‹ Les Vaudois [microform]Chapitre 11 sur 18 · SV^ I · texte numérisé non relu

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pourroit produire plusieurs exemples. ^Outre toutes ces pratiques, les mêmes inquisiteurs avoient encore des instructions secrètes et des formulaires exacts de stratagèmes, dont ils se dévoient servir en toutes les procédures, comme il se peut voir dans les maximes et règles suivantes tirées de l'archevêché d'Embrun, que la divine Providence nous a mises en main, qui font voir de quelle façon ces enfants de ténèbres forgeoient premièrement en secret les instruments de la ruine de ces pauvres fidèles devant que d'entreprendre l'exécution de ce pernicieux dessein.

I. Qu'il ne faut point disputer des points de la religion en présence du peuple.

II. Que nul ne peut être admis comme pénitent, ni recevoir l'absolution sacramentale, si directement ou indirectement il recèle quelque hérétique.

III. Que celuy qui ne les révèle doit être retranché de l'Église comme un membre pourri, suspect et infecté d'hérésie, de peur qu'il n'infecte et corrompe les autres.

IV. Dès que quelcun a été remis es mains du bras séculier, il ne luy faut pas permettre de se justifier devant le peuple, de peur que, par ses justifications, il ne donne de grandes impressions aus simples qu'on luy fait tort, et que, s'il échappe, la religion catholique n'en reçoive du préjudice.

V. Il se faut bien garder de jamais faire gnice à un homme condamné par devant le peuple, quand même il se retracteroit de son hérésie, et promettroit de se convertir : car on ne pourroit jamais brûler grand nombre de ces hérétiques, si on les laissoit évader sous ces belles promesses, qui ne leur étans arrachées que par la frayeur du supplice, ne sont jamais bien observées : et cependant s'ils promettent devant le peuple de se convertir et qu'on ne laisse point pour cela de les faire mourir, le peuple croit qu'on leur fait tort : et ainsi le meilleur est qu ils ne puissent jamais parler devant le peuple.

VI. Il faut toujours que l'Inquisiteur suppose le fait comme tout avéré, se contentant seulement d'en examiner les circonstances en cette manière : puisque tu es convaincu d'hérésie, dis moy en quelle chambre de ta maison est-ce que se retiroient les Barbes ou les ministres, quand ils venoient te visiter ; et semblables questions.

VII. L'Inquisiteur doit toujours avoir un liyi*e ouvert en présence de l'accusé, faisant semblant d'y avoir enregistré toute sa vie, et quantité de dépositions convaincantes contre luy.

VIII. Il le faut incessamment menacer de mort inévitable, s'il ne confesse ingénument toutes choses et ne renonce à son hérésie. Que s'il répond, s'il faut que je meure, j'ayme mieux mourir en cette profession qu'en celle de l'Église romaine, certainement alors 11 ne reste plus de grâce pour un tel homme, mais il le faut incontinent livrer à la justice, et en presser l'exécution.

IX. Il ne faut jamais penser de convaincre ces hérétiques par les écritures : car ils en abusent avec tant de dextérité qu'ils confondent bien souvent par là tous ceux qui les entreprennent, d'où vient aussi que souvent ils prennent occasion de se rendre encore plus opiniâtres, voyans surtout que des personnes doctes ne sçavent que leur répondre.

X. 11 ne faut jamais répondre cathégoriquement à un hérétique et en l'interrogeant il luy faut accumuler plusieurs interrogats à la fois, afin que de quelle façon qu'il réponde on ait toujours moyen de répliquer à sa confusion.

XL S'il s'en trouve qui semblent disposez à protester qu'on leur fait tort, et qu'ils n'ont jamais embrassé l'hérésie des Vaudois, il faut que l'Inquisiteur les prévienne, leur disant qu'ils n'avanceront rien à jurer le faux, et qu'il a des preuves en main plus que suffisantes pour les convaincre : car par ce moyen voyant qu'il n'y a point d'apparence d'éviter la mort, ils confesseront d'autant plus aisément qu'il leur faut promettre, en termes ambigus, que s'ils avouent franchement leur crime, ils doivent espérer grâce, de cette façon plusieurs y en a qui confesseront dans l'espérance de pouvoir avoir la vie sauve (i).

Telles étaient les règles judiciaires monstrueuses en vertu desquelles d'innombrables bûchers s'élevèrent dans les vallées des Alpes. Mélange odieux de fourberie, d'astuce, d'aveu

(i) Histoire générale des Eglises vaudoises, II« partie, p. 4, 5 et 6^

d'ignorance par le clergé catholique, d'épouvantable cruauté de gens qui non seulement n'essayaient pas de converlir, mais se réfusaient encore à accepter les conversions et qui ne songeaient, en leur atroce barbarie, en leur épouvantable férocité, qu'à verser le sang !

Et en songeant à ces affreux holocaustes, combien l'on comprend le cri d'un Yaudois, qui les raconte: « Qu'on me donne à choisir de vivre parmi des fanatiques ou des botes féroces, je n'hésiterai pas uq instant ; je me croirai trop heureux de pouvoir me reléguer au fond des bois î (i) »

Devant ces monstruosités de l'Inquisition on comprend de quelle superstitieuse terreur les martyrs entouraient les moines qui allumaient les épouvantables bûchers ; devant ces lugubres lueurs, on comprend comment l'imagination affolée a pu entourer la figure de saint Dominique, de ce moine qui personnifia l'Inquisition, de ce bourreau qui, au dire de Perrin, « fit si bien ses affaires et de ses frères qu'avant qu'il mourust il avoit déjà fait bastir grand quantité de belles maisons en Languedoc, Provence, Dauphiné, Espagne et ailleurs, pour lesquelles il avoit obtenu de grands revenus, ou des libéralités de ceux qui affectionnoyent son ordre, ou des confiscations des Yaudois )).-—(( Il est dit de ce Moyne, ajoute Perrin, narrant la légende, que sa mère l'ayant dans son ventre, elle songea qu'elle y avoit un chien qui jettoit des flammes de feu de sa gueule. Ces sectateurs interpretoyent cela à son advantage, comme estant dénoté qu'il serait le mastin qui vomiroit le feu qui consumeroit les hérétiques ; mais au contraire ceux qu'il livroit tous les jours à mort pouvoyent dire qu'il estoit le chien qui avoit embrazé la Ghrestienté, et que les flammes qui sortoyent de sa gueule

(i) Brez: Histoire des Vaudois, II» partie, p. 4.

estoyent pour dénoter les sentences ardentes et infernales qu'il prononçoit contre les Chrétiens (i). »

Il semble bien que, jusqu'au xv« siècle, la rage des persécuteurs s'exerça surtout sur le versant occidental des Alpes. Les Vaudois du Piémont paraissent, à cette époque, avoir joui d'une tranquillité relative. La fureur des inquisiteurs et les préceptes de Tarchevêché d'Embrun sévirent surtout dans le Dauphiné, la Provence et le Languedoc ; mais, dans ces provinces, les persécutions furent telles que, en 1228, les archevêques d'Arles et de Narbonne, à Avignon, « meus de compassion envers ces pauvres misérables (les Vaudois), représentèrent aux inquisiteurs qu'il leur estoit impossible de trouver assés de chaux, de pierres et de sable, pour bastir autant de prisons qu'il en faloit pour contenir un si grand nombre captifs: de sorte qu'ils prioient de n'en plus saisir jusqu'à ce qu'ils eussent informé le pape, et appris sur ce subjet l'intention de Sa Sainteté )) (2).

