ÉTÉ FT AUTOMNE DE LA PREMIÈRE ANNÉE
L’Ecossais.—Je continue mon récit par le détail des divers travaux que j’exécutai avant l’arrivée du deuxième hiver: j'appelle sur eux toute votre attention.
Mes bêtes à cornes pacagèrent;pendant tonte la belle saison, sur la partie de mon pâturage où l’herbe me parut être le plus abondant, tandis que mes moutons vécurent sur l’autre.
Mes six vaches me donnèrent assez de beurre pour les besoins du ménage,et pour que ma ferme fût bien représentée au marché par cet urticle de première nécessité.Le lait écrèmé me servit à nourrir mesdeux veaux et mapetite portée de cochons, du moins ju-qu'à ce que ceux-ci furent assez forts pour manger du trèfle haché, trempé de lait et saupoudré de son.
Quand vint le mois de juillet, le parc où se trouvaient mes vaches était complètement rasé. et ne pouvait plus suffire à leur nourriture. Les foins n’étaie: t pas encure bons à être coupés ; en sorte que je ne pouvais compter sur les reguins avant 5 ou 6 semaines.
J'aurais pu, pendant quelques jours du moins, nourrir
mes bêtes avec de l’herbe des prairies, mais je me gar-.
dai bien d’y toucher, car c’est à peine si j’avais assez'de foin pour ma provision d’hiver. Mes vaches auraient donc été contraintes de jeûner,si je n’avais eu la précaution d’ensemencer mon verger en pois et seigle, etc. Ce jeûne forcé m’aurait fait perdre beaucoup de lait, et par suite beaucoup d'argent, et mes bêtes se seraient ressenties de ce mauvais traitement pendant tout le reste de la lactation. Mais, grâce à ma prévoyance, je veus pas à souffrir ce dommage.
Du moment où mes vaches ne trouvèrent plus sur le pâturage une nourriture suffisante, je leur donnai, soir et matin, une forte ration de pois et de seigle ; et comme J'avais eu soin de semer cet excellent fourrage, à des intervalles différents, j’eus de quoi les nourrir jusqu’au moment où la repousse des herbes des prairies fauchées pût continuer leuraffouragement. Avec mon mélange de sarrasin et de maïs ou blé-d’inde je pu continuer à leur donner, chaque jour, une ration d’excellente verdure.
Aussitôt que mes prairies furent fauchées, j’y parquai mes bêtes à cornes, et j’agrandis le pâturage de mes moutons, en leur permettant de tondre la pacage qui avait été occupé par les vaches, et ils s’en trouvèrent très bien. Vous savez, sans doute, cu vieux proverbe : où une vache ne vit pas, cinq moutons deviennent gras.
Le CanADIEN..—Comment, après la coupe de vos foins vous avez mis vos vaches en pâture dans la prairie ?
L’Ecossais.—Oui, certainement.
Le CanaDtEn.—Mais vous ne m’avez pas dit que les champs, sur lesquels se trouvaient vos patates, vos betteraves, vos fèves,etc., avaient été séparés de vos prairies par une clôture, et comme ces récoltes n’étaient pas encore enlevées au moment où vous avez mis vos vaches à pâturer les prairies, nécessairement elles ont dû être ravagées, mangées entièrement sur place. +
L’Ecossais.—Tont était prévu ;mon garçon veillait à ce que rien ne fût touché, et passait la journée entière à
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