rite de .Hoir découvert et mis en lumière - ces. ,„,e le
Arnauld de Brescia. ,ui avait « proclamé aux villes a hennés remissantes deux choses oubliées, la Bépubli" e IL a„g,,e « (,^, ,,ail mort sur le b.kher et l'Égl le
touïri-:"" "" '^^"'■■^ "" '-'«"' --■ 'Jéfinitivem
"œd ..H ?''"'""" '' '■-!-' '--!"• Klle pouvait le c o e autant mieux que, à la voix puissante de saint Berna d elle avait jeté foute l'Europe, trois cent mille comb . 'ants. sur la route de Jérusalem, quelle avait entraîne a h e.oisade le roi de France, lempeieur d'Aile uage et to leurs chevaliers, armés et équipés aux trais des pL:.:! se;;
C) Jarr,»: ta Bresse H le Bugey, ,. I, p. ^4.
et des artisans des villes, qui s'étaient saignés aux quatre veines pour payer les lourdes charges de la croisade. La croisade de ii/JS avait été la solennelle attestation de la toute-puissance de la papauté.
Mais la croisade était devenue un sanglant et lugubre désastre : saint Bernard avait promis aux croisés succès et miraculeux triomphe : le sort des armes et la destinée leur avaient réservé un épouvantable échec. Aux yeux des peuples la VOIX de l'Eglise était ainsi frappée de suspicion ; son omniscionce et sa mission divine ne pouvaient plus se montrer aux yeux des foules comme incontestées. Saint Bernard qui avait, comme toujours l'Église à travers les siècles, parlé au nom de Dieu, sentant le blasphème des nations en deuil s'élever jusqu'à ce Dieu, s'écriait douloureusement : « Que le murmure des hommes tombe sur moi, non sur lui. Je ne refuse pas d'être dans le mépris. »
Et Jarrin, qui cite ce mot, ajoute :
Ce n'est pas nous qui parlons de mépris, c'est saint Bernard. Un pareil aveu ne fut ni l'unique, ni la plus douloureuse punition de ce génie très haut, mais (rés et roi I et dur. De ce mépris qui s'étendit à son ordre, à l'Église elle-même, l'ainée des hérésies modernes, la secte vaudoise, germa. Elle germa à côté de nous (la Bresse et le Bugey), de l'un de nous peut-être (nous avons vu que Jarrin V suppose Valdo né à Vaux-en-Bugey;. Elle a fait fruit chez nous. Il y a à en dire ici quelque chose qui n'a pas été dit encore, parce qu'on n'a pas cherché dans l'histoire locale des renseignements sur sa naissance.
Si l'avortement piteux et honteux de la croisade avait dépopularisé partout ceux qui l'avaient prèchée, ]^s faits et gestes d'Héraclius, archevêque de Lyon, ne lui avaient pas précisément gagné les cœurs et les esprits dans sa ville épiscopale... {i).