Vaine et inutile demande, quelle que fût l'autorité des demandeurs ; aux xiii® et xiv« siècles, les inquisiteurs continuèrent à arrêter en foule les Vaudois. Et vers la fin du XIV* siècle, entre autres, l'inquisiteur qui avait remplacé Pierre des Monts, Borelli, lequel s'était établi à Embrun {( comme étant le lieu, disait-il, où les Vaudois étaient le plus obstinés » (3), voyant que à son époque, comme au siècle

(i) Pbrrin : Histoire des Vaudois^ p. loi.

(a) LÉGER : Histoire générale des Églises vaudoises^ II« partie, p. 6.

(3) Bruel : Histoire des Vaudois des Alpes françaises, p. 74 et "jb. « François Borelli, dit Perrin (Histoire des Vaudois, p. ii3), ayât commission en Tannée i38o pour faire enquête et informer touchant la secte des Vaudois. es diocèses d'Aix, Arles, Ambrun, Vienne, Genève, Aubonne, Savoye, Comté Venecin, Dyois, Forests, principauté d'Orenge, cité d'Avignon et Salon: ainsi que le portoit sa bulle, eue de Clément septième (c'est sixième ; Perrin se trompe et, après lui, Léger, II, p. 22, commet la même erreur), lequel lors présidoit en Avignon. » — Le 8 juillet i332, un

précédent, les prisons étaient insuffisantes pour contenir tous les captifs, consacre son activité à en construire de nouvelles à Embrun, à Vienne, à Avignon.

C'était, du reste, au>c habitants de la province que Borelli imposait la charge de ces constructions ; le pape lui en avait donné l'exemple et Tordre en faisant prélever pour le service de l'Inquisition des sommes considérables en Provence et en Dauphiné (i).

Borelli cita à comparaître devant lui, à Toulouse, « tous les habitans de Fraissinière, l'Argentière et Val Pute, à peine d'excommunication » (2). Les habitants ne comparaissant pas par crainte de se jeter dans la gueule du loup, les bûchers s'élevèrent. Cent cinquante Vaudois de la Vallouise, sans compter les femmes et les enfants, furent arrêtés, conduits à Grenoble et brûlés vifs; quatre-vingts de l'Argentière et de Freissinières subirent le même sort, « tellement que, lorsque quelqu'un d'iceux estoit appréhendé, il estoit promptement conduit à Grenoble, et là, sans autre figure de procès, bruslé vif,) (3).

autre pape d'Avignon, Jean XXII, avait également lancé une bulle d'ana-

heme contre les Vaudois, en particulier contre ceux des vallées de Lucerne, d'Angrogne et de Pérouse, dans lesquelles le pape se plaignait de ce que la secte s'était extraordinairement multipliée.

(I) De 1369 a i38o, les papes Urbain VI, Grégoire XI et Clément VL à diverses reprises, ordonnèrent de détruire les Vaudois.

(a) Pkrrin : Histoire des Vaudois, p. 114. Cette région était celle où il v avait le plus d'hérétiques, Perrinle déclare à une page précédente, p. no • après avoir dit que les Vaudois s'étaient établis aux Fauques, à Beauregard en Valentmois, à la Baulrae près Crest, il ajoute : « Mais les plus célèbres Eglises de la dite Province sont celles delà vallée de Fraissinière proche d Embrun, de l'Argentière, de la val Loyse, laquelle, à cause des dits Vaudois fut appelée Val Pute, comme s'il n'y eut en ladite vallée qu'un bordeau et réceptacle de toute dissolution et vilenie... Au delà des Alpes Il y a une vallée nommée la vallée de Pragela, laquelle ils ont habité de temps immenjoré. » C'est de cette vallée, selon Perrin, que seraient sortis tous les Vaudois des vallées piémontaises.

(3) PBHniN : Histoire des Vaudois, p. 114.

La sentence qui condamna ces malheureux fut rendue, en 1393, en Téglise cathédrale d'Embrun. Les inquisiteurs partagèrent les dépouilles des victimes avec les seigneurs temporels. Défense fut faite aux habitants d'assister les Vaudois (( en façon quelconque, de les retirer, visiter, deffendre, donner à manger ni à boire, faveur, conseil, ni aide, à peine d'estre atteint et convaincu d'estre fauteur d'hérétiques ». Les Vaudois furent déclarés incapables d'occuper toute charge, de tester, de témoigner, d'hériter. Les Vaudois n'avaient plus qu'une faculté, celle de monter sur le bûcher.

La rage de Borelli était doublée par son âpre curée de la fortune : pour voler les biens de quelques-uns, il les déclara hérétiques et les fit brûler, bien qu'il fût « notoire qu'ils n'avoyent jamais eu coignoissance de la croyance des Vaudois » (i).

L'inquisiteur était aidé dans sa persécution par le gouverneur Montmaur. A eux deux, durant quinze ans, ils couvrirent la province de sang ; il n'y eut pas un village, pas un hameau qui échappât aux bourreaux. Les infortunés Vaudois s'enfuirent dans les bois : ceux des Freissinières ayant pu s'abriter dans une caverne et Montmaur ne pouvant y pénétrer, ce bourreau, innovant un atroce supplice qui, dans les Alpes, fut depuis lui renouvelé souvent contre les Vaudois, amoncela du bois et de la paille contre la caverne et y mit le feu : cent vingt infortunés, y compris quarante enfants, moururent ainsi étoufTés (iSgo).

La peste de i346, comme le remarque un écrivain, n'avait point fait autant de victimes que n'en firent Borelh et Montmaur.

(1) Perrin : Histoire des Vaudois, p. 116.

Kn iSgo, on avait adjoint à Borelli l'évêque de Masse : ils se signalèrent, l'un et l'autre par, un auto-da-fé suprême: le 22 mai iSgS, à Embrun, au carillon des cloches, les églises pavoisées, devant" la foule terrifiée, et le clergé revêtu de ses habits sacerdotaux, ils firent brûler sur un seul bûcher deux cent trente Vaudois (i) !

