pendant l'intervalle se seraient pourvus en grâce ou convertis. Il inculpe tout le parlement d'Aix qui résolut l'exécution de l'arrêt un jour de dimanche , et encore après diner, ce qu'il appelle deux irrégu-
larités. Après le récit le plus lamentable des massacres des Vaudois , il ajoute que ceux qui étaient arrêtés , après avoir échappé miraculeusement , étaient vendus, hommes et femmes, comme esclaves aux capitaines des galères qui se rendaient sur les lieux mêmes pour cet infâme commerce; qu'il y avait à Aix marché public d'hommes , de femmes et d'enfans. II accuse le baron d'Oppèdc d avoir formé depuis longtemps le dessein criminel de détruire les Vaudois coupables ou non d'hérésie , dans la vue de favoriser plusieurs seigneurs de ses parens à qui les conûscations devaient être adjugées ; il le représente comme très-animé contre la dame du Cental parce qu'elle avait refusé son alliance. Ces actes de vengeance contre de malheureux hérétiques, s'écrie-t-il, n'ont ni frein ni trêve : d'Oppèdc ordonne tout ou laisse tout faire contre eux.
Ici l'avocat du roi entre dans des détails dont frémit rassemblée. « Les soldats , dit-il , avaient pris dans l'église de Mérindol plusieurs femmes et filles sur des charrettes chargées de blé qui passaient à Lauris pour se rendre à Avignon , et en
chemin satisfirent leur brutalité en présence des charretiers. Ce n'est pas tout : arrivés à Lauris , ils dépouillèrent les dites filles et femmes nues et les firent aller par la ville et autour du château , les battant inhumainement. Apres les menèrent sur le haut du rocher qui est près du château , leur faisaient dire un Paier noster , puis leur donnaient du pied et les faisaient tomber au bas du rocher, et s'ils les trouvaient en bas encore en vie, il les achevaient à coups d epéc cl de pierres comme chiens enragés. Ils recolèrcnt les jeunes parmi les blés et les battaient tenant leurs petits enfans, même en fut violé une tenant toujours son enfant entre ses bras. Un soldat entr autres, après avoir forcé une femme grosse, lui fendille ventre duquel sortit 1 enfant vif, que quelques assislans émus de pitié baptisèrent, et voulurent tuer le soldat , lequel se sauva es M. d'Oppèdc qui le prit sous sa protection. * II énumère un grand nombre daulrcs faits I/orrendum dictu.
« Les gens fugitifs pillés , continuc-l-il , et dont les femmes , les mères et les filles avaient été ravies, les maisons brûlées, furent envoyés aux
galères en manière de prison , en attendant ce qu'on en pourrait faire. Les registres examinés , il appert que tous tirent la rame comme tout condamné. Les uns par commandement de la cour , les autres par commandement de M. d'Oppède , les autres simplement par commandement de capitaines ou même de simples soldats. Les registres
n'en donnent que six cent soixante-six On en
a omis. Dans le nombre se trouvent des vieillards de quatre-vingts ans et des jeunes hommes de quinze ou treize ans. Ils étaient tellement exténués qu'ils venaient presque tous pour mourir. » L'avocat du roi se plaint particulièrement des gens du vice-légat et des soldats du pape , plus cruels , plus débauchés et plus avides que tous les autres. Il continue :
« Après l'exécution , les Vaudois sont encore accusés et appréhendés pour rébellion en armes et condamnés. Un nouvel arrêt d'Aix porte que l'exécution et mandement du roi commencé à rencontre des hérétiques soupçonnés et atteints des dits cas, sera entièrement parfait pour tous les lieux et endroits du pays de Provence, pour l'cn-
lière extirpation des dites sectes vaudoiscs