(I) La Bresse et le Bugey, 1. 1, p. a56 et 25;. — Jarrin a bien raison, les historiens qui ont tracé les annales de la patrie et même de l'humanité se
Héradius était en lutte avec les comtes de Fore^ et Lyonnais • le conate Guy ayait battu les troupes archiépiscopale I~ ef v.c.o„eux, s'était étaMi au faul.ur, sZj.^ ;f 7o™S
Le lendemain de la défaite d'Iseron, continue Jarrin Tmv i-r . -
l'incendiaire ,«"12 I ,",'" "T ""T" "^ "'"•'^"' '^°"*les bourgeois et le erfs dl H L .?"■ *"'•' '' '*"" ^"''' ^"^
,ui eurent . suppor.eT.!: M^Zr '^ Ifés" ""'^ "--
réfugiaaccompagné de beaCr-ni:' .^^^^r^:»" T chartreuse de Portes (dans le BuRev) où il fut r! " " ^
Anthelme, depuis éyèque de Bellef ^iTe lu r» " IT ^"r (ses chevaux non, ,le„wl,s eomh.J iT; ^' ^''' P'^'*'"*'*
armée dans sa yil e éXnalë ,^' Ir Y "T™ '" "'"''''' '' •"«'» par sa sotte ambition '^^ ' ^''°"'''' '"'' ""^«^«''"= «' '"i-ée
Pour réparer ces ruines, Héraclins n.,,. i>„„ "e surent qu'augmenter 'le f»: Z'^'p^S irr""';^ accrurent ainsi la misère publinue Or Tenv "'• "'
n.e„ts qui sont ,1e 1138. la secte le. /l; J^ , / ""'"' "'' '^""'• événements, de cette misère ,1) "'''""""' * '■>'"" "«'I'"'» <le ces
sont toujours places sur un tlu-àirc «■troit ^., r. .• ,. c'est avec ces bornes é.roites devan ts UVo^il' "" ^""T "•"«"« «' événements et la marche <lu mo.ide Inl n ' ' ^'""'" J"»'"'' '"-•«
France, si l'on excepte .Miche"r ont ,2 ^ ""' ""' ™"' '"istoire de France: ils ont ignoré cel le T.Ju T" '''''*'"''•'' "" ''""-de-
les coutumes, la Me des peun e^de 1 /^ T- ""t "" '" '""■■''' '« «"œurs, Sogne, du Dauphiné, iritl^JeT^Z^^" Languedoc, de la Bourl ils ont eu à s'occuper de ce quïse passai ^en -, ' '^,'"" ' ""P"'''''""- des faits, raconté d'une façon sommair sa n's reche "■>" .17" """"","*'• '" '""' Les murailles de Paris, les plaides de laleauce et de irp! "]'' V^'"''' bien connu que cela et ont été tenf..« ,1. " Picardie, ils n'ont
de toute la France. Notre lltore"aro'„"r ■'f '"' """' "' '» «''"■«
lefaire avec les elémentTqu ilu™"' ieâ lerlr"™!*'''"' """" ' toutes nos provinces. 'ourniraienl les cahiers de l'histoire de
(i),ia Bresse et le Bugey, t. I, p. 35; et a58.
Deux faits viennent justifier la thèse de Jarrin que la misère publique créée à Lyon par les archevêques fut une des causes déterminantes de l'éclosion de l'hérésie nouvelle ou tout au moins du succès que rencontra le prêche de Pierre Valdo dans la population lyonnaise. Le premier, c'est que l'hérésiarque entraîna très promptement à sa suite une foule de pauvres gens, d'oii peut-être le nom de ses disciples, les Pauvres de Lyon. Le second est exposé par Jarrin lui-même qui le tire des doctrines mêm^s proclamées par Valdo.
Que disait celui-ci? Le \;>ici :
L Eglise romaine est la grande Babylone de TApocalypse... Les papes et évèques sont tous, à cause de leurs guerres, des homicides... Les moines sont des pharisiens... Nul dans l'Église n'est supérieur aux autres .. Les dîmes seront refusées, il n'y en a pas dans l'Église primitive... Le clergé sera dépossédé (de par le texte du Deutéronome, XXVllI, qui interdit la propriété aux Lévites)... Les droits rëyaliens seront aies aux éxèques...
Et, après avoir cité ces maximes de Pierre Valdo d après le dominicain Reinerius, qui écrivait moins de cent ans après l'éclosion de cette secte, Jarrin, qui est, qu'on ne l'oublie pas, un historien essentiellement bugiste et bressan, conclut :
Ces textes ne viennent pas peu à l'appui de ce qui a été vu et dit plus haut, à savoir qu'il y a eu dans l'éclosion de la secte vaudoise à Lyon une cause locale. C'est quatre ans avant les « presches » de Pierre de Vaux que Frédéric Barberousse a concédé à Héraclius ces droits réf/aliens qu'on lui conteste ici. C'est deux ans avant et pour revendiquer ces droits qu'lléraclius a fait tuer à Iseron l'élite de ses sujets, puis a fait metlre sa ville à sac. Ce n'est pas à cause de leurs guerres en général, mais à cause de cette guerre-là en particulier dont Lyon saigne encore, que ses pauvres Ensabotés (c'est l'autre nom des disciples de Valdo) ne veulent plus des évèques homicides...