Cet auto-da-fé immense paraît avoir apaisé pour un temps la fureur des bourreaux et les persécutions ne paraissent avoir été reprises contre les Vaudois des Alpes dauphinoises que vers le milieu du xv« siècle.

A cette époque (i46o), un inquisiteur de l'ordre des Franciscains, Jean Veyleti (2), reprit l'œuvre épouvantable.

A 1 exemple de son digne prédécesseur Borelli, en 1^61, il cita à comparaître devant lui tous les Vaudois individuellement quand il savait leurs noms, collectivement quand il les Ignorait. Nul ne répondant à cet appel, qui n'était bien entendu qu'un moyen pour s'en saisir facilement, il les excommunia en masse.

En vertu de cette décision, les biens furent confisqués et les personnes conduites au bûcher: le clergé prenait les deux tiers des biens des victimes, l'autre tiers revenait aux seigneurs. Les catholiques étant réputés fauteurs d'hérétiques n'échappèrent pas plus aux bourreaux que les Vaudois.

Les victimes se décidèrent, en ^77, à porter plainte au roi Louis XL Celui-ci envoya dans les Alpes l'archidiacre d'Orléans et son propre confesseur, et sur leur rapport, il

(1) Ea l'année 1400, aux environ de la Noël, les Vaudois de la vallée de Pragela furent attaqués du côté de Suze : épouvantés, ils sïnfuirent dans

es montagnes (dans l'Albergara) où la plupart, hommes, feZe enfants

(2) Certains auteurs l'appellent Veylali.

délivra aux populations de la région d'Embrun des lettres patentes qu. avaient pour but de leur rendre justice et de condamner les agissements des inquisiteurs

Ces lettres datées d'Arras, que Perrin entre autres nous a transmises, les voici :

abandonné dans les nei." ^r I l»„„T '"P' '?""''^'<'^- E' Puis fu «ans ce pUo.able éUt. ^^G^^^L tS', 'Z'^JZ'l^^T ^°'"'

Louis, par la gMce <le Dieu, roi de France dai.nhin ,1,. ^•• comte du Valentinols et Diois à noiro ^mT^t f "'""°"'

Dauphiné saint pI rfii»„i- ,> . *' '™' ?o"venieur du

n«nnh •■'^•"^S'n'e'-es, l'Argenfiôreet autres de noire navs du

enir, cro.ic m soutenir .:hose superslilicuse qui suivant lobser-

la

vance et discipline de notre mère la sainte Église; ce néanmoins aucuns religieux mendiants se disant inquisiteurs de la foi et autres pour cuider (croire, penser), par vexation et travaux, extorquer indûment leurs biens, et autrement les travailler en leurs personnes, ont voulu et veulent faussement leur imposer qu ils tiennent et croient certaines hérésies superstitions contre la foi catholique ; et sousombre de ce, les ont mises et mettent en grande invoiulion de procès, tant en notre cour de parlement de Dauphiné qu'en autres diverses contrées et juridictions, et pour parvenir à la confiscation des biens de ceux qu'ils chargent les dits inquisiteurs de la foi, qui commencèrent sont religieux mendiants sous ombre de l'office d'inquisiteur, ont mis et mettent chaque jour en procès plusieurs pauvres gens sans cause raisonnable ; d'autres ont été mis eu géhenne sans informations précédentes et les ont condamnés de choses dont ils ne furent jamais coupables, ainsi que depuis il a été trouvé. Quant à ceux que les inquisiteurs ont relâchés, ce n a été qu'en leur extorquant de fortes sommes et par divers moyens. On les a injustement vexés et travaillés au grand dommage et préjudice, non-seulement desdits suppléants, mais de nous et de toute la chose publique de notre pays du Dauphiné.

Par quoi, nous voulant à ce pourvoir, et ne souffrir que par telles voies indues ou rixe, on tourmente notre pauvre peuple et particulièrement les habitants des dits lieux, car ils disent qu'ils ont toujours vécu et veulent vivre comme bons chrétiens et bons catholiques, sans avoir jamais ni tenu aucune croyance, fors celle de notre mère la sainte Église, ni soutenu ni voulu soutenir quelque chose de contraire, et que par raison nul ne doit être condamné du crime d'hérésie, sauf ceux qui, par obstination, voudraient volontairement soutenir et affirmer choses contraires à la sincérité de notre foi, avons, par grande mesure de délibération, et pour obvenir à de telles fraudes, abus, vexations et exactions indues aux dits suppléants, octroyé et octroyons, de notre certaine science, gré spécial, pleine puissance et autorité royale et Delphinale, voulu et ordonné, voulons et ordonnons par ces présentes qu'iceux suppléants et tous autres de nôtre pays de Dauphiné soient mis hors de cours et de procès ; et tous les procès esquels les aucuns d'eux pourraient avoir été mis à cause des choses sus-dites, avons, de nôtre certaine

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commandement <le notre cour de PaTement^^n ' °.'"''.'"'"'"'«« »" quelconques, ensemble toutes les cTdû Is e^ nt'"?" ''*"'"'' avaient ..aillés à cause des chose susdits soi 1 .'ff ""' ""'"" des salaires et dénens des .lit» nn„ ^ '" Payement

rendus et re tilués et L f ^ !' "" «"'■•''"'«■"• 'eur soient auraient eu ;; Ce ;ho4^^^^ meubles et immeubles par' détenHon et !» '" '""" '"'"'

par convoitise e<^rae:Zs''ZîsT''' "" '"'' '"""'"^' <pe, pourle bien ^^ i.siZ,^r^lTZZ ZlZ""^''' procès ; et pour venir h in fî« ^ ^.. meure maintes gens en

r.usieurs .ermesrre^t^cVrs'torSret'^d-T ''' par ces pn^sentes, que nous ne voulons ,^In, „..! , '•«^^c'arons

soient prises, levées, exigées pourt n ipoT nos^omi;"^ "^•

èz;\rbttrdrceur:;rT' "f -"- "--r

jcelles conriscati^ltrcVur^^u TvtrtÏÏ' 'TT faits par les dits inauisitPiir«H/i r • fraudes et abus

que l'on ne ^out::Z:ZT^{:::Tt^"'^ <^' f '-">"^

des dits habitants du Dauphiné ni icelv L ^ '"'""

- cas des^us dits ou Lniria^L'^^L'^Vr T ZTIZI

expresses de nous, avons en outre défendu et défendons qu'à cause des dits cas ou des semblables, aucun de nos juges et officiers de nos sujets n'entreprennent aucune juridiction ou connaissance, mais toutes les causes et procès de notre grand Conseil, à nous auxquels et non aux autres, nous avons retenu et retenons la connaissance ; si vous commandons et expressément vous enjoignons que nos dites lettres vous mettiez en exécution de point en point selon la forme et teneur des sus dites et autres voyes et manières en ce [cas requises. Car ainsi nous plaît, et être fait de ce faire, nous vous donnons plein pouvoir et autorité, et commission et mandement spécial. Mandons et commandons à tous nos justiciers, officiers et sujets, commis et députés qu'ils se fassent obéir. Donné à Arras, le 18 mai 1478.