Avoir brûlé neuf villages pour un , ils appellent cela commencement ! Et pour ce faire seront envoyés deux conseillers de la dite cour en chacun des sièges et quartiers du pays pour procéder à la punition des dits hérétiques et à la déclaration de la confiscation de leurs biens , et que les fruits et revenus des lieux de Mérindol , Lourmarin , Lainotte, Villelaure, Lagare, Peypin et Cabrières, appartenant aux dits hérétiques vaudois qui se sont constitués en rébellion et en armes fugitifs et tenant les champs , seront saisis en la main du roi et vendus aux plus offrans et derniers enchérisseurs. Néanmoins , continue l'arrêt , tous les Vaudois hérétiques et rebelles qui voudront laisser les armes , et se rendre es mains des commissaires , se soumettant à la miséricorde du roi et de la justice, seront maintenant envoyés sur les galères à Marseille pour manière de prison , leurs femmes mises en quelques maisons aussi par manière de prison , et là seront endoctrinées à la vrai Foi, pareillement les enfans impubères mis es mains de gens de bien pour les instruire en la sainte Foi catholique , et sera requis le lieutenant
suivant son mandement de tenir main-forte et mettre sur pied force suffisante pour faire prisonniers les dits rebelles hérétiques s'ils ne peuvent commodément les appréhender, les exterminer, tellement que la force demeure au roi. Signé Meynicr et de Lafond. »
Après avoir démontré l'illégalité d'un tel arrêt signé seulement de deux personnes , l'avocat-général s écrie : « Ils réputent une fuite une rébellion , une fuite devant une telle fureur , devant six ou sept mille hommes en armes , devant les vieilles bandes du Piémont , et devant une foule d'autres pires qu'eux qui ont commis de telles inhumanités quelles n'appartiennent qu'à des bétes cruelles masquées de faces d'hommes , brûleurs, violeurs et tueurs; égorgeant jusqu'aux
petits enfans et vendant les hommes libres Et
ils appellent cela commencement de l'exécution d'un arrêt illégal , inique ! . . . . Quelle étincelle de religion naturelle peut-il rester à ceux qui appellent cette fuite une rébellion, quand'Dieu dit, qu'il faut s'enfuir de devant la persécution. M. d'Oppède déclare qu'il ne fallait pas fuir , qu'il fallait céder
à la justice , quand lui-même avoue qu'il n était pas maître de la fureur des soldats. La religion ne la pas plus voulu que le roi quoiqu'on disent et en soutiennent les intimés qu'ils ont agi par zèle religieux. C'est l'esprit de vengeance et de rapines qui lésa dominés. La rapine. M. d'Oppède écrivait à Pierre de Sazc , seigneur d'Agout , le jour même de la Quasimodo : Dans peu de temps vous verrez beau jeu dont vous serez de la partie. Une autre fois: M. d'Agout: J'ai reçu votre lettre.... au fait des confiscations, j'en ai écrit au roi pour savoir sa volonté. Assurez-vous que je ferai tout ce que je pourrai pour vous ! M. Gasp. Forbin , seigneur de Janson, de Villelaure, neveu de M. d'Oppède, pendant le massacre courait sus à ses sujets après que les pauvres gens eurent mis et apporté leurs meubles en sa maison comme en lieu de sûreté et de fidélité , et s'en furent au bois. S'il y avait zèle religieux pourquoi cette différence entre la maison du Contai et celle du sieur Faucon , son parent , dont il écrivait aux capitaines et soldats d épargner les sujets tout aussi convaincus d'hérésie. »
11 les accuse encore de ne s'être point attachés
à ramener les esprits égarés des hérétiques. Il déclare qu'il n est jamais parvenu à sa connaissance que depuis 1531 jusquen 1545, c'est-à-dire en quatorze ans , » les évôques et les prélats y aient été pour prêcher , ni aient envoyé bons prêcheurs , nul évêque : p<ue venta ejus dixerim , si non un seul qui faisait guerre ouverte à tambour sonnant et à enseigne déployée contre ceux de Cabrières. 1 « Il fallait, continue-t-il, selon les lettres patentes du roi, aller sur les lieux, séparer s il le fallait la cour en plusieurs compagnies que de faillir à justice pour condamner un bourg et tous ses habitons. Faire à l'exemple de Dieu à qui tout est notoire et à découvert et qui néanmoins avant de faire tel jugement sur une ville dit : Je descendrai maintenant, et je verrai , s'ils ont entièrement fait toutes les choses dont le cri est venu jusqu'à moi; et si cela n'est pas je le saurai. 2 »
1 L evéque de Cavaillon , dans sa visite a Mêïindol , ne s est pas donné d'autre mission que celle de recevoir purement et simplement l'abjuration de ses habitans en masse.