Elles arrivent plus ardël on i^ ."""'"" ^"^-^'^ ^""loi^^ «elles prémices' uJ.:^;dtada„sT; T '""'' ''"«">- o»
•- — .-e ...e '- -r i' -Xe^ne-Krlu^ï:
poignard, d,„, ,, pS T^r Xn? l ^"""•' '■°'"''- ''"'^^^ esmamsde Villhemi,, Roche ÂIZ'aT , ?"""'' ''' '"^ "•■"""L par les parties l.onleuses, puis Tuv Sf ''' 'u""''"''' "' '"^ conpèrenî plave afin ,„e brûlant îa supeifie™ de a'Xve r"''"'; ""'""'' -"'-'» empêchât la grande e(r„sioi do sanc ell^' ':° "" 1'" ^'> ''<'■■"><'" plus longtemps avant cp,e do mo„"f; U'r "" ™ '^''' " P""anguir
ongles avec des tenailles! pour lTl";àVe,;i''"°' °" '"' "^'•acha les mais voyant qu'il lenoit touiours Ferm„ m r ^ ^'"'"■<' » S" religion avec une longue corde au mu^il duj^lZl ,' ',''""^''-«"' Par un^pied en celte posture par les rues, ju nueTà cl ?, "> \T""' '' '" '"'""èrent ■Is lu, cerclèrent la tOte ave^Ze corde '''''- "' P^?')"" ■"«''. alors façon c,u ,1s lui firent sortir les veuv eî il ' ', ' f '■'"*'"''"' '''"«e telle jellerent dans la rivière, afin q^e | „„ et Tf" .'^? '" '^"=' "' P"'^ '« •emcgner contre ces ^^ons..,' ; ^^J :::;^^^tr!t Z^^
i-V*^--<yv .<"^ï?"
préciser, c'est que l'hérésie est fille d'un de nous, lequel a grandi au milieu de trois couvents souverains; c'est qu'elle a fait explosion dans notre mélropole alors gouvernée par notre évêque, à l'heure où son gouvernement vient de subir un grave échec et de provoquer un grave désastre; c'est qu'elle n'a été, à ce début, qu'une attaque déterminée contre cet établissement politique, vieux alors d'environ trois siècles, la féodalité ecclésiastique (i).
La misère publique qui pesait sur le peuple lyonnais par suite des folies guerrières, des vexations des archevêques, par suite de l'accroissement des dîmes, telle a donc été la cause déterminante du prodigieux et rapide succès, en son berceau, de l'hérésie de Pierre Valdo qui, en ces siècles de lourd despotisme et d'abrutissante servitude intellectuelle, était une revendication des droits imprescriptibles de l'homme à la liberté, à la justice, à l'égalité et, comme la prédication d'Arnauld de Brescia, tout à la fois un réveil de Tesprit humain et une révolte de la conscience opprimée.
Quel était l'homme qui allait être le prédécesseur lointain de Luther et de Calvin, l'hérésiarque qui, au xii" siècle, allait avec courage et éclat prêcher la révolte contre le formidable despotisme de la papauté alors souveraine indiscutée du monde ?
Pierre Valdo était certainement, — nous croyons l'avoir prouvé, — fds d'artisans lyonnais et lui même, au dire unanime des auteurs des temps les plus rapprochés de lui, un riche marchand.
D'autre part, ce fut, — le fait paraît aussi certain, — de I i6o à 1 170 qu'il se déclara et commença à prêcher sa doctrine (2).
i (i) La Bresse et le Bugey, t. I, p. 260 et 261.