L'archevêque d'Embrun refusa de se soumettre : il écrivit au roi que les plaignants étaient des Yaudois, que leurs réclamations ne sauraient être écoutées, et, invoquant contre eux les abominables calomnies que déjà les païens portaient contre les premiers chrétiens, il ajoutait que les hérétiques se livraient entre eux aux plus épouvantables débauches. Sous le prétexte que les lettres-patentes du roi disaient : « A moins qu'il s'en trouvât qui fussent rebelles et s'obstinassent à persévérer dans leurs opinions », il continua les persécutions.

Les martyrs furent innombrables et parmi eux les deux consuls de Freissinières, Michel Ruffi et Jean Giraud, qui furent brûlés vifs à Embrun en 1478.

Jean Veyleti usait tout à la fois de fourberie et de cruauté à l'égard de ses victimes ; Perrin en rapporte la preuve en ces termes :

Or avons remarqué une insigne meschanceté es procès formés par ce moyne Veileti : car ayans les dits procès en main, nous avons trouvé des petits billets, esquels le dit commissaire prenoit les responses des prévenus simplement comme elles partoyent de

pTo2'"ef soi "t r? ''' '"'"^ *^^"^'' P^^ ^'^^'^ ««t^«^»es au procès, et souvent tout au contraire que ne portoit le ,sunwtum

quils appeloyent, y renversans l'intention dudit prévenu Tl^

xemnle^^^^^^^ "^V ^"" '' '^'^^^^^ ^'^-^^ P-- ^ comme Z

taTe™onT' ' T '''^''* P^^ ^^'^P^'^ ''' P-«'^« -futaie prononcées par le prestre en la messe le corps de Christ fust

en 1 hostie, gros et grand comme il estoit en l'arbre delacro x

le Vaudois respondoit que non, Veileti couchoit sa réponse ains

gn tlavou confessé rju.'l ne croyait point en Dieu, ou dtT moins son

cribe sous son dictât. Item, enquis s'il ne faut pas invoquer Tes

samcts ; s'il respondoit que non : ils couchoyent par escrit aulî

^oit mesdit et mal parlé des saincts. Enquis s'ilTu sa Lr la

Vierge Marie et la prier en nos nécessités ; s'il respondoit que Ton

lis escrivoyent qu'il avoit blasphémé contre la Vierge Marie (0 "

Veyleti mouiut en 1487 ; mais la mort de cet inquisiteur n arrêta point la fureur des bourreaux ; l'année i488 fut au contraire témoin d'une croisade générale contre les Vaudois des Alpes.

Les Vaudois, pour fuir les persécutions de Veyleti, s étaient rel.res sur les sommets les plus inaccessibles des Alpes, ceux de 're.ssm.ères, aux Clots. au Parc, à Valhaute Lagout, a Ahbrand, à la Jaline ; ceux de Pallons et de Champcella, a Valhaute. au Fanjas ,.). Le clergé catholique lesolut d en finir avec celte poignée misérable de fu-^itifs Dans ce but. en ,487, le pape Innocent VIII donna à

(i) Histoire des Vaudois, p. 127 et laS Ppi-ri., o ^^ • . les documents qui, <,„„'„^. que ous Lee ûs contfn ' 7"°"" """' '""' qu'il fait eonnartre, proviennent de l^rchëv^é d'ÊLbTu„'''T™'',''"' d'un mcendie, ils furent, au temps de Lesdi/u ères jt érda^^',, ""' °"

coupaMe'f;oi"SHe"''v;n''ro '*'''''•,''■■""• "-""""' ""^ '" <=<"»P'aisa„ce rigueur. '"' ■"*"''' "' ''«"^cutions jusqu'à la dernière

Albert de Capitaneis (i), archidiacre de Crémone, son légat et commissaire général, une bulle ayant pour objet l'extermination des Vaudois. Cette bulle importante, témoignage «discutable et indiscuté de l'acharnement et de la férocité du clergé catholique, mérite d'être rapportée. "

Innocent, Évoque, Serviteur des Serviteurs de Dieu, à nostre Fils bien aymé Albert de Capitaneis, Arelii-Diacre de l'Église de Crémone, nostre Nonce, et Commissaire du Siège Apostolique, es Seigneuries de nostre clier Fils le noble homme Charles, Duc de bavoye, tant de çà que de là les Monts, et es Villes de Vienne au Dauphme, et de Sedun, y compris le diocèse et lieus circonvoisins salut et Apostolique Mnédiclion.

Les principaux souhaits de nôtre creur sont de nous efforcer, d une étude assiduelle, de retirer du précipice des erreurs ceus pour le salut déquels le Souverain créateur de toutes choses a voulu luymème souffrir les dernières misères de la nature humaine et de prendre soigneusement garde à leur salut : Nous à qui il a commis la charge et gouvernement de son troupeau, et qui désirons avec ardeur que la Foy Catholique triomphe sous nôtre Règne et que la malice de l'hérésie soit extirpée des terres des fidèles

Nous avons entendu, avec un déplaisir très grand, que certains * ils d Iniquité, habilans de la Province d'Ambrun, etc.. Sectateurs de cette Ires-pernicieuse et abominable Secte d'hommes malins, appelles l'ouvres de hjnnoxi I a„rfo« (laquelle s'est malheureusement depuis longtemps élevée dans le Piémont, et lieus circonvoisins par la malice du Diable, qui d'une industrie mortelle s'efforce d enlacer en des facheus détours et dangereux précipices les brebis dediees au Seigneur, et finalement les conduire à la perdition de leurs âmes) qui sous une fausse apparence de sainteté, et abandonnes a un sens réprouvé, ont une très grande aversion de suivre le chemm de la Vérité, et que pratiquant certaines cérémonies superstitieuses et hérétiques, ils disent, font, et commettens beaucoup de choses contraires à la Foy Orthodoxe, déplaisantes aux yeux de sa iMajesté Divine, et très dangereuses en soy au salut des âmes..