2 Genèse, chap. xvm-21. — Le passage est cité en latin.
« Le roi le commandait , le pauvre peuple du lieu vous y avait requis , et , si vous , Messieurs du parlement, y fussiez allés, vous eussiez vu par aventure ces pauvres enfans au berceau, ces femmes enceintes , ces vieillards impotans Vous
eussiez vu le pauvre village sans armes et sans forteresses qui ne méritait pas cette ire pour sa débilité ; vous eussiez vu que ce n était pas une Carthagc pour résister aux Romains. » Il prouve qu'il n'y avait point de forts. Les prétendus forts que M. d'Oppède soutient avoir vu faits avec des sarmens de vigne sont , dit-il , la chose la plus ridicule du monde. Que si Cabrières était enceint de quelques vieilles murailles , c'était à l'instar de toutes les villes du Comtat où la police papale se faisait fort mal , d'où il résultait que le pays était infesté de brigands dont ceux chargés de les réprimer étaient souvent les premiers. Il soutient qu on n avait pas le droit de conduire les troupes françaises sur les terres du pape et d'assiéger Cabrières , c'est-à-dire de porter la guerre en pays étranger sans commandement spécial du roi de France. À propos de ses prétentions de religion , il reproche à d'Oppèdc de s'être fait ofîicicr du pape
« étant viguier à Cavaillon , comme chose indécente à un premier président d'une cour souveraine du roi , d'être officier du pape à quatre écus de
gages » Quant aux citations bibliques du
baron d'Oppèdc : ^ la ruine de Sodôme et de Gomorre où furent enveloppés les enfans et les pères ; la descente de Coré , Dathan et Abiram ; la destruction d'Hamalcc que Dieu commande à Saùl.
Répondent les interprètes que ce sont jugemens de Dieu , défendus aux hommes. Dieu connaissant si les enfans suivront l'exemple des pères , devant d ailleurs y pourvoir selon sa volonté. Cest ainsi, ajoute-t-il , que ne pouvant nier les faits , ni les atténuer les intimés ont mis en avant la volonté du roi et celle de Dieu. Il faut bien chercher à excuser ces faits qui ont été commis au grand jour, qu'il n'a pas été possible de garder secrets.... car qui sera l'aveugle qui ne verra le feu brûlant dans vingt-quatre villages , qui sera le sourd qui n'entendra les cris et le bruit de la défaite de Cabrières : ploratus et ejulatus des femmes et des enfans tués jusques sur l'autel qui sera si endurci de contenir ses larmes sur ces troupes de malheureux qui sont morts de faim, mangeant
Tlierbc par les champs comme bêles? Qui sera l'homme de guerre si inhumain qui voudra exercer sa cruauté par le feu et par le fer sur la femme et sur l'enfant qui n'ont ni sexe , ni âge de porter les armes , ni d offenser personne , et auxquels les barbares auraient pardonné. Cela peut-il résulter de quatre arrêts , lun donné contre une ville non entendue, l'autre un saint jour du dimanche par des juges non informés et inhibés , après diner; non suffisamment restitués à pouvoir juger. Les deux autres à la seule suggestion de MM. les présidens contenant des exécutions et des persécutions sur les villages et sur des communautés, non ouïes , non légalement condamnées , sur un peuple non nommé , non désigné , ni par nom , ni par famille , ni par maison , ce qui n est pas autre chose que de livrer à la disposition des soldats tout un pays, ainsi que le plus malheureux des évènemens la démontré.... N userons-nous donc point de guerre contre les ennemis de notre religion ? Nous en userons quand justice ny pourra plus rien, et que la force ordinaire des ministres d'icelle ny pourra son office. Lors le roi enverra ses capitaines qui encore verront comme on a à faire contre des sim-
pies et des femmes , comme ont fait les bons rois de France. Car la main forte de la justice n'est pas d'employer les vieilles bandes de France sur une paysantaille armée de frégeons et de bâtons déferrés, 1 n'étant conduits et n'ayant support d'un seul gentilhomme , ni d'aucune personne de nom ni d'effet. >» 2