(a) C'est l'avis de tous les auteurs les plus anciens qui ne varient guère entre ces deux dates. Voir sur ce point Muston ; Origine des VaiidoiSf
Au dire de Paradin. il était ,, „n des plus riches de la cité et hab>ta,t la rue de Vendrant. depuis rue Mauldile ,. On a même écrit que c était un homme de plaisir (i)
Marchand, il entretenait, - ce qui prouve l'antiquité des rapports commerciaux entre Lyon et la Haute-Ilalie — des relations avec la région des bords du Pô (2). Grâce à ces relations il aurait eu connaissance des doctrines des Vaudois refug.es dans les Alpes, et, séduit par leur pureté, il les aurait non seulement adoptées, mais encore proclamées. Ces doctrines, comment en eut- il connaissance? Faut-il dire avec M. de Rochas (3). que, né en Dauphiné, il aurait passé une partie de sa jeunesse dans les Alpes et serait ensuite venu à Lyon ? Cette hypothèse est bien invraisemblable, d'abord parce que probablement il n'est point né en Dauphiné et que, dans tous les cas, il n'est certainement pas né dans la partie montagneuse, où habitaient les Vaudois ; comme Jarnn, M. de Rochas se méprend, à notre humble avis sur les mœurs du x„e siècle, en croyant que. à cette époque comme au x.x- siècle, les enfants des campagnes reculée venaient dans les grandes villes chercher fortune
11 vaut mieux admettre avec la presque universahté des auteurs que Pierre, appelé en Italie par les besoins de son commerce, traversa. peut-être à diverses reprises. - la région des Alpes occupée par les Vaudois et que, mis en com-
s''uMe:Ue/","s-a:pu"'^u "n'f ' """"""^^ ""^ -J-'l-s-uns des auteur,
Pbrh^ daâ son'^Zorll T'T '""'""P""'"' de Pierre Valdo. Valdo commença JûI'eT;:/;^,* '="" "" "■" ^■-'^- '^'^ 1-
«) Voir Jarh.x : la Bresse e, le Bugey, t. I, p, =59.
(» Voir Musro.v : Origine des Vaudois, p. ja.
(3) Les Vallées i'audoises n fiî t>t a\ »* j t^ il veut que Pierre Valdo sr/t h t ~ ^' ^^ ^^^^^" ^^^ dauphinois et veut que ValZ soit sorti d.^""^''' ^'^ •^^"'^ ''' ^' ««"^^ «t il excusable • "' ^" '^ ^^^"^"^^ = amour-propre national bien
municalion avec eux, il fut converti par eux à leurs doctrines.
De retour à Lyon, sa conversion fut précipitée par un de ces événements qui, lorsqu'ils arrivent à certaines époques critiques de la vie, suffisent pour donner un cours nouveau à l'existence d'un lionime. Dans un souper, un de ses amis tomba frappé de mort subite (i). Cet événement lui fit faire des réflexions sur la vanité des choses du monde et le détermina tant à proclamer le dogme réformateur, auquel il était converti, qu'à distribuer tous ses biens aux indigents.
Ces choses sont-elles certaines? On no pourrait l'aflirmer et nous croyons que Muston a eu raison d'écrire :
Ses affaires de commerce ayant appelé Valdo dans nos contrées (les Alpes vaudoises , qu'il s'y soit pénétré d'une docirine plus pure, pour laquelle il avait déjà des dispositions de c(L'ur ; ce qui se trouverait coufirmé par riiabitude qu'avaient les Vaudois de prendre même leurs venles et leurs acquisitions pour sujets d'entretiens sur la parole de Dieu, et que, de retour dans sa famille, comme il parlait souvent de ces Valdens, on lui ail donné le surnom de Valdus, pour se moquer de lui ; puis, qu'après avoir été témoin de la mort subite de l'un de ses amis, il ait pris la résolution de tout abandonner pour l'Évangile; c'est ce que l'on peut défendre
(i) L'histoire de Pierre Valdo ressemble à s'y méprendre à celle de Martin Luther. Le même événement détermine leur vocation à tous deux : la mort subite, à table, d'un de ses amis pour Valdo, la foudre tuant à ses côtés un de ses amis pour Luther. L'un et l'autre sont pousses vers l'hérésie par les scandales et les débauches du clergé ; mais l'un et l'autre n'arrivent a rompre avec Rome, à la regarder comme la grande prostituée, comme la Bête de l'Apocalypse, qu'après avoir essayé de la réformer, qu'après avoir fait acte de soumission au pape. L'histoire de Valdo au xip siècle est celle de Luther au xvi« siècle : même vocation, mêmes raisons de rupture avec Rome, même soulèvement populaire déterminé par les prêches des deux hérésiarques.