(» Certains auteur», francisant son nom, l'appellent Catanée.

oblige, desirans arracher et déraciner absolument de l'Église Calhohque celte maudite Secte, et ses Erreurs exécrables cy-de sus men lonnees, de peur qu'ils ne s'étendent pins outre ; et que pa eux les cceurs des fidèles ne soient mortellement corrompi's e pour réprimer telle hardiesse téméraire ; Avons résolu d'y faire ous nos efforts, et d'y emploler tous nos soins, et nous confians spécialement en Dieu, touchant vôtre Doctrine, vôtre maturité de Jugement, votre zèle pour la Foy, et expériences es affaires, el semblablemcnt espérans que vous mettrez en exécution, avec pr^ bite et prudence, tout ce que nous avons jugé à propos de vous commettre pour extirper telles Erreurs, Nous avons trouvé bon de vous destiner par ces présentes nôtre Nonce et Commissaire du feiege Apostolique, pour cette affaire de Dieu et de la Fov es Seigneuries de nôtre cher Fils Charles le Duc de Savoye, et en la Vil e de Aienne au Dauphiné, en la Ville et Diocèse de Sedun et en toutes es Villes, Cités, Terres et Lieus qui en dépendent, Jfl„ que vous fassiez en sorte que le même Inquisiteur soif reçu et admis al exercice libre de son Office, et que par vos remèdes oporluns ^ous induisiez les Seclalei.rs très-abominables de la Secte des Vaudois, et aulres entachés de .elle hérésie quelconque, à abjurer leurs Lireurs, et obéir aux Commandemens du même Inquisiteur El afin que vous puissiez d'aulanl plus facilement effectuer cecy que vous aurez receù de nous plus de puissance et d'aulhorilé ; par la eneur des présentes nous vous concédons une pleine et entière heence et authorité d'adverlir et instamment requérir par vous par un aulre ou par d'autres. Ions les Archevêques constitués aii l)uche, au Dauphiné, et es lieus circonvoisins (lesquels le trèshaut a appelé pour travailler avec nous) et en vertu de la sainte obédience leur commander qu'unanimement, avec vos vénérables I-reres les ordinaires des lieus, ou leurs Vicaires, ou officiaux généraux es Villes déquels vous trouverez bon de procéder a ce que dessus, el exercer l'Office que nous vous avons enjoint, et qu'avec le susmentioné Inquisiteur, homme très-docte, d'une ferme foy, el cl un zèle ardant pour le salut des àraes, ils ayent à vous assister es choses cy-dessus dites, et tous ensemble avec vous, h procéder a leur exéculion, à prendre les armes contre les sus-dits Vaudoi. et autres hérétiques, et d'une commune intelligence à les écraser

comme Asp.cs venimeux: à procurer soigneusement que les peuples a eus commis persistent, et se fortifient dans la confession de la vraye Poy : et pour une si sainte et si nécessaire Extermination et dissipation de ces mômes liérétiques, à appliquer géhéreusement tous leurs efforts, a y apporter tous leurs soins comme ils v sont obliges, et finalement à ne rien omettre de ce qui peut servir à ce

Q6SSGin.

De plus de suplier nostrc très-cher fK-re en Clirist Charles e tres-IlUistre Itoy de France, et nos bien-aimés Fils les Nobles hommes Charles le duc de Savoye, les Ducs, Princes, Comtes e seigneurs Temporels des Villes, Terres et Universités des sus-dits .eus et autres, les Confédérés de la haute Allemagne, et généralement tous les autres fidèles de Christ en ces Paîs-îa, qu'ils a4nl a prendre en main le bouclier de la Foy Orthodoxe laquelle^ on professée en la réception du sacré Baptême, et la 'cause de ^ot^e beignenr Jésus Christ par qui les Rois régnent et les seigneurs dominent : et à prêter secours aux mêmes 'suÏdH Archevêques, Evêques, à vous, et à leurs vicaires ou ofilciaux généraux, et à l'Inquisiteur, par faveurs opportunes, et leur bras séculier selon qu'ils connoitront estre expédient pour l'exécution d une SI nécessaire et salutaire perquisition ; et à s'opposer clu rageusement à l'encontre de ces mêmes trl-s pernicieus h'Xies pour la deffense de la Foy, le salut de leur Patrie, leur pire Conservation e celle de leurs sujets; et finalement qu'ils fS

iTfrr ;::;:;:. -''''"""'"'' *' '^^'''-^^ -'~"' "« •--

Et si vous jugez à propos que tous les fidèles des dites contrées portent dans leur c«,ur et sur leurs habits le signe de la Croix Im faire pour les encourager à combattre constamment ces mêmes hérétiques, de faire prêcher et annoncer la Croisade par Prércateurs propres de la parole de Dieu, et de concéder que ceux qui se croiseront et combattront contre ces mêmes hérétiques Z y contribueront, puissent gaigner indulgence plénière e? rémissio^ de tous leurs péchés une fois en leur vie et pareillement à .article de la mort, en vertu de vôtre commission cv-dessus. I)e côm! mander en vertu de sainte obédience et sous p^ine d'excommunication majeure à tous prédicateurs capables de la paroleT D^eu Séculiers et réguliers, de quel .ordre que ce soit (m'ême des met

l'êr^'rHT*'""''"'^*"""'1"'"^''y«n' •'• «'"■"«'•et inciter les mêmes fidèles à exterminer sans resource par force et par armes cette peste, afin que de toutes leurs forces et facultés, ils sWi blent pour repousser ce péril commun. De plus d'absoudre cel qu. se croiseront, combattront, ou à ce coniribueront, de tout

Valgnichard en la fo^lnau é de Bobi a,^ro%-' ' "'' "'f'"'""' "*" ils leur emplirent de poudre les oreîlles Inl 1 T"'" P".'"' '°''''"'' et puis y a^jans niis if fe», leur fe^ten la Tte eVr^ '." "^T' cerve,.s^par eette nouvelle soHe de mine"",', '(GrurreZiteTîi.':

sentences, censures et peines ecclésiastiques tant générales nue particulières, par léquelles ils pourroient être liés en telaue manière que ce soit (exceptées celles qui auront esté spéciaTment données depuis ce jour,ausquelles il faudra premièrement sIlS ou pour le moins, avoir le consentement de la par^\^r^

