‹ Les veillées canadiennes [microforme]Chapitre 24 sur 62 · AMENDEMENTS MINÉRAUX · texte numérisé non relu

AMENDEMENTS MINÉRAUX

Je vous parlerai des amendements minéraux, seulement pour vous recommander de r’entreprendre cette amélioration que lorsque vous serez assez riche pour pouvoir en supporter les dépenses, sans compromettre votre fortune.

Le CanaDten.—Dites-moi, au moins, ce que c’sst qu’un amendement minéral,

L’Ecossais.—Lorsqu’une terre est trop légère, c’està-dire trop sableuse, pour la rendre propre à la végétation, il est utile de la mélanger avec une certaine proportion de glaise ; de même, lorsqu'une terre est trop argileuse pour pouvoir permettre l’infiltration des eaux et le développement des racines des plantes, il est utile de la diviser par une forte dose de sable ; mais ces amendements ne s’exécutent que très rarement, même en Europe ; et encore, lorsqu'on les entreprend, ce n’est jamais que sur une très petite étendue de terrain, à cause des frais énormes qu’ils entraînent, Mais ilest un autre amendement dont les effets sont prodigieux, et dont les dépenses sont toujours couvertes, lorsqu’on les fait avec intelligence : je veux parler du chaulage des terres, Je n’entrerai pas avec vous dans l’analyse des subtances qui composent les meilleurs sols, et qui produisent la plus belle végétation; je vous dirai seulement que, lorsque dans une terre franche, ou même glaisense, il se trouve naturellement une assez forte proportion de chaux, on a tout lieu d’espérer de ces terres, de riches récoltes, Eh bien, c’est lorsque ces terres franches ou glaiseuses manquent de chaux qu’il est utile de leur en donner.

Le CaANaDIEN.—Mais comment peut-on connaîtie qu’une terre manque de chaux ?

L’Ecossais.=—Il est un moyen très facile de reconnaître la présence de l’élément calcaire dans le sol; pour cela, prenezun verre, emplissez-le à moitié de vinaigre, et dans ce vinaigre, jettez de votre terre, environ gros comme un œuf ; si vous apercevez une ébuliition et des globules se former au-dessus du vinaigre, vous pouvez conclure qu'il y a de la chaux dans votre sol, mais si vous ne remarquez pas d’ébullition, vous n’avez que de la glaise et du sable, et alors le chaulage devient utile.

11 ya deux espèces de chaulage, le chaulage à forte dose, et le chaulage à petite dose. Les chaulages à forte dose ne s’emploient que pour les terres argileuses très compactes. Ils consistent à applique: quarante ou pe barriques de chaux, par arpent. Cette chaux est d’abord déposée en petits tas, d’un minot environ, à

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des distances égales ; ces petits tas sont ensuite recotiverts de terre, pour que la pluie ne pénètre pas jusqu’à la chaux, qui doit fuser et non pas se fondre. Au bout de quelques jours, l’action de la chaux fait fendre la terre ; il faut alors jeter une nouvelle couche sur les tas, pour boucher ces fentes. Quinze jours après, des hommes, munis de pelles, mélangent la terre et la chaux de chaque tas, et les répandent uniformément sur la surface du champ ; après-quoi, on enterre immédiatement le compost par un labour.

Ces travaux ne doivent s’exécuter que par un temps sec, et l’on doit, surtout pour étendre les tas, choisir une journée où il n°y ait pas de vent assez fort pour entraîner une partie considérable de la poussière de chaux.

Un chaulage ainsi fait, peut produire de bons effets pendant 25 ans.

Le chaulage n’est pas une fumure, et demande au contraire beaucoup d'engrais; la chaux ne fait que réchauffer l’argile, la diviser, et surtout activer la végétation ; or, si celte végétation n’est pas soutenue par une forte dose d’engrais, elle sera belle, il est vrai, dans le piemier âge des plantes, mais quand la floraison arrivera,on n’aura plus que des plantes étiolées et sans vigueur.

Le ehaulage à petite dose est celui qui convient le mieux au cultivateur de ce pays. Voici comment je le pratique chez moi: Pour les terres glaiseuses, j’emploie trois barriques de chaux par arpent, et pour les terres franches deux barriquesseulement. J’étends la quantité de chaux qui doit entrer dans un champ, sur l’un des bords de ce champ, de manière à former une couche représentant assez une poutre étendue, ayant le soin de donner à cette couche environ un pied et demi de hauteur ; après quoi, je la recouvre de trois à quatre pieds de fumier d'étable jce fumier est lui-même recouvert ensuite par un pied de terre. Je laisse le tas s’échauffer pendant un mois ; puis deux nommes, se plaçant un à chaque bout de cette meule, mélangent la terre, le fumier et la chaux, en se servant d’une pioche avec laquelle ils coupent la meule, et d’une pelle qui leur sert à former, derrière chacun d’eux, une nc'ivelle

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ineule composée des trois substances mélangées. Cet ouvrage achevé, on étend le compost sur le champ, comme on a l’habitude de le faire pour le fumier ordinaire.

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