par des probabililés, mais ce dont nous ne possédons pas, il faut lavouer, des preuves positives (I). ^ . '■ 'dui
Pierre de Bruys, le précurseur de Valdo, avait été brûlé à feaint-GdIes quarante ans auparavant : l'apûtre vaudois avaitil aisso des disciples qui comme lui prêchaient en langue vu ga.reP M. de Rochas le croit et pense que c'est à la voix de I un d eux que la conversion de Pierre Valdo a été déterminée. G est peut-être là une simple allégation dénuée de preuve ; ,1 „ était besoin d'aucun exemple pour deviner qu'une doctrme prèchéc en latin, langue incomprise par les masses, serait sans mflucnce sur les foules, surtout sur les humbles et les petits, auxquels cette doctrine s'adressait principalement. Aussi, qu'il ait connu ou non les prêches de Pierre de Bruys, ,1 est certain que Pierre Valdo prêcha en langue vulgaire le retour à la simplicité de la primitive Église ,? U s enthousiasme pour les Saintes Écritures, dont la connaissance était refusée à ceux qui ignoraient le latin, et il consacre une somme considérable à les faire traduire en français par un clerc lyonnais, Pierre d' Ansa (2). »
(1) Orifiin,- des Vaudois. p. a» a Po<-r.a«i«„ a.. j j religieuse des Vaudois MrsroT,.? lr> -«ode de propagande
loi.eue, al instar de nos colporteurs modernes et s'pHpo^.o; /. "'^'*^'' ^^
des ,„œurs noLdes .^, r'eouent ' eh "''"•'"""'' "'" ^""P"-'
ne pouvaient exister a , «,, -T- , "°' montagnards, lesquelles
rieures a l'ierre VaTdo ' ' '""' ""'''"'"''^•'i de beaucoup posté-
un^li^M a:.e:r:e;igil:;^'^';:l ™r l"' î'n'^- - '^""«"•"' «l-Borbonne, «rit a ce propos .Cn ami dl nl^'r ^"'.'f' """ ^'""""''^^ P' -< <•' ^'*) -i'dros, quN é, a^t leune r^ 1 "' (»ominieains), appelé Hernard v
susditvi,d:,,rr;ri:re:siiv;Ts';';^is'rrv;:'d' t^ "" ''"^^"•' "-
pendant .,u„u certain gra™™airi^:".>.îr„: r rs:,Te' J'aT sZ^n;
Celle prédicalion en langue vulgaire et celle prédication d'une docliinc de liberté, d'égalilé, de réforme sociale devait attirer en foule autour de Valdo les classes populaires, les malheureux innombrables qui souiTraient de la noire misère et qui étaient écrasés par reffroyable tyrannie de larchevêque et de ses clercs.
Autre chose devait plus encore attirer les masses autour de rhérésiarque : Pierre Valdo distribua tous ses biens aux indigents et, contrairement au clergé catholique, fit un vœu de pauvreté qu'il sut tenir, infligeant ainsi, aux yeux de tous, une éclalanle leçon à l'archevêque de Lyon qui ne se séparait jamais de ses ornements sacerdotaux chargés de pierreries. (( Ces largesses convièrent infinies personnes autour de lui, écrit Paradin ; et s'y assenibloient tant de tourbes et en tel nombre que c'étoit chose admirable. En ces assemblées, il commença à faire des presches, admonitions à faire pénitence et profession de pauvreté évangélique. » Et un autre ennemi des Yaudois, le moine Ueinerius, écrit de son côté que Pierre Valdo qui était un peu lettré, aliquantam littcratas, s'était fait u mettre en français certains recueils des saintes lettres et enseigna le texte du ^Nouveau Testament. Repris pour^ celle dernière témérité, il méprisa les censures et en vmt à dire à ses disciples que le clergé, qui menoit une vie mauvaise, cnvioil leur sainteté ».