Comme aussi de leur donner dispense sur lefail de l'irrégularité es choses divines, ou par apostasie quelconque, et d'accorder ou composer avec eux touchant les biens qu'ils auroient furtivement amassés, mal acquis, ou tiendroient douteus, les convertissant es frais de l'extirpation des hérétiques. Pareillement de commuer tous vœux quelconques faits, même avec jurement, de pèlerinage, abstinence et autres (exceptés cens de chasteté, d'entrée en religion, de visiter les saints liens, les sépulchres des apostres et l'Eglise de S. -Jacques en Compostelle; à ceux qui viendront pour combattre, ou à ce contribueront, et qui donneront vraysemblablement ce qu'ils auroient dépensé pour accomplir leurs pèlerinages, ayant égard aux éloignemens des liens et conditions des personnes selon que sur ce il vous semblera bon, et aux confesseurs idoines députés par vous à cet effet, cependant d'élire députer et confirmer en nôtre nom, et de celuy de l'Église Romaine' un ou plusieurs braves chefs de guerre sur ces croisés, et cette armée assemblée, de leur enjoindre et commander qu'ils ayent à prendre cette charge, et de s'en acquiter fidèlement pour la gloire et deffense de la foy, et pareillement que tous les autres ayent à obéir a luy, ou à eux. De. concéder à un chacun de s'emparer licitement des biens quelconques meubles et immeubles des hérétiques, et de donner en proye tout ce que les hérétiques mèneront ou fairont mener aux Terres des catholiques, ou ce qu'ils en retireront. De commander aussi à tous cens qui sont au service des hérétiques, en quels liens que ce soit, qu'ils ayent à s'en retirer dans le terme par vous à eus assigné, sous les peines qu'il vous semblera bon. De les admonester et de les requérir, et les ecclésiastiques et séculiers quelconques, de telle dignité, âge, sexe ou ordre qu'ils soient, que sous les peines de l'ècommunicalion, suspension ou interdit, ils aient à obéir avec respect aux mandemens apostoliques, et à s'abstenir de tout commerce avec les sus-dits hérétiques. Et par la même authorité, de déclarer qu'eux et tous autres quelconques, qui seroient tenus et obligés par contrat, ou autre manière quelconque, de leur constituer, ou payer quelque chose, n y sont pour l'avenir aucunement obligés, et qu'à ce ne peuvent estre contrains en façon que ce soit. Et de priver tous ceux qui n obéiront à vos admonitions et commendemens, de telle dignité estât, degré, ordre et prééminence qu'ils soient, à scavoir les

ecclésiastiques de leurs dignités, offices et bénéfices, et les séculers de leurs honneurs, titres, fiefs et privilèges, s'ils persistent dans leur inobedienee et rébellion; et de conférer leurs bénéfices a d autres pesonnes qui en soient dignes, telles que vous jugerez a propos : même à cens qui sont déjà en possession de bénéfices ecclésiastiques quelconques, ou en attendent, sans avoir égard au nombre et qualité des dits bénéfices. Et de déclarer les susdits privés, pour jamais infâmes et inhabiles à l'advenir d'en obtenir de semblables ou d'autres. Et de fulminer toutes sortes censures selon qu a vôtre advis la justice, la rébellion, et inobédience 1 exigeront. D'infliger l'interdit et de Toster, ou pour .lamais, ou le suspendre pour un tems, selon que par bonnes causes et respects il sera expédient : et connoître estre utile ou nécessaire principalement aux jours esquels il faudroit peut-estre publier les indulgences, ou prêcher la Croisade. Et de procéder simplement et d'abord sans bruit et forme de justice, ayant égard seu ement à la vérité, contre ceux qui, en public ou en cachette, portent a ces mêmes hérétiques et à leurs complices des vivres des armes et autres choses prohibées, et les assistent, et protègent' conseillent et reçoivent, et qui en façon quelconque empêchent' ou troublent l'exécution d'une salutaire entreprise. Et aussi de déclarer tous et chàques transgresseurs faisans telles choses avoir encouru les censures et peines tant spiritueles que temporeles infligées de droit.

D'absoudre et rétablir cens qui se repentiront et voudront retourner au premier gyron de l'Église, encor bien qu'ils auroient prête serment aux hérétiques de les favoriser, auroient esté à leur solde et auroient administré aus mêmes hérétiques des armes la passade, les choses nécessaires au vivre et autres choses prohibées pourveu que prètans serment tout contraire ils promettent de s en abstenir soigneusement, et d'obéir à nos commandemens, à ceux de l'Eglise, et aux vôtres, quoy que ce fussent communautés, Universités et personnes particulières, de tel estât, ordre, ou prééminence qu'ils soient, et en telle dignité ecclésiastique ou civile qu Ils puissent estre élevés ; et de les rétablir et remettre en leurs honneurs, dignités, offices, bénéfices, fiefs, biens et tous autres («roits qu Ils possédoient auparavant. Et de concéder, disposer exercer, faire établir, ordonner, commander, et exécuter toutes

oportunes a ce Ue affaire salutaire, encor qu'elles seroient telles

SLnnT "" ^°"""-''--' «P-a'- et „e sl:;^^ 2Z^JL ■"" ^'""'"'^^"'" S-^'^^^'e- Et de repousser par

ZZàTaZlT r^' '* """■" '''™''"'^ "P"'-'"- '•» droit, sans e„ard a appel quelconque, tous ceus qui y contrediront, et en cas

le besoin d'appeler à vous le secours du bras séculie . Et nous voulons que tous privilèges, lettres et induits apostolique quel conques par nous concédés en général ou en particu ^r ou en la

soif soient tenus pour lettres non faites et concédées en tant

rsalTaCTa"' ''"'''^'' "" ™"'^'"'^ ''""«^ <^- prévois Ë lesdtclarons sans vigueur, comme aussi toutes autres choses uuel

conques contraires, ou s'il «voit esté accordé du ' U^ sus dU à SnTe^d";:: t^™'"' - - P-tlcuner, qu'ils nt "sten li^ tl n?;- '" P""""^' "" «^^communiés, ou privés <Ie leurs dignités ou bénéfices, ou chastiésde telle autre peine quelconoue s. par les lettres aposloH,,ues n'est fait une pleine ërentl^ mention mot à mot d'un tel induit

Quant ù l'absolution .le tous et un chacun ,1e' cens '„„i oni encouru ou encoureront en manière quelconque notre die seû fence d'Ecommunicalion, nous le réservons seulement à nous ou au supérieur par nous député. '

En i488, la croisade ordonnée par Innocent VIII commença et elle exerça ses ravages sur les deux versants des Alpes.

Depuis longtemps, la persécution avait sévi dans les vallées du Piémont et. suivant le mot de Periin, il ny avait pas de v.lle dans cette province qui n'ait vu le Supplice d'un Vaudois (I) ; mais jamais cette région n'avait été le théâtre d'une