vu moi-même, les lui traduisait et les lui dictait.- Ils écrivirent de même plusieurs livres de la Bible, et des citations des saints Pères, réunies sous différents titres, qu'ils appelaient des sentences. Le susdit citoyen es ayant souvent lus et retenus par cœur, résolut en lui-même deconserver la pureté evangelique, comme les Apôtres la conservèrent. Ayant donc vendu tous ses biens, - il en distribuait l'argent aux pauvres, - il allait par les villages et les chemins prêchant à beaucoup d'hommes et de femmes les évangiles et les choses qu'il avait retenues, les invitant a suivre son exemple, et affermissant en eux l'Évangile. »
Et Charles Jarrin d'ajouter :
« Il se trouva un grand nombre de pauvres gens qui lui adlié raient et le suivaienl. » On .es vit bientôt eourfr ta campagne et les >.l tes avec leurs chaussures qui les faisaient nommer les En^aboles; avec leurs capes semblables à celles des moi"eT mÏ gardaul dessons leurs cheveux longs, allant pèle-mèle hommeTe
« Ils n'observoient aucunes testes ni solennilés et nommoieni les pre^ats^ congrégation de Satan ». dit le vieux Paradin sommaiS
Qnon nous permette de rapporter ici ce que disent de Pierre Valdo deux auteurs protestants du xvu« siècle, Perriu et Léger, dont le second se déclare « bon Vaudois ,. et fut même un pasteur des Alpes, témoin des lugubres perséculions de i6o5. ^
Le premier signe Jean-Paul Perrin, lionnois ; son livre sur les V^udo,s dédié de Nyons en Dauphiné, le le- Janv-ier 16,8, à François de Bonne, lieulenanl général pour le ro.e„Dauph.ne raconte également l'histoire des Vaudois appelés Albu,eo,s (2). Voici ce qu'il raconte de Valdo aux pages 2, 3, /,el5 de son livre :
pe^nVr^Hf;:,?'''"'''^"^. '"=""''''■• "'"''' «■="' soixante que sacramenHW '"""* " '•""=°'"1"« "« <=roiroit que (les paroles
lésus cl ,f '''TT"" "'' '" ""''"'^ '" ""'P' "« "o^'re Seigneur Jtsus-Chnst ne fusl en l'hostie sous les accidenis du nain la
rondeur et la blancheur, voire ce mesme corps ans i gros eîaisst
tZTrUoTkT\r " "•'"" "" ^''"^'- " -'»" -joint a adorer 1 hostie, a laquelle on tapissoit les rues, on se metloit à
(I) La Bresse et le Bugey, t. I, p. 339.
W notoire desVaudois, Genève, pour Mathieu Berjon.
genoux devant elle, on l'appeloit Dieu, on se battoit la poictrine devant elle, on i'enfermoit au ciboire pour l'adorer, comme il se pratique encor aujourd'huy.
Cette doctrine incognue aux Apostres, n'ayant jamais parlé d'un tel mystère, ignorée en la primitive Église, laquelle n'a eu aucun docteur qui luy eust appris ce sacrifice expiatoire pour les vivans et pour les morts, occasionna plusieurs chrestiens d'en avoir horreur, et aimoyent mieux souffrir la mort temporelle résistans à cette idolâtrie, qu'en adhérant à icelle attendre l'enfer. ^ Pierre Valdo, citoyen de Lion, fut des plus courageux pour s opposer a telle invention et taxa plusieurs autres corruptions lesquelles avec le temps s'estoyent glissées dans l'Église romaine,' disant qu elle avoit laissé la foi de Jésus-Christ, qu'elle estoit la paillarde Babylonique, le figuier stérile, lequel le Seigneur avoit jadis maudit.
Qu'il ne faloit point obéir au Pape, d'autant qu'il n'estoit point chef de l'Eglise.
Que la moinerie étoit une charongne puante et les vœus des cautères et marques de la grande Beste.
Que le Purgatoire, Messes, Dédicaces des temples, vénération des maints, et commémorations des morts, n'estoyent qu'inventions des diables et attrapes d'avarice.
•Valdo fut d'autant plus attentivement escouté, qu'il estoit en grande estime pour son érudition et piété, et en outres faisant grandes aumosnes de ses biens aux souffreteux, avec le pain matériel pour nourrir leur corps, il les exhortoit à cercher principalement Jésus-Christ, vrai pain de leurs âmes.
Plusieurs historiens ont escrit qu'il prit résolution de mener une vie irréprochable, approchant le plus qu'il pourroit de celle des Apostres, sur l'occasion d'un funeste accident arrivé inopinément. C'est qu'estant un soir en certaine compagnie de ses amis après soupper, lorsquils se récréoyent ensemble, un des assistants toHiba mort en terre ce qui effraya tous ceux qui estovent présents ; \aldo en fut touché au vif, et par ce traict de la justice divine fut porte a un extraordinaire amendement, vacquant à la lecture des Saintes Ecritures, cerchant en icelles son salut, mit au jour quelques traités des Anciens, et instruisoit continuellement les pauvres qui accouroyent à lui pour participer à ses aumosnes
>.ccs. luxe, arrogance des Papes et de leur clergé, luy
cuisse à une braLhe d^Trhrl . ^ ■'''^^'n'^ura accroché et pendu par une 'jours après il frencore"^ viva„""l'^ '^ """ '"î"' '''"" '"''"'■ °'' '^°i^ l-cnnemi se fut reHré de ces I è?" !• '"".'™'.'- "'^"^ recouru, quoyque
-< Il me souvient aio^.leV"' ''r P''^"P"='' «'ant inaccessible
fen,n,e et 1,°'' d'e^'anlt "son^; ''T ^"sH '^^^i '" ''T '"'"'""' ■"' '" Cinq et sa femme rn.flfrn vî J t ? ^" '' ^''°'* quatrc-vin^t-
Valdo répliqua qu'il ne se pouvoit taire, en chose de si grande imporlance qu'esloit le salul des hommes : et qu'il aimoit mieux obéira Dieu qui lui enjoignoil de parler, qu'aux hommes qui luy commandoyent de se taire.
Sur cesle réplique, Tx^rchevèque se mit en devoir de le faire appréhender, mais il n'en peut venir à bout, d'autant que Valdo étant fort apparenté el chéri de plusieurs, il subsisloil dans Lion à couvert, sous la faveur de ses amis par l'espace de trois ans.
Quant à Léger, son livre, que nous aurons souvent l'occasion de citer au cours de cet ouvrage, a été publié en Hollande dans la dernière i)arlie du xvu« siècle, après les persécutions de iG55, dont l'auteur avait été victime, et avant celles qui suivirent la révocation de l'Édit de Xantes (i).
Aux pages 12 et i3 de son livre. Léger nous dit ce qu'il sait de ce Valdo ou Valdensis de Lyon, qui, selon les uns, « fleurissait l'an 11 78, ou, selon le plus grand nombre, Tan 1180, quoiqu'au dire de peu d'autres, il ait commencé dès l'an 1 160 ».
Léger, en bon pasteur vaudois qu'il était, chante les louanges de celui qui, à ses yeux, est le vrai fondateur de la secte, de celui qui, dans tous les cas, donna force, grandeur et prospérité à l'iicrésie des Alpes, à l'antique Église des hautes vallées.