(I) Perrin : (Histoire des Vaadois) n i-ît «f ,k^

- i«9 persécution générale semblable à celle que le légat du pape

rrr: ; '°"" ? "''' ^"'-' '^ CapUaneis,VL ele de ,8.000 homme de troupe et d'une foule de Piéinon-

tais, ,, qm accouroyent au pillage de toutes parts „

Zt ? "'f n^"^^°^"^' ^"^^-' ^« P--- Sain :

lient de "'. T ?""' ""' '"^^^'°"' '''^ ^^-'>°- -lurent de se défendre ; ce fut surtout dans la vallée d'An-

grogne qu ils firent résistance victorieusement. Ils s'étaient embusques dans les étroits défilés, où peu d'hommes pouvaient passer de front, et, après s'être couverts de cuirasses en bois, I s attendirent l'ennemi. Quand celui-ci se présenta ds le criblèrent de traits avec leurs arcs et leurs arbalètes, pendant que leurs femmes et leurs enfants à genoux invoquaient e Ciel. Repousses, lessoldatsdulégatrollèrent, Zs

broui 1' ;." """ '"''"" '' ^'' P^^'^'P''^- = "" épais brouillard de montagne, qui s'éleva subitement et dans lequel

les hérétiques virent une intervention divine, acheva de les perdre dans les abîmes (2). « Les Vaudois prenans courage

mandés. lorZu^^Lnté/T^^Jl 7 1^ «"'<"«- I'"">aje Us aurai

dois nlussaient avec «n Tf^e di»l3. "" """ '*' ""'"'^ "" '^'"■

du front et quatre ranJrd.dJ'.'- " '»""•""■ '«"' »i' au milieu trer ces enfa'ntspou.Te convaincre d'eT'IT' V """'' '' " <■"'"" '"' '°°"quMl déclara alors nl„ avITara" /„ . dln"; 't """"^ '''""^^ '' «'' "- En i5oo, i«a.guerite de Pot^v. j '^ '"'"'"''"' ''<"»'«»^ *■»!'» »•

l'instigation duTerge, exefcé de ^011," """'"" "'' ^'""'=<'^' "''""'' * dois de ses états ceni cTJ?., '"°'^""'' Persécutions contre les Vau-

Luzerne. Ipre ;ro";Ii„emeûT™ ?'",'*''"' '''"" '"' "="'' "> -»"- de portes de leur pays il léri f"" " '" '""'■''"'''' ^' '"-"^ ™»"ir les

s'imposan, par fa crainte ""' " ""'" "'"''' *' «""•*-»' ->-^'

donnèrent la chasse aux ennemis, en sorte que tous esperdus et ne voyant point où ils s'acheminoyent, la plus part se précipita, et s'enfuit en route : quittans leurs armes et le butin qu'ils avoyent fait, entrans en la vallée où ils avoyent respandu le vin, les farines, et chargé leurs valets de feurs plus précieux meubles (i). »

Le duc de Savoie intervint alors pour empêcher le légat de continuer ses attaques en masse contre ses sujets, laissant aux inquisiteurs le soin de continuer leurs persécutions individuelles.

Albert de Gapitaneis se vengea de sa défaite sur les Vaudois de la Vallouise : de l'autre c(^té des Alpes la croisade eut, en effet, malheureusement, une autre issue que sur le versant oriental.

Le légat avBit demandé et obtenu l'appui du lieutenant du roi en Dauphiné, Hugues, comte de Varax, sieur de la Fallu. Celui-ci, assisté d'un conseillera la cour de Grenoble, Jean Rabot, délégué royal, se mit en campagne.

Ils s'étaient donnés rendez-vous avec Albert de Gapitaneis à l'Argentière-sous-Briançon. Le légat arriva le premier à Briançon : il y fit mettre à mort douze Vaudois ; ce fut le signal des massacres.

Tout fuyait, d'autre part, devant Hugues delà Fallu, Jean Rabot et leurs bourreaux : à Fressinières, ceux-ci surprirent les habitants avant qu'ils aient pu s'enfuir et les massacrèrent tous jusqu'au dernier.

A l'Argentière les trois complices se trouvèrent au rendezvous. G'était la Vallouise qu'ils allaient frapper et de laquelle, en effet, grâce à un forfait monstrueux, ils allaient extirper à jamais l'hérésie.

(I) Pbhrin ; Histoire des Vaudois, p. 154.

Les habitants de cette vallée s'étaient enfuis et avaient cherche un refuge dans les mêmes cavernes où, en i3q3 Montmaur et Borelli avaient brûlé et étouffé leurs ancêtres' Is espéraient sans doute que, dans ces sauvages retraites, on les oublierait. Les bourreaux ne les oublièrent pas

Le légat du pape, le lieutenant du roi et le conseiller au parlement firent cerner les cavernes et firent périr tous les fugitifs par le feu : hommes, femmes, enfants, il y eut trois mille victimes. Mais laissons la parole à Ferrin :

ArrivéMla Pallu et ses complices; en la dite val Loyse, il ne rouverent aucun des hal>itants d'icelle à qui parler car ils s'e toyeïit tous retires au haut de la montagne dans des cavernes, y ^ porte leurs petits enfants et tout ce qu'ils avoyent de plus pLeux et propre pour s'y alimenter. Ce lieutenant de Roy fit aSpZr quantité de bois à l'entrée des dites cavernes et y mettre fefën tellement que la fumée qui les estouffoit ou le feu qui leTl rusloii on contraignit grand qnantité de se précipiter du H d^ Ï cavernes en bas sur des rochers ou ils demeuroyent morts brie et en pièces ; et s'il y en avoit quelqu'un qui se remuast, i toi promptement achevé d être tuépar les soldats du dit Conte de Va av sieur de la Palu. Ceste persécution fut extrême; car on t ouva dans les dites cavernes quatre cens petits enfants e touffes en leurs berceaux ou entre les bras de leurs mères mortes. Cela a esté tenu pour chose certaine entre les Vaudois des vallées circon ^iS quil mourut alors plus de trois mille personnes de la dite X hommes ou femmes. Et de fait ils y furent entièrement exterminés' en sorte que depuis ce temps-là que la dite vallée fut peup~è nouveaux habitants, il n'y a eu aucune famille des dits Vaudo^ql' y a t pus pied : preuve certaine que tous les habitants d'icelle de tout sexe y moururent en mesme temps (i).

Les bourreaux n^eurent nullement honte de leur crime et dans le procès-verbal dressé par eux de la persécution, ils

(i) Histoire des Vaudois^ p. i3o.

avouent que les hérétiques de la Vallouise, « plus opiniâtres obstinés et rebelles », que les autres, furent livrés au bras séculier et que, s'étant réfugiés dans la colline de l'Allée Freyde, « ils y furent attaqués et traités comme rebelles à force armée par les dits commissaires du roi et la cour du Dauphiné, voyant que leurs exhortations étaient inutiles, confisquèrent leurs biens ».

Quant au roi Charles VIII, d'Angers, le aS juin .489, il ecrn it à son « ami » Hugues de la Fallu pourapprouver sa conduite, le meurtre des Vaudois et la confiscation de leurs biens ! Cependant, après le massacre des Vaudois de Vallouise leurs coreligionnaires de Freissinières et de Pragela résolurent de se défendre et de vendre chèrement leur vie. Sans doute sur les conseils du légat qui se rapi.elait son désastre d'Angrogne, la Fallu, devant cette énergique attitude, crut devoir battre en retraite.

Capitaneis, lui-même, quitta le Dauphiné et fut remplacé comme inquisiteur par un moine franciscain, François Floireri (1489). Celui-ci, conformément à la tradition léguée par Borrell.et Veyleti, s'empressa de convoquer à peine d'excommunication tous les hérétiques devant son tribunal siégeant à Embrun ; à cet effet, pour lier à sa cause la justice civile, il se faisait assister d'un conseiller au parlement de Grenoble nommé Ponce, « afin que ce jugement mixte fust sans appel »' Pour justifier son excommunication, ses menaces de confiscation et de bûcher, il publia en trente-deux articles les reproches faits aux Vaudois. C'était, entre autres choses, la repetition des folles calomnies dirigées contre les hérétiques, auxquelles il en avait ajouté de nouvelles, comme celle-ci • la secte vaudoise aurait approuvé l'inceste !

Parmi les nombreuses victimes immolées par le nouvel inqmsiteur, se trouvèrent, en ^92, deux barbes, Pierre de

les ongles, et pûu on Ûl^râLl Z"" T"^' "" '"^ ""'^ha tous oreilles e c. avec l" ooinll 7 ■'"" j" "■""* ^'-™»i"'. Pi^^>

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Jacob et François de Gerondin. Ce dernier aurait dit, dans ses interrogatoires, entre autres choses, d'après Ploireri, que la vie débauchée du clergé catholique était la raison de Textension de l'hérésie, a que la vie dissolue des prêtres en estoit cause, et que parce que les cardinaux estoient avares, orgueilleux et luxurieux, estoit chose notoire à un chacun qu'il n'y avoit pape, cardinal et évesque qui n'eust des putains, peu ou point qui n'eust son bardache, avec lesquels ils exercent leurs bougreries » ; et, par une étrange contradiction, l'inquisiteur fait dire au martyr qu'il approuve la luxure! Sans doute, Ploireri suivait les conseils de l'archevêque d'Embrun et faisait tout à la fois les demandes et les réponses, en les arrangeant suivant les besoins de sa cause.

Ploireri et ses deux assesseurs, le conseiller Ponce et le juge Oronce, en des décisions sans appel, envoyèrent au bûcher une foule d'hérétiques, u et ce qui plus augmenta le nombre des persécutés fut que quiconque se mesloit d'intercéder pour eux, quoi que ce fust l'enfant pour le père ou au contraire, estoit promptement emprisonné et son procès formé comme fauteur d'hérétiques ».

En 1494, ces bourreaux furent remplacés dans leur tâche par Antoyne Fabri, docteur et chanoine d'Embrun, et Christophe de Saillens, chanoine et vicaire de l'évêque de Valence, qui « eurent commission du pape pour agir contre les Vaudois du Dauphiné, autrement dits Chagnards ». En 1497, ^^ nommé Rostain fut élevé à l'archevêché d'Embrun.

Ce prélat fit tous ses efforts pour que le roi Louis XII ne rendît pas justice aux Vaudois qui s'étaient adressés à lui (1498).

Malgré cette intervention, le roi Louis XII soumit l'affaire à son grand conseil et chargea des commissaires royaux de faire une enquête sur la situation des Vallées (1499).

L'archevêque Rostain usa de tous les moyens pour faire échouer cette enquête menée pourtant par des prêtres, mais ce fut en vain; le 12 octobre i5oi, Louis XII expédia de Lyon des lettres patentes par lesquelles il ordonnait la restitution aux Vaudois de leurs biens confisqués. Le roi de France était si bien convaincu que les hérétiques des Alpes étaient d'innocentes victimes qu'il obtint pour eux du pape Alexandre VI une bulle les absolvant de toutes leurs fautes, simonie, larcin, vol, meurtre, usure, adultère, etc., une bulle absolvant (c quiconque aurait commis crimes pour énormes qu'ils fussent ». — « Les pieux chrétiens des Alpes, dit à ce sujet Al. Muston, durent être bien étonnés de la munificence du Saint-Père, qui croyait apparemment qu'on vivait partout comme à Rome (i). »

Rostain, le clergé, les seigneurs résistèrent obstinément aux ordres du roi, bien qu'ils eussent été renouvelés en i5o6 ; jamais aucun d'eux ne restitua aux Vaudois aucun des biens confisqués (2).

(i) Histoire des VaudoLs, t. I, p. ;;. Qu'on ne l'oublie pas, Alexandre VI était cet infâme Borgia, qui avait fait de Rome une monstrueuse Sodome dégoûtante de sang et de luxure, ce pape incestueux qui livra la chrél .ente a ses tils, a Gesar Borgia, à sa fille et maîtresse, Lucrezia, laquelle

l^Z "T^"'' ^,' ''''^''''' '' P'P" ^"' "^ «^ ^"« -«!-' P-'ler, assassiner tout en se plongeant dans d'infâmes débauches ; qu'on ne l'oublie

pas Alexandre VI succédait sur le trône pontifical à un Paul II qui torturait et faisait mourir de ses mains les platoniciens et ne nommait aucun e vêque afin de garder pour lui-même tous les revenus des évêchés : à un Sixte IV, dont la vie dépasse tous les récits de Suétone, aux mœurs contre nature, doté de tous les vices, qui. le fer a la main, conquit des principautés à ses bâtards, menaça de vendre les évéques rebelles à ses caprices comme esclaves aux Turcs: à un Innocent VIII qui avait livré Kome aux brigands, leur permettant tous les crimes moyennant finances ; qu on ne 1 oublie pas, en le nommant, les cardinaux avaient cru élire le plus honnête de tous les prélats!

(a) Las de souffrir, en 1488 et 1489, les Vaudois de Freissinières allèrent

s^^mT "v ^f^ ^" Italie; en i5od, une autre colonie de Vaudois français s établit a Valturata, de l'autre côté des monts.

Le seul résultat de l'intervention de Louis XII et de la bulle d'Alexandre VI fut de ralentir le zèle des inquisiteurs. La persécution, à laquelle les officiers royaux ne prêtaient plus leur appui, ne fit plus que de rares victimes.

Du reste, l'heure devait bientôt sonner où, las du joug de la Rome pontificale, écœuré de la scandaleuse conduite, des débauches et de la cupidité du clergé catholique, l'esprit humain, dans tous les pays, allait sortir de sa longue léthargie et plus heureux que dans sa révolte des xii*" et XIII* siècles, parviendrait, malgré de longues persécutions, à faire triompher dans la moitié de T Europe le principe de la liberté de conscience. Les Vaudois, qui, seuls, à travers les siècles, avaient lutté pour cette cause glorieuse, eurent la joie de voir partout surgir d'innombrables prosélytes pour défendre ces droits sacrés de la liberté humaine, dont ils avaient été, dans l'ère moderne, les premiers et héroïques apôtres.

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