Il faut avouer, écrit-il, à la gloire de celuy qui s'appelle le Père de la Moisson, comme le Père des Lumières, que de tous les pasteurs qu'ont jamais eu les Vaudois, depuis Claude, archevêque de Turin et des Vallées, qui le premier commença à les détacher de la communion de Rome, sur la fin du vnr siècle, il ne s'en est point trouvé de si remarquable que ce Valdo : 1° en sa vocation ; a» en
(i) Histoire générale des Églises évangéliques des vallées de Piémont ou vaadoises, Leyde, chez Jean le Carpentier, 1669.
sa doctrine ; 3° en ses mœurs ; 4» ni dano lo» m«. -i,
des fruits de son ministère. merveilleux succès
Car I. pour sa vocation, les historiens remarquent que se div^r
Si:" rr? TT' '''^ "^^ "«""- '•e -:,: -s ' n
vray conciloïen des saints, fidèle «lomeslique de Dk^Tlr imitateur de la vie des Saints Apôtres ' ^
enL?ir;e~::inî""'*V' " '"" '"'' '' ^'""•""- '""' r»ffi,.„ . , écritures, en fit traduire, ou, comme
affirment quelques-uns, qui nous assurent qu'il était docle è^ langues en traduisit luy-mome plusieurs des p'rinci, lu Îv e. v joignant quanlité de lémoi-na.'es «Ip, |.i,.„. . • ' ^
facilité dans cp S„ini ,.,'"'"""''<'« ."'•s I«res : puissamment ai.Ié et aciiMc dans ce Sainl-Ubuvre par les écrils des Albigeois de l'ro
Lyon même """'• "' P^i'H^^^uliéremenl dans
bien souvent plus reiunlip,,i'„n changées en temples,
de la ville Et |.^n ni '' '^"""^ '''"^ '""«^"«cs '.lises
rnrnn../ '""^^^^''foe l Eglise, que la moinerie papale nétoii ./ ' , les Messes, I /mocatm, >les Sahls, les prières pour les
morts n'estaient r/n' inventions des diables forgées par Vavaricc des ecclésiastiques ( ( ) .
III. Ses mœurs étaient si revenantes à une doctrine si sainte que presque tous les aversaires luy rendent le témoignage d'une charité et piété tout à fait sans exemple, dans des siècles si corrompus, ayant exposé tous ses biens (quoiqu'il fiit fort riche) pour le soulagement des pauvres, et secours des affligez ; bref, il menoit une vie tout à fait irréprochable : confession des aversaires que l'historien Boxhornius ne peut assez admirer en son Histoire universelle sur l'an 1150, disant que quoyque ce Valdo eut osé publiquement condamner et reprendre les vices de l'ordre ecclésiastique, qui corrompait autant la vérité de la doctrine, qu'il étoit aliéné de la sainteté de la vie, si est-ce que ses aversaires rendaient bon témoignage à la sainteté de sa rie et à sa vertu.
IV. C'est pourquoi Dieu bénit tellement son ministère, que ni la rage du clergé de Lyon, ni la puissance de Jean de Belle Maisons, archevêque et gouverneur de la ville, n'enpurent jamais empêcher le progrès : que si enfin les foudres du Vatican l'obligèrent à changer de place, non seulement cette sainte semence ne put jamais èlrc tellement étouffée dans celte grande ville, qu'elle n'y ait toujours germé et glorieusement fructifié, si bien qu'encore aujourd'hui, une belle et fleurissanle Eglise s'en assamble à Quevillé (2), lieu accordé par les édits, pour Texercice de la religion réformée aux habilants de Lvon.
Mais la toute sage et miséricordieuse Providence s'est voulu servir du déchasscmeni de ce Valdo de Lyon, et de la plupart de ses disciples, qui souffrirent avec jage la perte de leurs biens et le bannissement de leur patrie, pour suivre l'Agneau partout ait il va,
(i) Nous douions un peu de rexaclitude de la doctrine de Valdo telle que l'expose Léger. En ce qui touche les comparaisons apocalyptiques, cela doit être exact, puisque nous avons vu plus haut que le dominicain Reinerius prête le même langaare à Valdo et que de pareils termes devaient être familiers à un homme vivant de la lecture des saintes écritures : de même pour les moines, qui étaient détestés dès le xii* siècle. Mais le reste sent trop son xv siècle, les errements de la papauté à cette époque, les indulgences, les protestations de Luther, pour appartenir en propre à Valdo.
(a) Lyonnais, nous avouons ig^norer absolument quel est le lieu de la cité lyonnaise que Léger veut désigner ainsi.
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